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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Antiquité, #Mythe, #Théâtre, #Amour, #Europe
[Théâtre - Fort Antoine dans la ville - Monaco] «La Passion Médée» : Un bon après-Médée

« Ils vous ont enterrés comme des Grecs pour me faire offense » déclare Médée face à la sépulture de ses enfants dans Médée Kali, pièce que Laurent Gaudé a écrite en 2003. Si Laurent Gaudé imagine Médée revenant chercher les corps de ses enfants pour les emmener en orient, Sarkis Tcheumlekdjian dans la Passion Médée questionne les lointains échos du mythe et louche plutôt du côté de Nikos Kazantzaki. Dans Le Christ recrucifié, Nikos Kazantzaki retrace l’histoire de ce village qui fait revivre régulièrement la passion du Christ durant la semaine sainte à une douzaine de villageois. Dans La Passion Médée, Sarkis Tcheumlekdjian imagine une peuplade qui fait subir régulièrement à une femme coupable d’avoir fauté avec un homme étranger à l’Ethnie, un rituel païen qui rappelle le destin de Médée.

Deux femmes sur scène, la coupable et la purificatrice vont s’affronter, l’une souhaitant que l’autre expie sa faute dans la tradition, l’autre ruant, regimbant, faisant valoir sa liberté de femme.

Le tapis étendu aux pieds des deux comédiennes évoque tantôt le sable de la plage, tantôt les flots. Des petits personnages semblables à des poupées vaudou symbolisent Créon, Créus, Jason et les Corinthiens et rendent à Médée sa dimension de magicienne. Un landau évoque Merméros et Phérès, les enfants de Médée. Du landau sortira un long tissu rouge-sang au moment du sacrifice.

La musique, répétitive, rythme le spectacle alternant des sonorités qui évoquent le glas quand le drame se noue ou les battements de cœur lorsque Médée approche des enfants jusqu'à devenir assourdissante au moment du drame.

En fait, en revenant à la faute originelle de Médée : aimer un homme étranger à son peuple, Sarkis Tcheumlekdjian fait plus globalement référence à la condition féminine et dénonce très clairement les violences faites aux femmes qui ne peuvent agir librement. L’auto-empaquetage des deux comédiennes dans le drap rouge-sang à la fin de la pièce ne laisse aucun doute sur ce sujet.

Sarkis Tcheumlekdjian nous présente une belle variation tout en symboles autour du mythe de Médée habilement mise en scène avec deux comédiennes (Catherine Vial et Anne Comte) percutantes.

"La Passion Médée" - Compagnie Premier Acte - Sarkis Tcheumlekdjian"La Passion Médée" - Compagnie Premier Acte - Sarkis Tcheumlekdjian

"La Passion Médée" - Compagnie Premier Acte - Sarkis Tcheumlekdjian

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Extrême orient, #guerre, #Epoque contemporaine
[Cinéma - Festival de Cannes 2012 - ACID] « Ini Avan, Celui qui revient » : Le Tigre rentre dans sa tanière

Heureux habitants de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Rouen, Tours ! Vous n’imaginez pas la chance que vous avez de pouvoir visionner le film Ini Avan, Celui qui revient … ou de n’en rien faire. Mais au moins, vous aurez eu le choix. Nous, nous devons nous contenter de l’ignorer, faute de diffuseurs.

Que dire d’Ini Avan, Celui qui revient si ce n’est qu’en France, on adore les cinéastes et qu'on se méfie de son banquier tandis qu’au Sri Lanka, le gouvernement se méfie bien davantage du cinéaste Asoka Handagama que du directeur de la communication de la Banque centrale Asoka Handagama.

Si nul n’est Prophète en son pays, Asoka Handagama est un prophète révélé par l’ACID (association du cinéma indépendant pour sa diffusion) à Cannes l’an dernier pour son septième long métrage. Je ne remercierai jamais assez l’ACID pour ce qu’elle permet de découvrir.

Pour raconter l’histoire de son pays coupé en deux par trente ans de guerre civile entre les Cinghalais et les séparatistes tamouls, Asoka Handagama joue à tous les niveaux sur les paradoxes et les oppositions.

L’histoire traite du difficile retour à la vie quotidienne d'un soldat tamoul (un tigre tamoul) à l'issue d’une guerre civile meurtrière qui a laissé l’économie de la région exsangue. Subtilité qui nous échappe, le film est réalisé par un cinghalais, tourné en cinghalais mais traduit en tamoul. Un indice à la fin du film nous confirme les oppositions linguistiques : à une question d’un routier cinghalais qui leur propose de l’aide, le héros répond en tamoul des propos que sa compagne d’infortune traduit en anglais.

Mais les paradoxes se traduisent aussi à l’image par l’opposition entre ces corps emprisonnés par des sur-cadrages (renforcés par des plans où les femmes sont très souvent filmées derrières des grilles, des barreaux) et les longs plans d’ensemble très esthétiques de rizières à la couleur reposante.

Le réalisateur joue également de l’opposition entre longs plans fixes sur ses personnages et les travellings. Mais quelle que soit la technique, la caméra finit toujours par isoler les personnages dans leur solitude.

"Nous avons survécu à la guerre, alors profitons de la vie" dit une des femmes à la fin du film. Ce pourrait être le sous-titre de ce film paradoxalement plein d’espoir et d’humanité.

Ne boudez pas votre plaisir de découvrir ! Allez voir Ini Avan, Celui qui revient si d’aventure il est permis de le visionner dans une relative proximité.

