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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes
[Cinéma - Festival de Cannes 2013 - Sélection officielle] Demandez le (complément de) programme !

Comme Thierry Frémeaux l’avait annoncé lors de la conférence de presse du 18 avril dernier, le Festival de Cannes complète sa Sélection officielle. Si le nouveau film de Jim Jarmusch (Only lovers left alive) en compétition et celui de Claude Lanzmann (Le Dernier des injustes) en Hors Compétition étaient attendus, le complément pour Un Certain Regard réserve davantage de surprises.

Deux femmes et un homme intègrent Un Certain Regard. Hiner SALEEM est de retour en sélection officielle après ses débuts en compétition officielle en 2005 pour Kilomètre 0 ; il présentera My Sweet Pepperland. Lucia Puenzo avec Wakolda fait son entrée en compétition officielle après avoir remporté le grand prix de la Semaine de la Critique en 2007 pour XXY.

Un Certain Regard ajoute à sa sélection une autre candidate à la caméra d’or : Katrin Gebbe avec son premier film Tore Tanzt. Cette jeune artiste de trente ans a tourné ses premiers courts métrages et films expérimentaux à l’Académie néerlandaise des arts visuels et graphiques avant de recevoir, en décembre 2009, une aide à l’écriture de la Filmförderung Hamburg Schleswig-Holstein (Aide au cinéma de Hambourg et du Schleswig-Holstein – FFHSH) pour l’écriture de son premier film qui sera présenté à Cannes.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Epoque contemporaine, #Musique, #Amérique du Nord, #Europe, #Extrême orient
[Danse - Ballets de Monte-Carlo - Monaco] Choré : Danser pour dépasser la crise, danser pour dépasser l’horreur

Pourquoi danser quand le monde est en crise ? Pourquoi danser quand le monde est en guerre ? Peut-on encore danser quand le monde est en paix ? Jean-Christophe Maillot retrouve son comparse Jean Rouaud pour une représentation en cinq tableaux brossant un tableau pointilliste de la création musicale, chorégraphique, cinématographique aux Etats-Unis des années 30 aux années cinquante.

Le ballet s’ouvre sur un texte poétique de Jean Rouaud sur la danse, sur la vie : « Comme s’il ne suffisait pas de poser un pied devant l’autre, qu’il faille d’un léger pas de côté dévier de sa ligne ». Les deux premiers opus « Splendeur et misères » et « Silence, on tourne » traitent de la crise de 1929 et de l’apparition des comédies musicales à l’écran aux États-Unis. On chante, on danse alors que le cœur n’y est pas. Les deux opus suivants (« La Guerre est déclarée » et « Paysages de cendres ») reviennent sur la guerre et son cortège d'atrocités. Que peut-on dire artistiquement, chorégraphiquement après l’horreur ? Que peut-on dire artistiquement, chorégraphiquement après la Shoah ? Que peut-on dire artistiquement, chorégraphiquement après Hiroshima ? Le cinquième opus y répond : « Après la danse, il y a encore de la danse », forcément différente mais puisant ses racines dans celle d’avant.

L’ensemble est enlevé, les tableaux s’enchaînent parfaitement sans hiatus. Le ballet met en scène comme son propos anciens et nouveaux danseurs, solos et mouvements d’ensemble, s’élargit à la fin à la « United Colors of Benetton», pour symboliser l’aspect multipolaire de la création chorégraphique de l’après deuxième guerre mondiale. S’il y a beaucoup de moments chorégraphiques d’une grande intensité (le solo de Mimoza Koike sur Hiroshima, les mouvements aériens), l’ensemble est encore trop illustratif, trop narratif, trop didactique mais, sans temps mort, le spectacle touche son public et s’exportera sans peine hors Principauté.

Choré - Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot - Scénographie et lumières : Dominique Drillot - Costumes : Philippe Guillotel - Argument : Jean Rouaud - Musiques : John Cage, Yan Maresz, Bertrand Maillot, Danny Elfman, Daniel Ciampolini – 1 h 20

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Epoque moderne, #Amour
[Musique - Opéra de Monte Carlo] "Stiffelio" : l’âme fatale

Opéra en trois actes de Giuseppe Verdi créé le 16 novembre 1850 et, donc, contemporain de Rigoletto, Stiffelio est resté dans l’ombre, de sa création jusque dans les années 1960, après avoir été victime de la censure. En effet, les tenants de la « bonne moralité » n’étaient pas prêts à laisser voir sur scène une histoire d’adultère dans la maison d’un pasteur. Certain de sa qualité musicale, Verdi métamorphosa Stiffelio en un drame moyenâgeux sous le nom d’Aroldo.

