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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Jeune public, #Extrême orient, #Afrique, #Proche orient, #Europe
Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Le titre est en lui-même une interrogation Asa Nisi Masa. Ne soyez pas étonné qu’il sonne comme abracadabra, il appartient au même registre : c’est la formule magique que le héros du film Huit et demi de Federico Fellini emploie pour replonger dans son enfance. Il sonne également comme le Sirta la galba oriental qui, lui-même, a donné son titre à un très beau film kurde de Shahram Allidi et qui traduit littéralement par « le vent m’a dit » serait remplacé chez nous par « Il était une fois ».

Invitation au voyage et à la curiosité sont donc visiblement au programme. En arrivant sur le plateau, nous sommes d’ailleurs observés par une nichées de chouettes, hiboux et autres effraies qui tournent la tête et nous scrutent. Cet accueil est hélas vite douché par l’arrivée de deux danseurs de la compagnie qui proposent au public de mimer quelques signes du spectacle signifiant Asa Nisi Masa. Et tout le monde, sauf moi, peu participatif, de singer les signes des danseurs une fois assis, une fois debout, une fois les bras levés, une fois les filles, une fois les garçons.

José Montalvo nous refait le coup de la fable Le Corbeau et le Renard (commande à une douzaine de chorégraphes il y a une dizaine d’années) où il a joué de la sacrosainte interactivité avec le public avant de nous présenter sa vision « chorégraphique » de la fable. Évidemment, la sacrosainte interactivité proposé ne sera d’aucun secours dans le spectacle Asa Nisi Masa et n’aura servi qu’à exciter les gosses. Encore un qui doit croire que l’intergénérationnel, autre terme de la novlangue artistique, consiste à mettre un vieux entre deux jeunes.

Le spectacle en lui-même est un tour d’horizon de l’esthétique et de l’univers de José Montalvo : faire se répondre les styles chorégraphiques : classique, contemporain, ethnique et hip-hop et danser avec les images. Sauf que si on répond toujours autant par style interposé, on danse moins et moins bien avec les images. Si les danseurs sont excellents, chacun et chacune dans son genre notamment la danseuse de Hip-hop reine de la contorsion chorégraphique et le danseur de flamenco, Roi des claquettes, le propos finit par s’étioler. A force de vouloir accumuler et enchainer les vingt contes, le spectateur finit par se perdre le fil dans ce dédale.

L’histoire indienne des sept aveugles et de l’éléphant vient fort à propos remettre un peu de sens à cet ensemble. Le conte indien raconte la rencontre de sept aveugles à qui on fait toucher chacun une partie d’un éléphant :

« Un éléphant, c’est une liane » dit celui qui lui tient la queue,

- Non ! Un éléphant c’est un tronc d’arbre, » dit celui qui lui tient la patte,

- Mais non ! Un éléphant c’est une grande feuille dit celui qui lui a tenu l’oreille.

Chacun a à la fois raison et tort, ne pouvant voir l’éléphant dans sa pachydermique réalité.

Appliqué à la danse, il symbolise toutes les danses qui ont fait La Danse. Chacun des danseurs est l’aveugle qui apporte sa part de danse mais qui, contrairement aux aveugles du conte, entre en résonance avec ses partenaires pour former un nouveau langage chorégraphique.

Ce conte unique, travaillé, creusé, chorégraphié aurait sans doute suffi et eu l’avantage de la réflexion plutôt que cette débauche de contes empilés. José Montalvo, à vouloir trop en faire, finit par perdre le public qui n’y trouve plus son conte.

Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comAsa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comAsa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Europe, #Cinéma, #Epoque contemporaine, #Amour, #Enfance, #guerre, #Religion, #Racines
Ida - Pawel Pawlikowski
Ida - Pawel Pawlikowski

Ce pourrait être le titre d’un conte : la Juive, la nonne et le saxophoniste et ce n’aurait rien d’extraordinaire sauf à préciser que les deux premières n’en font qu’une et que le saxophoniste est plutôt séduisant. En fait la nonne n’a pas encore prononcé ses vœux ce qui lui laisse quelques marges de manœuvre vis-à-vis du saxophoniste qui en pince pour elle. Ira ? N’ira pas ? Je ne vous le révélerai pas.