« Ini Avan, Celui qui revient » - Film d’ Asoka Handagama – Sri Lanka – 1 h 44

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Afrique, #Epoque contemporaine, #Cinéma, #Festival de Cannes, #Amour
[Cinéma - Rialto - Nice] "Grigris" : Grigris et Mimi sont dans une galère…

Le cinquième long métrage de Mahamat-Saleh Haroun, présenté en compétition officielle au dernier festival de Cannes, avait encore une fois le redoutable honneur de représenter l’Afrique subsaharienne. S’il est reparti bredouille du dernier festival, souhaitons à Mahamat-Saleh Haroun que son dernier film Grigris connaisse le même succès auprès des dispositifs d’éducation à l’image français que deux de ses précédents films : Abouna présenté dans le cadre de collège au cinéma et Daratt, présenté dans le cadre de Lycéens et apprentis au cinéma.

Grigris est une affaire de corps qui souffrent. Suleiman alias Grigris, malgré l’atrophie de sa jambe gauche, suscite l’émeute dans les boîtes de nuit quand il danse. Quand il ne danse pas, Grigris travaille avec son beau-père, couturier et photographe, puis entre dans un trafic d’essence quand le beau-père tombe malade. Mimi est belle mais elle est métisse. Pour se fondre dans la masse, elle porte une perruque afro. Mimi se rêve mannequin. Quand elle ne rêve pas, Mimi couche pour quelques billets avec les européens de passage.

Grigris est également un film formellement pensé. Chaque plan est travaillé. Les plans panoramiques permettent aux corps de mieux évoluer, les plans américains centrent l’action sur un humanisme sans compassion, les jeux sur les couleurs chaudes et froides, déjà présentes dans Abouna et Daratt, présentent une Afrique non stéréotypée.

Grigris est également une réconciliation avec l’humanité. Si le jeu des acteurs peut se révéler élastique, si la scène des femmes au village avait été plus fermement dirigée, si l’action elle-même avait été plus tendue, le film en serait sorti grandi. Mais Grigris est sans conteste un film qui redonne le moral à ceux qui l’avaient perdu et qui embellit la journée de ceux qui l’avaient conservé.

A voir, et à faire voir donc, de toute urgence pour échapper, au moins fugacement, à toutes les horreurs télévisuelles. A travailler, sur le fond et sur la forme, avec les jeunes générations.

Grigris - Film de Mahamat-Saleh Haroun – France/Tchad - 1 h 41

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Europe, #Mythe, #Antiquité
[Théâtre - Fort Antoine dans la Ville - Monaco] Fougueuse Electre

Les comédiens déambulent sur la scène improvisée du fort Antoine avant le spectacle. Ceux qui sont venus pour voir des toges peuvent repartir : ce sera costumes actuels. Quelques seaux, quelques poubelles quelques pelles et balayettes, un transistor, jonchent le sol. Ceux qui sont venus pour les décors, le palais de Mycènes reconstitué, peuvent partir également.

Un transistor mal ajusté crache une mélodie qui évoque la Marseillaise. Instinctivement, dans ma tête, je chante « contre nous de la tyrannie, l’étendard sanglant est levé » et « Qu’un sang impur, abreuve nos sillons ». Pas de doute, Electre résonne toujours dans l’époque contemporaine. Clairement, Electre nous parlera à nous, contemporains de la comédienne, de nos problèmes de contemporains, qui semblent être les mêmes que ceux d’il y a deux mille cinq cent ans.

Six comédiens, quatre femmes deux hommes, pour sept rôles et le chœur des Mycéniennes dans le texte de Sophocle. Pylade et Egisthe s’effacent et une comédienne se mêlant au public représente le chœur.

Le texte est actualisé, le texte original de Sophocle est ainsi ponctué de références et dialogues nettement plus actuels qui ne font pas toujours dans la finesse. La chanson de Sabine Paturel, les Bêtise, interprétée par Chrysothémis pour parodier l’infernale Electre était-elle bien nécessaire là où un jeu de grimaces et une bonne gestuelle aurait pu faire l’affaire ? Le monologue au micro du précepteur joué par Julien Aubrun (difficilement audible par ailleurs) rythmé par la musique des danses polovtsiennes du Prince Igor de Borodine passe nettement mieux.

Les Érinyes sont sonores, leur cri est une longue lamentation, elles entourent le spectateur, deviennent récurrentes, ne lâchent pas prises. Les comédiens se lancent dans l’arène. Electre (Cyrielle Voguet) extériorise sa douleur s’asperge d’eau, de cendres, de terre rappelant la phrase du Président dans l’Electre de Giraudoux : « Cette enfant elle-même voit le défaut de votre argument. Sur nos fautes, nos manques, nos crimes, sur la vérité, s’amasse journellement une triple couche de terre, qui étouffe leur pire virulence : l’oubli, la mort, et la justice des hommes ».

Electre n’y croit plus. Croire. Soi, l’autre, la justice, le destin, les dieux, croire en quoi, croire en qui ? La mise en scène fait un détour par l’imagerie chrétienne avec la figure du Christ et une mater dolorosa comme pour mieux enfoncer le clou : les questions d’Electre sont toujours d’actualité.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Danse
[Musique - Danse - Opéra de Nice  - Annonce de saison] Opéra de Nice : une création, de la diversité et une grande inquiétude

En termes de calendrier de présentation de saison, l’opéra de Nice arrive bon dernier par rapport aux trois opéras les plus proches (Monaco, Toulon et Marseille), signe que tout n’est pas encore calé comme la distribution de Dreyfus par exemple ou signe que l’élaboration a été âprement discutée ?

C’est la première programmation du nouveau directeur artistique Marc Adam, ancien directeur du Théâtre de la ville de Berne (2007-2012) qui a pris la tête d’un opéra sans direction artistique depuis deux ans provoquant la juste colère de Christian Merlin dans le Figaro le 16 janvier 2012.