Un opéra censuré qui subit une métamorphose socio-spatio-temporelle tout en conservant sa musique offre toutes les mises en abîme possibles pour un metteur en scène. Il est étonnant que cette œuvre ait été si longtemps boudée.

Ovationné par l’orchestre Philharmonique de Monte-Carlo à son entrée comme à la reprise, le chef d’orchestre Maurizio Benini nous convainc dès la très longue ouverture dont la légèreté tranche avec l’austérité des personnages. Avec une très grande précision, il emmène l’orchestre vers ce qu’il peut donner de mieux contribuant ainsi très largement par la confiance et la complicité qu’il a su manifestement installer, à la réussite d’ensemble.

Le metteur en scène Guy Montavon est revenu au texte d’origine, a beaucoup travaillé ses personnages et l’ambiance qui sied à la situation. Hormis le rouge carmin de Raffaele qui le transforme en fleur vénéneuse pour femme fragile, tout est gris, noir ou blanc dans cet opéra.

Pour ramener les hommes à leur juste taille devant le divin, les verticalités de la scénographie renforcées par des pylônes écrasent les hommes comme une cathédrale gothique écrase les fidèles mais sans ses statues, ses tapis, ses vitraux, protestantisme oblige.

Partout, d’ailleurs, les fondamentaux du protestantisme sont présents : Le Livre, l’Evangile, seule vérité, grossira à mesure de l’avancée de l’action, il ira jusqu’à s’imposer par sa taille à Stiffelio dans la dernière scène pour mieux le ramener à son devoir de chrétien en pardonnant, comme le Christ devant la femme adultère.

L’omniprésente table pouvant accueillir de nombreux convives symbolise non seulement la cène, un des deux sacrements protestants mais elle sert également de lieu de rencontre, de barrière, d’affrontement idéologique. Jamais d’ailleurs, personne ne s’en servira comme d’une table de partage, comme si le symbole même était entaché.

Entachée par quoi ? Mais par l’héroïne toujours isolée du groupe que ce soit au début de l’action sur sa chaise sur le devant de la scène de la scène, ou au dernier acte, contre le mur devant le crucifix projeté. Elle est là, comme prédestinée au péché, comme Eve.

Et partout et tout le temps de l’action, les crucifix, seuls objets autres que livres en ces lieux, seront eux-mêmes détournés de leur fonction se transformant en objets potentiels de combat, poignards ou assommoirs sans aller jusqu’à l’irrémédiable, rappelant ainsi Matthieu « Celui qui prendra le glaive périra par le glaive ».

Que dire de plus, sur cette splendide proposition artistique ? L’accord parfait entre les voix et le jeu d’acteur : certes Nicola Alaimo, par sa stature, son aisance et sa voix écrase tout sur son passage au risque de chiper la vedette aux autres mais José Cura en Stiffelio amoureux, Virginia Tola en Lina éplorée ou Bruno Ribeiro en Raffaele, séduisant par sa banalité, campent tous des personnages en plein doute extrêmement crédibles. Tout tient dans cette création à qui on souhaite longue vie.

Stiffelio : Opéra en trois actes - Musique de Giuseppe Verdi - Livret de Francesco Maria Piave d'après la pièce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L'Évangile et le foyer - Création : Trieste, Teatro Grande, 16 novembre 1850 - Direction musicale Maurizio Benini - Mise en scène et lumières Guy Montavon - Décors & costumes Francesco Calcagnini - Chef de chœur Stefano Visconti - Chœur de l'opéra de Monte-Carlo - Orchestre philharmonique de Monte-Carlo.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes
[Cinéma - Festival de Cannes - ACID] Au commencement était l’ACID

Troisième des sections parallèles à se dévoiler, l’association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID) propose comme chaque année depuis 1993 une programmation de neuf longs métrages pour la plupart sans distributeur. La force du travail de l’ACID repose à la fois sur le soutien apporté par des cinéastes à d’autres cinéastes, français ou étrangers et la rencontre entre ces films, leurs auteurs et le public.

Sans l’ACID, beaucoup de films seraient mort-nés faute de circuits de distribution. Cette année, neuf films dont trois premiers films (cinq films français dont trois documentaires, un allemand, un britannique, un marocain et un afghan) auront la chance d’être vaillamment défendus par leurs pairs à deux pas du puissant marché du film : tour d’horizon.