Il se trouve qu’Ida, élevée depuis son enfance dans un couvent polonais, rencontre enfin sa tante, sa seule famille. Outre que la tante fume, boive et croque les hommes, elle a été un redoutable procureur dans la Pologne communiste des purges staliniennes. Elle révèle le secret de son origine à Ida et ensemble, elles se lancent dans un road-movie polonais communiste d’après-guerre.

Filmé en noir et blanc, écrasant ses acteurs dans la partie inférieure de l’écran Ida surprend. Le film de Pawel Pawlikowski est appliqué, il l’aurait été trop s’il manquait de fond, de souffle, s’il s’était révélé uniquement formel. Mais la dynamique interne du film et le jeu des trois protagonistes : Agata Kulesza en procureur, Agata Trzebuchowska en nonne et Dawid Ogrodnik en saxophoniste en font l’une des révélations les plus attachante de l’année.

Ida - film de Pawel Pawlikowski - Agata Kulesza (Wanda), Agata Trzebuchowska (Ida) et Dawid Ogrodnik (le saxophoniste)Ida - film de Pawel Pawlikowski - Agata Kulesza (Wanda), Agata Trzebuchowska (Ida) et Dawid Ogrodnik (le saxophoniste)Ida - film de Pawel Pawlikowski - Agata Kulesza (Wanda), Agata Trzebuchowska (Ida) et Dawid Ogrodnik (le saxophoniste)

Ida - film de Pawel Pawlikowski - Agata Kulesza (Wanda), Agata Trzebuchowska (Ida) et Dawid Ogrodnik (le saxophoniste)

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Amour, #Violence, #Proche orient, #Epoque contemporaine, #Bad boys, #Vieillesse
Winter sleep - Nuri Bilge Ceylan
Winter sleep - Nuri Bilge Ceylan

Encore une fois le festival Télérama me sauve la mise en me permettant de voir les films que j’ai laissé filer pendant l’année. Parmi ceux-ci, Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan, palme d’or lors du dernier festival de Cannes et encensé par la critique.

D’entrée, l’affiche m’a cependant laissé sceptique. Une affiche qui barre son visuel par une litanie de « un pur chef d’œuvre », « un choc », « un enchantement », « une splendeur », « un éblouissement » sont plutôt de nature à me mettre en garde mais, laissant de côté mon côté méfiant, c’est fort détendu que j’ai abordé le film m’attendant à être pris dans un tourbillon magique.

Formellement, le film a de nombreux atouts, la photographie est léchée, les paysages anatoliens incitent les amoureux des escapades au voyage, les longues séances permettent d’installer la psychologie des personnages qui se révèle petit à petit.

Mais ce qui me gène le plus dans Winter sleep, c’est son côté « attrape tout » : il fait un clin d’œil aux longues sagas version David Lean, il place ses personnages dans des grands espaces à la manière de Michelangelo Antonioni dans Zabriskie point, il analyse les rapports sociaux à la façon Bergman (Mais pourquoi sont-ils si bavards ?), etc. Quand les emprunts relèvent du parti pris esthétique comme dans Holly Motors de Leos Carax, l’œuvre en devient puissante, elle joue avec le spectateur. Mais quand les emprunts se font « à la manière de », cela donne un résultat plutôt formel auquel il manque une chose essentielle : la patte du réalisateur.