Sept spectacles lyriques dont deux en direction du jeune public seront proposés l’an prochain. Première curiosité, c’est en français que sera donné le premier spectacle le Freyschütz de Carl Maria von Weber dans la version française de Berlioz. C’est pourtant Guy Montavon, directeur général du Théâtre d’Erfurt depuis 2002, qui signera, aux côté de Philippe Auguin à la direction d’orchestre, la mise ne scène, après son remarquable Stiffelio à Monaco l’an dernier.

Pour les fêtes, l’opéra de Nice renouera avec l’opérette en donnant La chauve-souris de Johann Strauss Fils sous la direction musicale de Bruno Ferrandis, chef titulaire du Santa Rosa Symphony Orchestra en Californie. Deuxième curiosité, malgré une mise en scène d’Andreas Gergen, directeur du Landestheater de Salzbourg depuis août 2011, la Chauve-souris sera donnée en français. Comme il est d'usage de modifier le livret pour l'adapter à l'actualité en prenant une personnalité pour incarner Frosch, le gardien de prison, le choix s’est naturellement porté sur Noëlle Perna qui devrait faire merveille.

Le répertoire baroque ne sera pas oublié avec Semele de Georg-Frederic Haendel dans une mise en scène de Jakob Peters-Messer sous la direction musicale de George Petrou qui se concentre sur les répertoires baroque, classique et romantique.

Francesco Micheli mettra en scène Adrienne Lecouvreur de Francesco Cilea sous la direction musicale de Roland Böer qui a dirigé à la Scala, à l’opéra du Rhin de Strasbourg ou au Deutsche Oper de Berlin.

Enfin, la création mondiale Dreyfus sur une musique de Michel Legrand et un livret de Didier van Cauwelaert sera mise en scène par Daniel Benoin et dirigée par Jérôme Pillement, chef réputé pour la musique française. La création mondiale totalisera à elle seule autant de représentations que les quatre autres opéras réunis. Beau pari pour une création du XXIème siècle !

Les deux propositions lyriques pour le jeune public sortent des sentiers battus : Brundibár de Hans Krása sur un livret d’Adolf Hoffmeister présente la particularité d’avoir été créé au ghetto de Terezin (ex- Theresienstadt), le 23 septembre 1943. La mise en scène sera assurée par Stefania Bertini. La Compagnie Auteuil Zéro 4 Virgule 7 de Grégory Cauvin proposera Hoffmann 3 contes d’après l’œuvre de Jacques Offenbach avec transcription au piano et au violon.

Outre la manifestation « c’est pas classique », seize concerts avec l’orchestre philharmonique de Nice seront programmés dont six par le titulaire Philippe Auguin. Deux concerts de l’ensemble Apostrophe dirigé par Mark Foster et un concert dans le cadre des Manca 2013 dirigé par Jean Deroyer complèteront la saison.

Sept autres chefs seront invités : deux chefs, l’un autrichien Helmut Froschauer, l’autre formé à Vienne, Lorenzo Viotti dirigeront les deux concerts du nouvel an à Acropolis et à … Tourettes-Levens. Gyorgy G. Rath, acclamé pour sa direction de Madama Butterfly l’an dernier, reviendra pour diriger l’orchestre dans les œuvres de ses compatriotes Bartok et Kodaly. Le directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Marseille, Lawrence Foster, viendra en voisin. Le norvégien Eivind Gullberg Jensen, le canadien Derrick Inouye et l’autrichien Léopold Hager pour Mozart et Richard Strauss complèteront le tableau.

Les solistes annoncés seront d’origines musicales diverses pour des compositeurs qui le seront tout autant : les pianistes Bertrand Chamayou (Beethoven) et Cédric Tiberghien (Ravel), les violonistes Julien Racline (Tchaïkovski) et Franck-Peter Zimmermann (Dvorak), le harpiste Xavier de Maistre (Mozart) et le hautboïste Albrecht Mayer (Vivaldi et Haendel) côtoieront les ténors Herbert Lippert (Richard Strauss) et Adorján Pataki (Kodaly) ou la soprano Amber Wagner (Richard Strauss).

Treize concerts à fréquenter en famille à l’opéra seront programmés le dimanche matin à 11 h 00 et mettront en avant, à chaque représentation, un compositeur et quelques musiciens de l’orchestre.

Pour les concerts hors les murs, cinq concerts de musique de chambre seront programmés au Théâtre de la photographie et de l’Image Charles Nègre le lundi à 12 h 30, quatre se dérouleront au conservatoire national à rayonnement régional les lundis soirs à 20 h 00 et cinq auront lieu au Musée Chagall les lundis soirs à 20 h 00.

Pour les fêtes de fin d’année, un concert jeune public présentera les fabuleuses Fables de Monsieur de la Fontaine avec le chœur d’enfants de l’opéra Nice - Côte d’Azur.

La danse fait un retour remarqué depuis quelques années à l’opéra de Nice. Onze spectacles chorégraphiques seront proposés la saison prochaine. L’événement sera sans doute le Marco Polo de Luciano Cannito avec la participation d’Eric Vu-An. Eric vu-An, directeur de la danse à l’opéra de Nice proposera les deux Pigeons d’après Jean de la Fontaine et Sylvia suite. L’opéra rendra hommage aux chorégraphes anglo-saxons Alvin Ailey pour Night Creatures sur une musique de Duke Ellington et Ben Stevenson pour Three préludes sur une musique de Serguei Rachmaninov. Enfin, Sinfonietta de Jiri Killians sur une musique de Janacek clôturera la saison à l’opéra. Pour promouvoir la danse à l’extérieur, deux dates hors les murs sont prévues avec quatre pièces chorégraphiques présentées sur le plateau du Théâtre national de Nice et trois pièces sur le plateau du Théâtre de verdure.