Sur les dix réalisateurs, Dominique Cabrera est celle qui connait le mieux le microcosme cannois pour y avoir présenté L’autre côté de la mer à la Quinzaine des Réalisateurs en 1997 et Nadia et les hippopotames à Un Certain Regard en 1999. Elle revient avec un film documentaire sur la famille O Heureux Jours. Hicham Lasri revient quant à lui pour la deuxième année consécutive dans la programmation ACID-Cannes avec c’est eux les chiens un an après The end.

Les autres ne sont pas des inconnus : Barmak Akram, remarqué en 2008 au festival du film asiatique de Deauville pour L’Enfant de Kaboul, a déjà présenté Wajma au Festival de Sundance 2013, où il a remporté le Prix du meilleur scénario international. Le premier long-métrage Das merkwürdige Kätzchen (The Strange Little Cat) du jeune réalisateur allemand Ramon Zürcher, créé à l’école de cinéma de Berlin, a été présenté dans la section Forum de la Berlinale cette année.

Le britannique Andrew Kötting qui nous propose dans Swandown une virée de quatre semaines en pédalo en forme de cygne (ça tombe bien ... j’en rêvais !) sera l’un des cinéastes honorés au prochain festival Itinérances d’Alès en mars 2014. Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler sont deux documentaristes bien connus des festivals. Le C.N.C. (Centre national du cinéma et de l'image animée) a d’ailleurs organisé un atelier sur le processus de développement d’une œuvre documentaire autour du projet Braddock America présent dans la sélection ACID cette année.

Enfin, nous verrons le sur-actif Sébastien Betbeder dans Deux automnes, trois hivers après Je suis une ville endormie et Les Nuits avec Théodore films de 2012 sortis en 2013, Justine Triet révélée il y a quelques années par le Festival Premiers Plans d’Angers et La Bataille de Solférino, fiction tournée le soir du second tour de la présidentielle au siège du Parti socialiste à Paris et Claus Drexel qui passe de la comédie au documentaire avec Au Bord du Monde.

Pendant l’année, les cinéastes de l’ACID accompagnent une trentaine de longs métrages, fictions et documentaires, dans plus de 200 salles indépendantes et dans les festivals en France et à l’étranger. A Cannes, l’ACID présente les films en présence de l’équipe de réalisation et de son parrain, cinéaste membre de l’ACID, qui vient défendre le film. La projection est suivie d’un échange. C’est sans doute cette proximité qui fait de l’ACID à Cannes, un moment d’intime partage cinématographique.

Chers réalisateurs, lorsque vous serez connus, reconnus, confirmés, n’oubliez jamais qu’au commencement était l’ACID.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes
[Cinéma - Festival de Cannes - Quinzaine des réalisateurs] L’intergénérationnel : vous en rêviez ? La Quinzaine l’a fait !

Fondée dans la foulée de mai 1968, la Quinzaine des réalisateurs se caractérise par son absence de compétition et son accueil du public grâce à une billetterie. Elle cherche, à travers le monde, des filmographies originales et mélange réalisateurs expérimentés et jeunes espoirs cinématographiques.

La Quinzaine des réalisateurs 2013 comptera vingt et un films et neuf courts métrages. Elle fera preuve de diversité à tous les points de vue. Du point de vue des genres, elle passera allègrement de la comédie au thriller et au film d’horreur. Elle s’annonce tonique. Du point de vue de l’expérience, elle accueillera sept premiers films (donc autant de candidats à la caméra d’or), quatre seconds films et deux films de deux réalisateurs que Manoel de Oliveira pourrait qualifier de gamins : le français Marcel Ophuls et le chilien Alejandro Jodorowsky, 170 ans à eux deux.

Marcel Ophuls dans Un voyageur, nous dressera son parcours à travers des images d’archives et des extraits de films, tandis qu’Alejandro Jodorowsky refera le chemin de sa vie du Chili à la France dans La Danza de la realidad. Deux parcours, deux tranches d’histoire du cinéma. Une soirée sera consacrée à Alejandro Jodorowsky avec deux documentaires dont Jodorowsky’s Dune de Franck Pavich qui revient sur son adaptation manquée de Dune.

La Quinzaine s’ouvrira avec The Congress le nouveau film d’Ari Folman absent des écrans depuis Valse avec Bachir en 2008 et se clôturera dix jours plus tard avec le dernier film de Yolande Moreau Henri non sans avoir offert à Jane Campion, par ailleurs présidente du jury de la Cinéfondation et des courts métrages, son carrosse d’or, hommage de la société française des réalisateurs à l’un de leur pair pour l’ensemble de son œuvre.