[Festival Télérama - Cinéma Rialto – Nice] Nuri Bilge Ceylan et  Winter sleep… m’endorment[Festival Télérama - Cinéma Rialto – Nice] Nuri Bilge Ceylan et  Winter sleep… m’endorment

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Opéra, #Musique, #Epoque moderne, #Europe, #Bad boys, #Amour, #Violence
Peter Grimes © Opéra de Nice
Peter Grimes © Opéra de Nice

Le Peter Grimes de Benjamin Britten, mis en scène par Yoshi Oida avec à la direction d'orchestre Kazushi Ono vu dans le cadre du Festival Britten à l'opéra de Lyon en avril 2014, fonctionnait comme un gigantesque flash-back, manière de mettre l'accent sur les deux parties chorales qui se répondent en début et en fin d'opéra. Dans cette production, Peter Grimes debout, dos aux spectateurs sur sa barque, tire sa révérence à Ellen Orford, l’institutrice et Balstrode en ouverture et en clôture, terminant ainsi la boucle de sa vie de paria.

Tellement enthousiasmé par cette proposition, il me semblait dès lors difficile de trouver une mise en scène qui trouve grâce à mes yeux dans un proche avenir ... jusqu'à ce week-end où Marc Adam, nouveau directeur de l'opéra de Nice a, pour sa première mise en scène dans sa nouvelle maison, littéralement cassé la baraque. Cela était, du reste, du meilleur aloi de casser la baraque avec une œuvre dont la tempête est l’élément moteur.

Sur une scénographie unique pivotante abritant, selon sa direction, la taverne, les lieux publics du village ou la falaise et la masure de Peter Grimes, Marc Adam projette via un fond de tulle d’avant-scène des images de tempête et de naufrages qui permettent de sauter d'une scène à l'autre. Ces images symbolisent également les images cauchemardesques de naufrages qui hantent Peter Grimes.

Du point de vue de la direction d'acteurs, Marc Adam ne laisse aucune place aux temps morts en utilisant habilement chanteurs et chœurs toujours en mouvement qu'ils déambulent, boivent le coup à la taverne, dansent avec les chaises ou miment le roulis et le tangage en début d’œuvre pour se rapprocher dangereusement de Peter Grimes. Avec une direction aussi précise, les tunnels et les artistes plantés en rang d'oignons disparaissent et l’œuvre prend la dimension visuelle qu'elle devrait toujours avoir aussi.

Par rapport à l'expérience lyonnaise, les voix de femmes sont assurées et Fabienne Jost dans le rôle d’Ellen Orford, l’institutrice s'impose en unique défenseur du paria sans rien ôter du talent de la mezzo-soprano Manuela Bress parfaite en Tantine, tenancière, d’Hélène Le Corre ou Anne Ellersiek en duo de nièces jumelles ou de Sophie Fournier qui fait une vieille Mrs Sedley très convaincante.

Du côté masculin, Frédéric Diquero, décidément habitué aux hommes d'Église s'en sort bien, Bernard Imbert (Ned Keene) et Thomas Dear (Hobson) sont convaincants et André Cognet, que je ne connaissais que dans des soirées musicales occupationnelles à l'esthétique douteuse, démontre, dans son personnage de Swallow, qu'il est bien plus intéressant dans ce qui fait l'essence de son métier : un rôle même secondaire dans une grande production. Quant à Peter Grimes lui-même, John Graham Hall... une perle ! Il est habité par le rôle. Tour à tour odieux, pathétique, colérique, amoureux, son visage se module sur scène et sa voix bien timbrée nous enveloppe de toute son ambiguë personnalité.

Marc Adam a parfaitement réussi artistiquement son implantation ; il ne reste plus qu’à la municipalité à reconnaître son talent, à le laisser travailler dans sa maison, sans interférence ni confusion des genres afin qu’il relance l’opéra de Nice qui méritera alors sans doute grâce à lui des articles de la presse nationale plus élogieux que les derniers (notamment celui du Figaro) sur la gestion hasardeuse de l’opéra de Nice.