Tout irait donc dans le meilleur des mondes possibles pour la lisibilité de la maison opéra si nous ne trouvions pas dans la catégorie « autre événement » (sic) une proposition de l’association Contre Ut présidée par Melcha Coder dans le cadre du XIIème festival d’opérette. Melcha Coder, par ailleurs présidente de l’association pour le rayonnement de l’opéra de Nice (ARON), présente La Vie parisienne de Jacques Offenbach. Outre la confusion des genres, dans la mesure où on ne comprend plus qui aide à faire rayonner quoi, l’encadrement professionnel de la production laisse perplexe. J’ai peu d’inquiétude pour la direction musicale de Philippe de Chalendar, pour l’excellent Philippe Ermelier qui se produit régulièrement sur les scènes françaises et monégasques ou encore pour Pauline Courtin qui a travaillé avec Yves Beaunesne ou Laurent Pelly. J’ai davantage de doutes, en revanche, sur le reste de la distribution composée de chanteurs qui tournent peu, pas ou plus, qui ne sont pas dans leur registre ou qui sont clairement dans le champ de la pratique en amateur. J’ai encore plus d’inquiétudes sur la mise en scène confiée à Serge Manguette, inconnu du monde professionnel de l’opéra, avec des costumes (d’époque) de la Maison Grout de Bordeaux.

Mélanger ainsi les genres, les styles et les statuts, c’est mettre tout le monde en danger, l’opéra en tête. Après l’article incendiaire «Gâchis désastreux» à l'Opéra de Nice du Figaro le 16 janvier 2012, cet épisode ne va-t-il pas contribuer à brouiller davantage les cartes ?

Opéra de Nice - Intérieur ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Opéra de Nice - Intérieur ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Nice - Intérieur ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Danse, #Cirque, #Musique
[Théâtre-Danse-Cirque-Musique - Théâtres en Dracénie - Draguignan - Annonce de saison] Ce n’est pas que pour les enfants !

Quoi de plus magique que de retomber en enfance avec des spectacles qui nous prennent pour des adultes ? Fidèle au statut de son conventionnement, Théâtres en Dracénie, scène conventionnée « dès l’enfance et pour la danse », poursuit son travail dans ce sens depuis quinze ans. Vingt et un spectacle de théâtre, trois spectacles de théâtre d’ombre, dix spectacles chorégraphiques, un spectacle de cirque et dix spectacles musicaux seront proposés par le théâtre à partir d’octobre aux enfants de moins de quatre-vingt dix-neuf ans et aux adultes de plus de dix-huit mois.

Comme dans les autre scènes régionales, les directeurs ou anciens directeurs de théâtre nationaux ou de centres dramatiques nationaux feront un détour par la Dracénie : Muriel Mayette, administratrice générale de la Comédie-Française, présentera Bestiaire d’amour de Jean-Claude Carrière et Isabella Rossellini, spectacle qui sera associé à la projection de Blue Velvet de David Lynch au cinéma Eldorado de Draguignan. Georges Lavaudant, ancien directeur du Théâtre national populaire de Villeurbanne et de l’Odéon, proposera Cyrano de Bergerac. Jean-Claude Fall mettra en scène musicalement Un Fil à la patte de Georges Feydeau. Le directeur du centre dramatique national - Comédie Poitou-Charentes, Yves Beaunesne, s’attaquera à L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel.

Catherine Marnas, future directrice du centre dramatique national de Bordeaux, participera au programme ‘‘Dramaturgie arabe contemporaine’’, en mettant en scène le texte commandé à l’auteur Driss Ksikes : N’Enterrez pas trop vite Big Brother. Ce programme sera complété par deux textes mis en espace par les élèves de l’ERAC (Ecole Régionale des Acteurs de Cannes) et par deux textes mis en scène par des équipes artistiques arabes : Bye-Bye Gillo de Taha Adna, et Hello veut dire de Tarek Basha. Ce programme sera accompagné au cinéma Eldorado par la projection d’Intervention divine d’Elia Suleiman.

A Draguignan, le jeune public a son festival : Amarelles qui se déroule en janvier. Cinq spectacles au programme à voir en famille : Le Petit Poucet réécrit et mis en scène par Laurent Gutmann, directeur du Centre dramatique national de Thionville-Lorraine entre 2004 à 2010. Un Beau Matin, Aladin mis en scène par Charles Tordjman qui, hasard de programmation, fut directeur de la manufacture, centre dramatique national de … Nancy. C’est Pas Pareil ! mis en scène par la compagnie clandestine, compagnie régionale et « origamiste » d’Ester Bichucher et Denis Fayollat. Enfin deux créations collectives : Sirènes librement inspiré d’Andersen par le fil Rouge Théâtre et La République des enfants du collectif florentin Teatro Sotterraneo.

Présent également le théâtre d’ombre qui se fait rare sur les scènes régionales avec trois spectacles : Ninna Ô dont la conception, la mise scène et la manipulation seront assurées par Simona Acerbi, L’Enfant de la haute mer mis en scène par Aurélie Morin et Magie d’ombres... et autres tours par Philippe Beau qui animera des ateliers d’ombromanie à fréquenter en famille afin que le théâtre d’ombre n’ait plus de secrets pour vous.

L’Ogrelet de Suzanne Lebeau mis en scène par Marcello Chiarenza complètera la proposition « En Famille ».

Trois têtes d’affiche passeront à Draguignan : l’humoriste Kev Adams, Ariane Ascaride présente dans Le Dernier Jour du jeûne mis en scène par Simon Abkarian et Pierre Arditi dans Comme s’il en pleuvait mis en scène par Bernard Murat.

Deux compagnies régionales majeures présenteront leur spectacle à Draguignan : François Cervantès de la compagnie L’Entreprise poursuivra sa recherche sur le personnage du clown avec Carnages, alors qu’Alexandra Tobelaim proposera La Part du colibri, fable écologique d’anticipation tirée des écrits de Stéphane Jaubertie, Françoise Du Chaxel et Pierre Rabhi.