Parmi les « déjà vus » à la Quinzaine, Raphaël Nadjari présenté en 2002 pour Apartment #5C revient après un détour par la compétition officielle en 2007 (Tehilim) avec A Strange Course Of Events, l’indien Anurag Kashyap découvert avec son film fleuve Gangs of Wasseypur dans l’édition précédente vient nous présenter Ugly et Serge Bozon, absent de Cannes depuis 2007 (La France) est de retour avec Tip Top. Le benjamin Basil da Cuhna, 28 ans, présentera son premier long métrage après y avoir présenté deux courts métrages Nuvem, le poisson lune (2011) et Les Vivants pleurent aussi à (2012).

Enfin dans la catégorie des « revenants », n’oublions pas We Are What We Are de Jim Mickle. Le réalisateur, spécialiste des films de genre, n’est jamais venu à la Quinzaine mais son films est le remake américain du film mexicain Somos lo que hay de Jorge Michel Grau dont la famille d’anthropophages avait fait bondir la croisette en 2010. Espérons que la mère de famille dans ce remake aura le coup de pelle assassin aussi énergique que dans la version originale.

Transfuge de la sélection ACID où il avait présenté en 2011 Les vieux Chats, Sebastian Silva perd son acolyte Pedro Perrano et présente Magic Magic.

Du côté des courts métrages, la Quinzaine propose des réalisateurs qui ont été remarqués dans d’autres sections : Lynne Ramsay réalisatrice du court métrage Swimmer a défendu son film We need to talk about Kevin en compétition officielle à Cannes en 2011, Oscar Ruiz Navia auteur de Solecito a présenté à la Quinzaine des Réalisateurs l’an dernier son long métrage La Sirga qui sort cette semaine en France et Radu Jude réalisateur de La Fille la plus heureuse du monde dans la section ACID en 2009 défendra cette année O umbra de nor. Qunat à Eduardo Williams, il s’est fait connaître l’an dernier à la Cinéfondation.

Pour sa deuxième année à la tête de la Quinzaine des réalisateurs, Edouard Waintrop le délégué général a prévu enfin deux rencontres. La première, intitulée « Expériences de cinéastes indépendants à travers le monde », est prévue le samedi 18 mai 2013 et proposera à des cinéastes, à partir de leurs expériences, d’évoquer les conditions de production et d'aides au cinéma dans le monde. La seconde aura lieu le mardi 21 mai 2013 et traitera de « La crise européenne et ses conséquences sur les politiques culturelles des pays de l’Union Européenne ».

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes
[Cinéma - Festival de Cannes 2013 - Semaine de la Critique] En route vers le futur

« Audace et liberté de ton » sont les deux caractéristiques avancées par Charles Tesson, délégué général en présentant la 52ème sélection de la Semaine de la Critique, section parallèle du Festival de Cannes qui met à l’honneur les première et deuxième œuvres des cinéastes du monde entier.

Le jury présidé par Miguel Gomes a visionné patiemment 1200 longs métrages pour en retenir dix (sept en compétition et trois en séance spéciale) dont six premiers films, tous candidats naturels à la caméra d’or. Le film Les Acacias de Pablo Giorgelli, caméra d’or en 2011, était d’ailleurs issu de cette sélection.

Sur les trois films en séance spéciale, Suzanne de Katell Quillévéré, lancée par la Quinzaine des Réalisateurs en 2010 avec Un Poison violent, assurera l’ouverture de la Semaine de la Critique. Avec son deuxième film Les Amants du Texas (Ain’t Them Bodies Saints), David Lowery, poursuit ses pérégrinations texanes après St Nick. Et surprise ! Yann Gonzalez avec son premier long métrage Rencontres d’après minuit est à la Semaine de la Critique alors que trois de ses courts métrages (By the Kiss en 2006, Entracte en 2007 et Je vous hais petite fille en 2008) avaient été révélés à la Quinzaine des Réalisateurs. Autre surprise, le synopsis : « Au cœur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie. Sont attendus La Chienne, La Star, L’Etalon et L’Adolescent »… Vaste programme !

Sept films en compétition, sept nationalités : deux du continent américain, un du continent asiatique, le reste est européen. Deux réalisateurs présentent leur second film. Le québécois Sébastien Pilote, révélé au festival du film indépendant de Sundance (comme Davis Lowery) présente Le Démantèlement après Le Vendeur en 2011. Il poursuit sa quête sur la désertification sociale du monde rural. Le Russe Yury Bykov creuse avec The Major le genre thriller initié avec Live ! sorti en 2010.