Peter Grimes - Benjamin Britten - Four Sea Interludes

Peter Grimes - Opéra de Nice - Chorégraphie de chaises

Opéra de Nice © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/Opéra de Nice © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/Opéra de Nice © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/

Opéra de Nice © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/

Opéra de Nice - Peter Grimes de Marc Adam - John Graham Hall - Fabienne Jost © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/Opéra de Nice - Peter Grimes de Marc Adam - John Graham Hall - Fabienne Jost © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/Opéra de Nice - Peter Grimes de Marc Adam - John Graham Hall - Fabienne Jost © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/

Opéra de Nice - Peter Grimes de Marc Adam - John Graham Hall - Fabienne Jost © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
Shakespeare's Sister - Irina Brook - TNN
Shakespeare's Sister - Irina Brook - TNN

La pièce adaptée par Irina Brook, directrice du lieu, s’ouvre et se ferme par la chanson en off de Marie Laforêt Toi, mon Amour, mon ami que François Ozon avait déjà utilisée dans Huit Femmes. Comme la pièce est une adaptation de deux textes l’un de Marguerite Duras La Vie matérielle, l’autre de Virginia Woolf Une chambre à soi, le mélange parait a priori étonnant.

Comme la chanson off est mimée, guitare comprise, par les cinq comédiennes sur scène, je crains le pire d’autant que la plaquette du théâtre débutait la présentation de la pièce par « Dans une cuisine intemporelle… ». Or la cuisine est parfaitement datée fin des années 60, début des années 70 soit après l’arrivée de l’eau courante et avant l’invasion Tupperware et parfaitement localisable : Europe occidentale. Non décidément quelque chose ne colle pas.

Les cinq comédiennes, affairées dès l’entrée en scène, par la constitution d’une soupe portent bien le texte mais semblent prises en étau entre un parti pris qui se cherche : ou alors la mise en scène est réaliste et dans ce cas, mesdames, il va falloir quelques heures de répétition pour manier correctement hachoir mécanique et aiguilles à tricoter ou alors elle est réellement intemporelle et il faut se départir de la cuisine datée, de la trop grande ressemblance d’une comédienne à Marguerite Duras et des chansons qui marquent l’époque.

Inscrire les propos féministes à vocation universelle de Duras et de La Vie matérielle et d’Une chambre à soi dans un lieu aussi emblématique que la cuisine, lieu historique du défoulement féminin, lieu longtemps déserté par les hommes, lieu encore dans certaines sociétés de la libre parole était le postulat idéal rapidement bridé par le focus sur une cuisine occidentale du pré ou du post 68 qui finit par transformer le texte en papotage anecdotique.

Il n’en reste pas moins que le dynamisme des comédiennes, leur sens ravageur de l’humour la qualité du chant quand il est sur le vif, sauvent la pièce d’un naufrage ; c’est drôle, souvent drôle, prévisible comme l’ébauche du striptease sur Déshabillez moi ! de Juliette Gréco mais irrésistible malgré tout.

Et le partage final de la soupe savamment préparée est un régal, qu’elle manque de sel ne me gène pas… la pièce si !

Shakespeare's sister - Irina Brook - TNNShakespeare's sister - Irina Brook - TNN

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie, #Europe, #Epoque contemporaine
Looking for Emanuele Timothy Costa
Looking for Emanuele Timothy Costa

Pérégriner dans une ville en dehors des sentiers battus et des endroits convenus est non seulement le seul moyen de rencontrer les vrais gens mais également de faire d’heureuses rencontres. C’est donc en revenant d’une visite sur le port de Gènes et en empruntant la première des rues qui s’ouvrait à moi que je suis tombé sur l’exposition Thousand People d’Emanuele Timothy Costa.

C’est un peu l’expédition des Mille1 de Garibaldi mais en restant sur place. Si ce ne sont pas les Mille qui partent en Sicile depuis Gènes, ce seront donc les Siciliens qui pourront le cas échéant tomber dans les filets photographiques de l’artiste car vous l’avez compris, point de guerre, point de bagarre, point de combats, les mille protagonistes ne sont pas des guerriers mais mille personnes qui ont croisé au même point central du centre historique de Gènes à l’heure H et le jour J l’objectif de l’artiste.