Deux autres spectacles Tout mon Amour de Laurent Mauvignier par le collectif Les Possédés et Woyzeck de Georg Büchner que le metteur en scène Jean-Pierre Baro confrontera avec l'histoire de son propre père, travailleur immigré sénégalais arrivé en France dans les années 1960, complèteront la saison.

Deux monstres du théâtre s’associeront pour la première fois : Catherine Anne et Joël Pommerat. Connus l’un et l’autre pour leur écriture pour la jeunesse, Joël Pommerat mettra en scène de jeunes comédiens dans un texte qu’il n’a, pour une fois, pas écrit : Une Année sans été de Catherine Anne. C’est sans doute l’immanquable de la saison.

En mars, Les Vents du Levant, festival de danse célèbreront la Méditerranée. Ce que le Jour doit à la nuit du chorégraphe Hervé Koubi ouvrira le festival sur sa mémoire de l’Algérie. Deux spectacles rendront hommage à deux figures féminines de la Méditerranée : Maria Callas avec Là, Callas de Yalda Younes sur une idée de Gaspard Delanoë et Oum Kalthoum dans le spectacle Sous leurs Pieds, le paradis dans lequel Radhouane El Meddeb et Thomas Lebrun danseront sur ‘‘Al Atlal’’ (les ruines) d’Oum Kalthoum en hommage aux héroïnes, aux sœurs, aux mères. L’Espagne sera présente à trois reprises : Antonio Gades chorégraphiera en six tableaux Noces de sang d’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca et Suite flamenca. La compagnie chorégraphique Aracaladanza avec Constelaciones vous entrainera dans l’œuvre de Miro. Roger Bernat, l’un des chefs de file des arts de la scène contemporaine espagnole, rendra un double hommage : hommage au Sacre du Printemps qui a cent ans et à Pina Bausch qui en a livré en 1975, une interprétation encore présente sur les scènes et dans les mémoires. Hommage d’un autre type avec ‘‘iTMOi’’ (in the mind of Igor)d’Akram Khan, qui nous livrera une version très personnelle du Sacre du Printemps.

Cinq autres compagnies chorégraphiques ponctueront la saison : deux figures majeures de la scène française, version Hip Hop avec Kader Attou du centre chorégraphique national de La Rochelle qui présentera The Roots et version classico-contemporain avec Benjamin Millepied, prochain directeur des ballets de l’Opéra de Paris, pour L.A Dance Project. Deux compagnies ont le vent en poupe sur les scènes de la région : nous retrouverons sur le plateau de Théâtres en Dracénie : Au-delà de Delavallet Bidiefono présent également au Carré ou à Châteauvallon et la compagnie israélienne Batsheva Dance Company, présente également à Châteauvallon avec Sadeh21 chorégraphié par Ohad Naharin.

En cirque, la compagnie australienne Circa reviendra avec Wunderkammer (La Chambre des merveilles) spectacle étonnant et plein d'humour, sorte de cabaret intime pour sept acrobates.

En musique, deux festivals animeront la saison. En octobre, le festival des musiques insolentes produira, outre l’Electric Pop Art Ensemble et ses constructions ‘‘noise’’, deux couples insolents : la juive séfarade à la voix magique, Françoise Atlan et le Palestinien de Gaza, Moneim Oudwan et son luth puis Raymond Boni et Raphaël Saint-Rémy pour un duo harmonica et hautbois. En novembre, le festival de jazz réunira les américains Lillian Boutté pour une soirée jazz et Big Daddy Wilson pour une soirée blues.

Dans le reste de la saison, la chanson française sera également à l’honneur avec Olivia Ruiz et Albin De La Simone. Côté anglais, Thierry Balasse, accompagné de huit musiciens interprétera sur scène, en live, l’album phare des Pink Floyd La Face cachée de la lune spectacle qui sera mis écho avec Good Morning England de Richard Curtis au cinéma Eldorado.

Le classique ne sera pas oublié avec Katia et Marielle Labèque pour un concert autour de Maurice Ravel et de Leonard Bernstein, Edouard Ferlet et son Think Bach dans lequel il repensera l’œuvre de Jean-Sébastien Bach à la lueur du jazz ou encore Les trois Mousquetaires que Julien Joubert transformera en opéra protéiforme avec chœurs professionnel et amateur.

Deux autres spectacles complèteront l’offre musicale : Pour Orillas (Les deux Rives), le guitariste gitan Juan Carmona sera accompagné par l’Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon et avec 80 000 000 de Vues, Nathalie Négro nous offrira un opéra-slam pour deux chanteuses, un ensemble de quatre musiciens et un dispositif multimédia.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Amour, #Epoque moderne
[Théâtre - Fort Antoine dans la Ville - Monaco] "La Nuit des Rois" nous mène en bateau

Pour inaugurer la saison de six représentations en plein air du Fort Antoine dans la ville, Jo Bulitt programmateur pour la direction des affaires culturelles de Monaco a invité la compagnie du Matamore pour sa création 2013 : La Nuit des Rois ou Ce que vous voudrez de William Shakespeare.

Je n’ai pas une grande passion pour le plein air (sauf pour les arts de la rue dont les spectacles ont été écrits pour être joués en extérieur) à cause des bruits parasites : pince fesse au yacht club en contrebas du fort Antoine pour un public plus nombreux, plus onéreusement vêtu, plus bruyant que nous, mouette qui chante au dessus de nos têtes mais petit à petit le bruit ambiant nous force à la concentration et le calme revient.