Deux des quatre premiers films en compétition mettent en scène une inversion de l’ordre établi : dans Nos héros sont morts ce soir de David Perrault, hommage à l'atmosphère des films français des années 50, deux catcheurs échangent leur rôle tandis que Los Dueños d'Agustin Toscano et Ezequiel Radusky décline la thématique « maîtres et valets » dans l’Argentine rurale d’aujourd’hui.

Deux autres jouent sur le registre du petit rien qui change la donne : avec Salvo des Italiens Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, un tueur de la mafia à Palerme tombe amoureux de la sœur de sa victime alors qu’une banale erreur de livraison dans The Lunchbox Dabba de l’Indien Ritesh Batra met en relation une femme au foyer et un homme plus âgé.

Enfin, For those in peril du Britannique Paul Wright suit Aaron, jeune marginal, rejeté par sa communauté isolée en Ecosse, après un tragique accident de pêche.

La Semaine de la Critique se caractérise aussi par les dix courts métrages puisés dans les 1724 courts métrages venus du monde entier qu’un jury spécifique a visionnés. Ils dressent, d’après Charles Tesson, la carte du cinéma mondial avec les pays qui se sont dotés d'une politique de cinéma intelligente en travaillant sur le long terme via la formation des « jeunes pousses ».

Parmi eux, sans aucun doute, les réalisateurs de la prochaine décennie.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes
[Cinéma - Festival de Cannes 2013] Gilles Jacob et Thierry Frémaux dévoilent la sélection officielle 2013

Gilles Jacob et Thierry Frémaux ont dévoilé, lors de la conférence de presse du 18 avril dernier, la liste des films, incomplète comme il se doit, de la sélection officielle 2013 : compétition, hors compétition, séances spéciales et Un Certain Regard. Plutôt que de passer en revue les films des sélections que chacun peut retrouver sur le site du Festival, cet article explore quelques pistes sur les choix de la sélection officielle en reprenant le parcours des réalisateurs présents.

La compétition officielle :

C'est d’abord une affaire d'hommes et peu ou prou de cinquantenaires. Sur 19 réalisateurs des longs métrages sélectionnés en compétition (21 si on ajoute ouverture et clôture), seule Valeria Bruni-Tedeschi échappe aux fleurs du mâle. En revanche, les trois-quarts des réalisateurs sont nés dans les années 60. Le benjamin Amat Escalante (1979) et le doyen Roman Polanski (1933) encadrent leurs pairs.

Trois anciens lauréats de la palme d'or brigueront les suffrages du jury pour accrocher une deuxième palme à leur arbre : Roman Polanski (Le Pianiste en 2002), Joel Coen (Barton Fink en 1991) et Steven Soderbergh qui présente, dit-il, son dernier film, subtile manœuvre pour influencer le jury sachant que son premier film Sexe, mensonge et vidéo avait raflé la palme en 1989 ?

Quatre réalisateurs n'en sont pas à leur coup d'essai : Paolo Sorrentino est un habitué de la compétition officielle (cinquième participation après Il Divo en 2008 et This must be a place en 2011), James Gray revient pour la quatrième fois en compétition (la dernière avec Two Lovers en 2008), le japonais Kore-Eda Hirokazu revient en compétition après un détour par Un Certain regard en 2011 avec Air Doll tout comme le chinois Jia-Zhangke (I wish I knew en 2010).

Le Mexicain Amat Escalante (Sangre en 2005 et Los Bastardos en 2008) et la française Valeria Bruni-Tedeschi (Actrices en 2007), présents à Un Certain Regard, participent pour la première fois à la compétition officielle.

Cinq réalisateurs, les Français Arnaud Desplechin (Esther Kahn en 2000) et François Ozon (Swimming Pool en 2003), le tchadien Mahamat-Salé Haroun (Un Homme qui crie en 2010), le chinois Takeshi Miike (Hara-Kiri : mort d’un samouraï en 2011) et l’étatsunien Nicolas Winding Refn (Drive en 2011) reviennent en compétition pour la deuxième fois, certaines fois à des années de distance.

Cinq réalisateurs n'ont jamais rien eu à voir avec le Festival de Cannes et créent pour certains d’entre eux la surprise : Alexander Payne, Asghar Farhadi dont la présence ne saurait être étrangère au succès de Une Séparation, les français Arnaud des Pallières et Abdellatif Khechiche, davantage habitué de la Mostra de Venise, ou encore le néerlandais Ales Wardemerdam, inconnu des grands festivals.