Il sont cadres, jeunes, chômeurs, socialistes, hétérosexuels, femmes, athées, policiers, libéraux, médecins, négligés, chrétiens, glabres, beaux, bouddhistes, ouvriers, musulmans, démocrates-chrétiens, italiens, clochards, communistes, vieux, étrangers, barbus, homosexuels, fonctionnaires, juifs, hommes, moches, moustachus, anarchistes, apprêtés… qu’importe ! En passant près de l’objectif, ils sont devenus cette humanité d’un instant, métonymie de celle de tous les jours dans son entière diversité. La seule ressemblance avec les Mille de Garibaldi devenant du coup l’unité, celle du pays jadis, celle de l’Humanité aujourd’hui.

Et en ces temps troublés, la moindre humanité trouve un écho retentissant.

Il me manquait cependant quelqu’un dans cette immense galerie… Emanuele Timothy Costa lui-même et mon côté joueur a immédiatement repris le dessus. J’ai fouillé, en vain, pour trouver à quoi pouvait ressembler l’artiste et j’ai fini, dans cette exposition, par jeter mon dévolu sur une personne que j’ai baptisé Emanuele Timothy Costa pour compléter ma galerie personnelle.

Je ne saurai sans doute jamais si j’ai vu juste mais je continuerai à chercher !

1 Expédition menée, en 1860, pendant l’unification italienne par Garibaldi et ses compagnons, au nombre d'un millier, contre le royaume des Deux-Siciles, dont elle provoqua l'effondrement

Gènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Gènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Epoque contemporaine, #Bad boys, #Politique, #Violence, #Amour, #Europe
Tosca - teatro San Felice - Genova
Tosca - teatro San Felice - Genova

S’il est deux opéras dont la fin (j’allais dire la chute !) est révélatrice de la mise en scène d’ensemble, Tosca est l’un d’eux, Dialogue des Carmélites est l’autre.

Dans le second, chacun attend dans le grandiose Salve Regina final, la manière dont les protagonistes meurent sans qu’il soit besoin de convoquer sur scène, l’échafaud, la guillotine, le panier et la sauce tomate pour faire plus « réaliste ». Dans Tosca, le problème est légèrement différent et pourrait se résumer à « Se jettera-t-elle ou ne se jettera-t-elle pas ? »

L’autre problème de Tosca est la multiplicité des lieux de l’action heureusement contournée par le metteur en scène et scénographe Davide Livermore qui, à l’aide d’un ingénieux plan incliné tournant, nous fait passer d’une pièce à l’autre, d’une scène à l’autre en rendant visible la ronde infernale, la danse macabre qui se joue. Si Davide Livermore déborde d’imagination, il ne parvient pas toujours à maîtriser l’ensemble, amenant parfois sa production à la surcharge comme les vidéos projetées en fond de scène, souvent peu pertinentes ou le mime de l’ange, sorti tout droit d’une rue piétonne d’une zone touristique et dont l’intérêt ne saute pas aux yeux. Tout ceci alourdit le propos plus qu’il ne l’illustre ou l’explique et finit par casser la dynamique d’ensemble.

Le problème de la maîtrise pourrait s’appliquer, infiniment plus légèrement, à la soprano Susanna Branchini. Excellente de bout en bout, avec une énergie qui ne connaît aucun répit, elle est la Tosca, jalouse, énergique, combattive dont un metteur en scène ne peut que rêver. Elle occupe la scène, emplit la salle de sa voix puissante et timbrée. Dans ce rôle, elle est idéale mais sait-elle maîtriser sa puissance ? Excellente occasion d’aller l’entendre à nouveau dans un autre rôle.