Conventionnée par le Ministère de la Culture – direction régionale des affaires culturelles Ile de France, compagnie associée à la Barbacane, scène conventionnée de Beynes dans les Yvelines, la compagnie du Matamore est également partenaire des Tréteaux de France, centre dramatique national dirigé par Robin Renucci. La compagnie n’est donc pas inconnue du paysage théâtral français. La Nuit des rois créée en janvier 2013 a déjà tourné trente et une fois.

L'intrigue principale de la pièce se déroule en Illyrie : le duc Orsino se croit amoureux de la comtesse Olivia, laquelle finit par s’éprendre du page d’Orsino, Cesario, lequel se trouve être en réalité Viola, amoureuse d’Orsino et sœur jumelle rescapée de Sébastien, lequel ne sait pas plus que sa sœur que son jumeau a survécu à la tempête.

Le dispositif scénique sert d’éléments de contexte avec les restes d’un bateau échoué sur une plage dont les restes de coque ou de pont servent de portes et de lieux de passages et profitent aux différents niveaux de jeu. Pas besoin de palais ducal, de maison d’Olivia, le bateau échoué, disloqué, prétexte aux complications à venir, fait office de lieu unique.

Prenant appui sur le travestissement de Viola, le metteur en scène Serge Lipszyc prend le parti de la mise en abîme en inversant les genres et en faisant jouer les rôles d’Orsino et de Sébastien par des femmes, ceux d’Olivia et de Maria par des hommes. Le personnage de Viola-Cesario se trouve donc être tenu par un homme qui joue le rôle d’une femme qui se fait passer pour un homme.

Très irritant de prime abord parce qu’il nous déstabilise dans notre position de spectateur, ce parti pris se révèle être le curseur parfait pour représenter les mensonges, faux-semblants et les sentiments feints de la pièce de Shakespeare.

Le trio formé par Sir Tobie, Aguecheek et le bouffon Feste mène une danse et une cabale aussi effrénée qu’éthylique notamment contre le sinistre Malvolio qui se retrouve trompé, berné, ridiculisé. C’est l’intrigue secondaire de la pièce parfaitement relevée par un trio de comédiens dynamiques dont le metteur en scène lui-même. Comme le texte le stipule, l’ensemble est ponctué par les chansons du bouffon Feste.

Proposer cette comédie de Shakespeare, avec l’exigence de jeu d’une compagnie chevronnée et l’efficacité de la mise en scène, prouve qu’on peut allier exigence et divertissement. Nul besoin pour être populaire de sombrer dans le vulgaire.

La Nuit des rois – Pièce de William Shakespeare – Compagnie du Matamore - Mise en scène Serge Lipszyc – 1 h 50

Monaco Fort Antoine dans la Ville - La Nuit des rois de William Shakespeare - Compagnie du MatamoreMonaco Fort Antoine dans la Ville - La Nuit des rois de William Shakespeare - Compagnie du Matamore

Monaco Fort Antoine dans la Ville - La Nuit des rois de William Shakespeare - Compagnie du Matamore

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique
[Musique - Espace Léo Ferré - Monaco] Bel hommage de Catherine Lara à Léo Ferré, piètre hommage de Monaco Matin

Chose étrange au tout nouvel espace Léo Ferré de Monaco, le petit bandeau annonçant le concert hommage de Catherine Lara a disparu et aucune affiche ne signale le concert de ce soir. En revanche, on sait depuis plusieurs semaines grâce au grand bandeau au fronton du même espace que Michaël Gregorio sera présent … fin septembre. Pour louer ses places in situ pour le concert du soir, autre paire de manche : personne à l’accueil, pas de logiciel de billetterie… il faut mériter son concert.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que moins de trois cents personnes aient été présentes … dommage. Pour le milieu professionnel, Béatrice Novaretti pour la médiathèque de Monaco, Christian Tourniaire pour l’académie Rainier III et Roselyne Carlier pour la SACEM ont fait le déplacement.

Côté presse le lendemain, la déception a été tout aussi grande. Un article quart de page dans Monaco Matin, édition du samedi 6 juillet 2013, peu inspiré, ne relate rien du spectacle, brode autour du dossier de presse au point qu’il est permis de douter de la présence réelle de son auteur dans la salle.

Permettez donc à un amateur, bien présent lui, de reprendre le fil.

Comme Monaco Matin ne le dit pas, surprise ! le concert s’est ouvert avec la voix de Léo Ferré interprétant Avec le Temps et C’est Extra pendant qu’un portraitiste à la technique rodée nous croquait en temps réel le portrait en trois mètres sur deux de la désormais figure tutélaire du lieu.

Comme Monaco Matin ne le dit pas, le concert de Catherine Lara s’est ouvert sur un craquement monstrueux du micro interrompant la chanson La Craie dans l’Encrier. N’importe quelle star aurait fait un scandale, Catherine Lara en a largement plaisanté, affirmé que le craquement faisait partie des arrangements, déclaré qu’elle avait en outre oublié de tomber en entrant en scène comme la mise en scène le stipulait et repris la chanson avec les musiciens qui l’accompagnaient ou plutôt qu’elle accompagnait comme elle l’a déclaré fort élégamment. Le ton était donné : humour, respect et simplicité.

Contrairement à ce que dit Monaco Matin, si Catherine Lara a effectivement « interprété les titres de son album Une voix pour Ferré et les titres de son dernier opus Au cœur de l'âme Yiddish », elle a surtout interprété des chansons plus anciennes notamment le symbolique Johan, Nuits magiques, les Genoux écorchés ou les Romantiques, soit une anthologie de quarante ans de carrière... un peu plus que la promotion de ses deux deniers albums.

Contrairement à ce que dit Monaco Matin, elle n’a pas seulement repris les titres de son album Une voix pour Ferré mais réinterprété trois chansons emblématiques de Léo Ferré (Avec le Temps, C’est Extra, Jolie Môme) et expliqué pourquoi elle avait décidé de les réinterpréter dans des formes musicales comme la musique yiddish ou le flamenco, propices, selon elle, à ces réinterprétations.