Face à elle le baryton Elia Fabbian assure. Si rien ne peut lui être reproché vocalement, il a un défaut majeur dans l’équilibre du plateau, il n’est pas effrayant, il n’impressionne pas et face à une telle Tosca… Rubens Pelizzari a l’élégance du personnage de Mario Cavaradossi et complète en revanche parfaitement par sa maîtrise le caractère volcanique de Tosca

L’ensemble de la production est magistralement conduite par le chef d’orchestre Stefano Ranzani mais la question demeure entière : « S’est-elle jeté ou non ? » … vous ne voudriez tout de même pas que je vous raconte la fin !

Opéra Carlo Felice - Gènes - Teatro Carlo Felice Genova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra Carlo Felice - Gènes - Teatro Carlo Felice Genova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra Carlo Felice - Gènes - Teatro Carlo Felice Genova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Amérique latine, #Epoque contemporaine, #Amour, #Politique
Exposition Frida Kahlo et Diego Rivera
Exposition Frida Kahlo et Diego Rivera

A un ami que je croyais remplir d’allégresse, j’ai raconté ma visite à l’exposition éponyme Frida Kahlo et Diego Rivera à Gènes et je me suis entendu répondre sobrement : « Ils sont plus finalement plus connus en Occident qu’au Mexique ». Première douche froide de l’année et nouvelle variation sur l’air connu de « Nul n’est Prophète en son pays ».

Pour leur grande exposition 2014, deux grandes villes italiennes, Rome et Gênes, ont rendu un hommage aux deux artistes mexicains. Si Rome s’est tournée vers une exposition monographique en remettant Frida Kahlo dans le contexte et les œuvres de son époque, Gènes a délibérément choisi le couple Frida Kahlo et Diego Rivera.

Mais ne nous y trompons pas ! Si l’exposition de Gènes souligne le rôle fondamental de Diego Rivera dans le travail de Frida Kahlo, toute la communication de l’exposition tourne autour de la seule Frida ; l’élève aurait-elle définitivement dépassée le maître ?

C’est en feuilletant un journal aujourd’hui disparu que j’ai découvert par hasard le travail de Frida Kahlo et appris que Madona lui vouait une telle vénération qu’elle s’était constitué une collection personnelle importante. Quitte à avoir des caprices, autant qu’ils prennent cette forme ! J’avais donc approfondi mon étude en lisant le Diego et Frida de Jean-Marie G. Le Clézio puis en visionnant le film de Salma Hayek Frida, rôle que la même Madona, ai-je appris, aurait rêvé tenir.

Si les œuvres les plus connues, celles qui témoignent des souffrances physiques et psychologiques que l’artiste a subies dans le terrible accident de bus qu’elle a subi à 17 ans, sont sous-représentées, celles présentées à Gènes reflètent l’histoire, la société et les transformations socioculturelles de son époque…

Et je m’aperçois que je commets la même erreur que la communication de l’exposition : j’oublie Diego Rivera ! Les œuvres des deux artistes donc, nous offrent à voir une tranche d’histoire de l’art, d’histoire sociale et d’histoire diplomatique entre le Mexique et les États-Unis.

L’exposition se clôt avec une sélection de portraits photographiques de l’artiste, dont ceux réalisés par Nickolas Muray au cours des années Quarante ou plutôt, elle se clôt pour ceux qui, non atteint par l’agoraphobie, auront réussi à se faufiler parmi la foule dans les petites salles du Palais ducal sans doute peu adaptées à ces grandes expositions, ces grands mouvements de foule ou à la station contemplative des petits formats.

Gènes : Palais ducal - Exposition Frida Kahlo et Diego Rivera ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGènes : Palais ducal - Exposition Frida Kahlo et Diego Rivera ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Gènes : Palais ducal - Exposition Frida Kahlo et Diego Rivera ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Epoque contemporaine, #Epoque moderne, #Antiquité, #Moyen âge, #Bad boys, #Violence, #Amour
Maguy Marin : BIT
Maguy Marin : BIT

Autour de six plans inclinés, sur six planches en escalade, six danseurs trois hommes trois femmes reprennent et mêlent les danses les plus populaires : sévillane, sirtaki, ronde, des plus joyeuses aux plus macabres.