Au final, un spectacle chaleureux, sincère, drôle avec une artiste et des musiciens en réelle communion avec le public et en communion éternelle avec celui qu’elle a appelé son mentor. Donner un nouveau souffle, un nouveau sens au répertoire de Léo Ferré, le travailler sans le trahir, le rendre toujours malléable, toujours vivant, n’est-ce pas le moyen le plus sincère, le plus respectueux de lui rendre hommage ?

Et en parlant de respect …

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Danse, #Cirque, #Musique, #arts de la rue
[Théâtre-Danse-Cirque-Musique - Arts de la Rue - Forum Jacques Prévert - Carros - Annonce de saison] Arts de la rue, arts de la scène, venez goûter la programmation du forum !

Pour la deuxième année consécutive, le Forum Jacques Prévert ouvrira sa saison avec « Roulez Carros ! », seul festival professionnel des arts de la rue sur cette partie Est de la région. Les dix-huit compagnies invitées essaimeront trente-deux spectacles dans divers points de la ville nouvelle et du village de Carros les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 septembre 2013.

En plus des installations plastiques qui habilleront la ville, l’agence régionale Karwan, spécialisée dans les arts de la rue et de la piste, présentera « Le Porte Folie », camion ambassadeur des arts de la rue. En théâtre, la compagnie Ambre proposera en déambulatoire théâtral la vie de la Vieille qui égrènera ses nostalgies. Artscénicum avec les Pieds tanqués nos invitera à l’immanquable partie de pétanque réunissant tous les rivages de la Méditerranée. Les Japonais de la compagnie Sivouplait reprendront une nouvelle fois à la demande générale (dont la mienne) à Carros leur Silence amusant d’un couple en blanc, duo burlesque à la Jacques Tati et présenteront une autre création Bivouac. La compagnie Téatralala postera le public Derrière la vitre (nom du spectacle) et confrontera la rue dans son activité normale et des comédiens qui viendront en perturber l’ordonnancement. Où est le réel ? Enfin, la compagnie régionale l’Attraction de Jean-Jacques Minazio présentera ses trois volets de Pepe Carvalho.

Manipulation de marionnettes, manipulations d’objets, le collectif Eclats de Lune paradera dans les rues avec le spectacle pour marionnettes géantes Azalai. Deux autres compagnies prendront les objets usuels pour les manipuler (Vu de la compagnie Sacekripa) ou en faire un parc d’attraction miniature (Gargot de Joc par les Catalans Guixot de 8).

Véritable installation implantée au sein de l’école Paul Eluard par la compagnie Dynamogène, le petit Catalogue, manufacture d’utopie, entresort (1) géant anarcho-mécanico-nostalgique retracera la vie d’une usine d’instruments de musique. A ne rater sous aucun prétexte.

Côté musique justement, le groupe Thank you for coming avec Boudin et chansons entrainera le public sur le mode de la chanson burlesque.

La danse et le cirque s’interpénétreront avec L’envers de nos sommeils de la compagnie Saïda Kao sous chapiteau, Tube de Mathilde Monfreux qui sculptera le tissu ou Julot qui du haut de son mat exécutera Hula Hoopla. La compagnie du 6ème étage pour Klima investira le centre international d’art contemporain et la compagnie la Vouivre nous proposera [Oups] pour une danse inventive et décalée. Enfin, deux spectacles de clowns seront également de la fête : le Cabaret des Chiche Capon ou encore Marée basse par la compagnie Sacekripa.

A peine les rues balayées, le Forum Jacques Prévert reprendra la programmation à la salle Juliette Gréco de Carros du 1er octobre 2013 au 19 avril 2014 avec 25 spectacles.

Cinq spectacles musicaux se succéderont dans la saison du Forum Jacques Prévert. Agnès Jaoui avec son spectacle Siempre al sul ouvrira le Festival de Cinéma Cinéalma piloté par Cinéaction. Louis Chedid et Babx représenteront la chanson française toujours présente dans la programmation de du Forum Jacques Prévert. Le Melonius quartet dirigé par Patrick Vaillant investira à nouveau la vallée du Var et pour les plus petits, Morceaux de sucre de Pascal Ayerbe donnera vie à des instruments ou objets insolites.

Sur les huit spectacles chorégraphiques, le plateau partagé proposera à lui seul quatre courte formes avec une compagnie burkinabaise (Sanou Ka Sanu) et trois compagnies régionales : les laboratoires animés pour Echoe chorégraphié par Nans Martin présent également à Grasse, la compagnie Hervé Koubi pour Sohba et la Compagnie F qui présentera Stimmlos 23’, prélude au spectacle qui sera repris quelques mois plus tard sur un prélude wagnérien. Deux autres compagnies régionales seront présentes : Trucmuche pour Office du tourisme et la compagnie Castafiore avec laquelle le Forum Jacques Prévert enclenche une collaboration pour les Chants de l’Umaï. Auparavant, Marie-Claude Pietragala et Julien Derouault auront ouvert la saison avec un spectacle d’après Eugène Ionesco intitulé Les Chaises ?

Douze autres spectacles de théâtre s’adresseront à tous les publics. Et, pour casser les représentations, beaucoup de spectacles feront intervenir la marionnette ou l’objet et pas uniquement à destination des enfants. Deux spectacles en particulier s’adresseront à un public à partir de l’adolescence : le Conte d’hiver de Shakespeare pour marionnettes et comédiens à vue par la compagnie Arkétal présenté l’an dernier sur les scènes régionales et Madame Bovary en théâtre d’objet d’après Gustave Flaubert par la compagnie belge Karyatides. Quatre autres spectacles feront intervenir la marionnette : L’Homme qui plantait les arbres d’après Jean Giono toujours par la compagnie régionale Arkétal, Zazie et Max de la compagnie belge 3637 qui traitera avec humour de la question du genre d’après les albums de Thierry Lenain. Amis cinéphile, ne manquez pas la compagnie Le Clan des Songes avec ses deux spectacles : La Nuit s’en va le jour et surtout Fragile. Les manipulateurs de la compagnie ont acquis une telle technique que ce spectacle s’apparente à un film d’animation qui se crée sous vos yeux.

Vous souhaitez vous amuser sans conter ? Deux spectacles revisiteront les comtes P’P les petits Cailloux d’après le petit Poucet de Charles Perrault par la compagnie angevine Loba et La Femme aux allumettes, spectacle librement inspiré du conte d’Andersen par la compagnie marseillaise le Théâtre de cuisine.

Deux spectacles nous ramèneront à l’origine du théâtre : la compagnie marseillaise Agence de voyage imaginaire de Philippe Car proposera Sur le Chemin d’Antigone d’après Sophocle suivi d’un repas itinérant et Cyril Cotinaut de la compagnie TAC Théâtre poursuivra son compagnonnage avec le Forum et Eschyle en proposant Agamemnon … en attendant la trilogie antique Les Enfants d'Atrée ?

Deux autres spectacles seront au programme. Si comme moi vous êtes ou avez été malvoyant, venez partager le quotidien d’Elisa, l’héroïne malvoyante de A Vue de nez de la compagnie La Rousse qui traduit la monde à sa manière et 33 Monstres, le journal d’une femme à une femme qu’elle aime mis en scène par la compagnie du dire dire de Sophie de Montgolfier qui sera en résidence de création.

Car c’est cela aussi la grande qualité du Forum : permettre à des équipes artistiques (Dynamogène, compagnie du dire dire, TAC théâtre et compagnie F) de créer leur spectacle dans des conditions réelles de plateau.

  1. L’Entresort est un genre de spectacle forain dont la forme est contenue dans le nom. Le spectateur entre par une porte et sort par une autre. Dans un entre-temps qui varie de quelques secondes à quelques dizaines de minutes, le spectateur contemple une curiosité sensationnelle.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Extrême orient, #Violence, #Epoque contemporaine
[Cinéma - Mercury - Nice ] « Only God forgive » : comme un petit grain de … sabre.

Vous aimez les films de genre ? Vous allez être servis. Nicolas Winding Refn, présent en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, est de retour deux ans après Drive pour Only God forgive.

Le scénario ? Du papier à cigarettes, une histoire de vendetta mutuelle entre des ressortissants américains (une mère et deux frères) et un flic à la retraite sur fonds de trafic de drogue et de boxe thaï qui sert de couverture. Scénario squelettique car l’intérêt est ailleurs : c’est dans le traitement du sujet que le film prend de la hauteur.

Du film de genre, nous commençons par le film d’action, pour prolonger par le film documentaire, sur la prostitution de vitrine, avant de venir au thriller pour atterrir sur le film de sabre. Tout y passe, de la poursuite au mitraillage général dans un restaurant, de la castagne à la subtilité des tortures asiatiques, de la douceur orientale à la prostitution pour mineure, de l’arme à feu au sabre, de la douceur orientale à l’hémoglobine. Il est possible également d’inclure le péplum dans la liste car deux frères en concurrence qui mettent le monde cul par-dessus tête, ça ne ferait pas un peu « sang des Atrides » ? Ce ne sera pas la seule référence à l’antiquité du reste.

Certains ont reproché au film, et ce n’était pas sous leur plume un compliment, son maniérisme. Si on considère le maniérisme comme un jeu artistique et subtil de l'emprunt, une sorte de filiation avec la création artistique de la période précédente alors Only god forgive est effectivement un film maniériste. On retrouve des clins d’œil à David Lynch, des résonnances de David Cronenberg, des ondes de Quentin Tarantino, notamment Kill Bill à moins que ce ne soit l’effet sabre qui fasse effet mais dans une version personnelle, travaillée, beaucoup plus compliquée qu’en apparence.

L’esthétique des décors dans un premier temps campe l’ambiance avec, dans de nombreux plans, la reprise-lumière du drapeau thaïlandais et son bleu blanc rouge. La symbolique des plans ensuite, certains plans (le diner de famille au restaurant, l’accueil à l’hôtel du policier en retraite) font de la mère une figure centrale qui sépare le plan en deux parties symétriques ou plutôt quasi-symétriques avec ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle pour son fils Billy (voir ci-dessous).

L’atmosphère ensuite, qui nous fait changer de registre dès que notre confort de spectateur semble avoir trouvé ses marques et ce surgissement de violence après des séquences ouatées, qui finissent par nous transmettre une appréhension à chaque instant de calme.

Enfin, ce travail sur les personnages, le bellâtre Julian (Ryan Gosling) qui n’a jamais l’air à sa place et dont le côté « bogosse » compense les accès violents. La mère (Kristin Scott Thomas) sorte de Koré vieillissante, sorte de Gorgone, vipérine à souhait, sorte de Médée sacrifiant ses enfants pour ses hommes perdus (son mari et son fils préféré) dans le trafic. Et pour finir la galerie de portraits, le policier à la retraite dit l’Ange de la vengeance (Vithaya Pansringarm), personnage énigmatique capable de passer du karaoké au découpage au sabre, vengeur surgissant de nulle part, sans statut, il pourrait presque sembler irréel, au dessus des hommes sauf que … only god forgive.

« Only God forgive » - Film de Nicolas Winding Refn - France Danemark - Thriller dramatique - 2013 - 1 h 30

Only God forgive : "ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle"Only God forgive : "ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle"

Only God forgive : "ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle"

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