Clin d’œil à l’histoire, Maguy Marin instille plusieurs références à des mythes ou des périodes historiques : les trois Parques font leur apparition pour tricoter et détricoter des vies, les farandoles qui démarrent comme un carnaval des fous deviennent macabres et nous rappellent les fresques du XVème, illusoire conjuration de la Grande Peste Noire avant de se muer en farandole à la Matisse, les moines semblent tout droit sortie d’un monastère et les corps sans vie roulant lentement sur le plan incliné m’évoquent les génocides de l’ère industrielle.

La musique contemporaine électronique rythmée de Chantal Aubry est le fil rouge paradoxalement intemporel de la pièce : elle commence longtemps avant l’apparition de la première farandole, du premier danseur et accompagnera tous les mouvements y compris quand les danseurs en cercle s’appliqueront de manière récurrente à un exercice de percussions rythmique pour changer de tableau ou d’époque.

Les joyeuses farandoles, lumineuses, colorées, présentent différents groupes sociaux à différentes époques : on se suit, on se séduit, on chante, on boit, on rit, on s’aime, on se sépare, on court jusqu’à perdre haleine, jusqu’à se perdre sur le chemin casse-gueule des plans inclinés, sur le chemin casse-gueule de la vie. Puis soudain, dans une pénombre angoissante, l’animalité surgit traduite par la reptation des corps, l’uniformisation des costumes ou la déresponsabilisation de l’individu par l’acte collectif malveillant comme la scène du viol…ou de l’acharnement sur un cadavre. Le rythme est binaire et l’humanité est duelle.

Les danseuses Daphné Koutsafti, Mayalen Otondo et Laura Frigato et les danseurs Ulisses Alvarez, Ennio Sammarco et Kaïs Chouibi alternent avec un même bonheur séductions et fureurs rythmiques jusqu’au mouvement final, où, l’un après l’autre, ils gravissent les planches en équilibre avant de se jeter dans le vide, le dernier nous plongeant dans le noir pour mieux nous assimiler à son mortel saut dans le néant.

Quelle claque !

Maguy Marin : BITMaguy Marin : BIT

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Publié le par Théodore Charles
Charlie Hebdo : Une du numéro 266 : 1er janvier 1975
Charlie Hebdo : Une du numéro 266 : 1er janvier 1975

J'essaie de retrouver mes esprits mais je suis encore dans un état second alors j'y vais sans filet...

J'ai retrouvé dans mes archives cette Une de Charlie Hebdo qui a vingt ans et quelques jours. Avec une fête de Noël familiale annuelle, un père, ancien militaire et un neveu dans la police... elle m'a forcément toujours accompagnée.

Entre les obscurantistes, les "étroitistes" du ciboulot, les ravagés de la vengeance, les hermétiques à la dérision, les impétrés de l'intelligence, les imperméables à l'humanité... il y a vraiment des coups de pieds "occultes" qui se perdent.

Ensuite, contre les obscurantistes, les "étroitistes" du ciboulot, les ravagés de la vengeance, les hermétiques à la dérision, les impétrés de l'intelligence, les imperméables à l'humanité... j'étais, je suis et je serai évidemment toujours Charlie ! même s'il faut me faire Hara Kiri ... Sine* die.

*(hebdo)

Enfin, ils ne se rendent pas compte ces obscurantistes, ces "étroitistes" du ciboulot, ces ravagés de la vengeance, ces hermétiques à la dérision, ces impétrés de l'intelligence, ces imperméables à l'humanité... qu'ils viennent de vous panthéoniser à votre "charlisme" défendant ! Manquerait plus que la légion d'honneur !

Mon plus profond respect, mes plus respectueux hommages et merci ! merci ! merci !

Charb - Wolinski - Cabu - Tignous - Maris
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Charb - Wolinski - Cabu - Tignous - Maris

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