La section Un Certain regard :

Les cinq réalisateurs qui présentent leur premier film concourront ipso facto à la camera d'or qui décerne le prix du même nom à une première œuvre quelle que soit sa section (officielle ou parallèle) d'origine. Les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin, film présenté l'an dernier dans la sélection un Certain regard, avait emporté la caméra d'or.

Quatre réalisateurs sont des habitués des différentes sections du festival de Cannes : Passé par la Quinzaine des Réalisateurs (La Vie sur l’eau en 2005), Mohammad Rasoulof était déjà présent à un Certain Regard en 2011 (Au Revoir). Sofia Coppola revient à Cannes après la contestée Marie-Antoinette de 2006. Claire Denis est passée par la compétition officielle (Chocolat en 1988), Un Certain Regard (J’ai pas sommeil en 1994) et la séance de minuit (Trouble every day en 2001). Rithy Pahn, deux fois en séance spéciale (Les Artistes du théâtre brûlé en 2005 et Dutch, maître des forges de l’enfer en 2011), revient dans la section Un certain Regard quinze ans après (Un Soir après la guerre en 1998).

Quatre réalisateurs sont issus des sélections parallèles : hormis Alain Guiraudie qui avait présenté en 2009 le Roi de l'évasion à la Quinzaine des réalisateurs, les trois autres ont été révélés par la Semaine de la Critique. Hany Abu-Hassad a présenté en 2002 Le Mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem, Rebecca Zlotowski a signé en 2010 le film Belle Epine. Quant à James Franco, son court métrage, The Clerk's Talea, a fait la clôture de la Semaine de la critique 2010.

Deux réalisateurs philippins Lav Diaz et Adolfo Alix Jr ne sont pas des inconnus des festivals internationaux mais participent pour la première fois au festival de Cannes.

De quoi méditer en attendant la révélation des sections parallèles du Festival de Cannes la semaine prochaine.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes
[Cinéma - Festival de Cannes 2013] A vos affiches ! prêts ? Annoncez !

Source : Le festival de Cannes. Crédit photos / vidéos : Le Festival de Cannes, Getty Images

Comme tous les ans, le ballet du Festival de Cannes est bien réglé. L’officielle ouvre, les parallèles suivent. Ce sera vrai d’ici quelques jours pour les programmations annoncées entre le 18 avril 2013 et le 24 avril 2013, c’est une réalité pour les affiches qui viennent d’être dévoilées. Panorama des sélections officielles et parallèles du Festival de Cannes 2013 et de leur affiche.

Le choix d’une affiche, pour l’événement le plus médiatique du monde, est tout un symbole, et chaque sélection la compose avec soin cherchant tour à tour, symboles, continuités et ruptures.

L’affiche officielle du Festival de Cannes a été réalisée par l’agence Bronx. Sur la base d’un cliché pris sur le tournage du film A new Kind of love de Melville Shavelson en 1963, elle met en scène couple mythique, à l’écran comme à la ville, Joanne Woodward et Paul Newman. C’est à la fois une référence, un hommage et un aspect glamour que le Festival de Cannes cultive. La programmation des sélections officielles du Festival de Cannes (sélection officielle en compétition, sélection officielle hors compétition, séances spéciales et Un Certain Regard) sera annoncée le jeudi 18 avril 2013.

La Quinzaine des Réalisateurs, sélection non compétitive et ouverte au public du Festival de Cannes, existe depuis 1969. Elle est organisée par la Société des Réalisateurs de Films (S.R.F.) et dirigée depuis l’an dernier par Edouard Waintrop. Elle a pour objectif de présenter des filmographies plus rares. L’affiche de la Quinzaine des Réalisateurs 2013, conçue par Michel Welfringer, a été réalisée d’après une photographie de Cécile Burban. Elle représente deux personnages au milieu du désert évoquant le mythique Far West, l’actualité, l’aventure, le repérage en cinéma au sens propre comme au sens figuré … un condensé de cinéma du monde entier qui sera proposé en un peu plus d’une vingtaine de longs métrages. La sélection de la Quinzaine des Réalisateurs 2013 sera annoncée le mardi 23 avril 2013.

La Semaine de la critique, autre section parallèle indépendante du Festival de Cannes organisée par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma existe, quant à elle, depuis 1961 et s’est spécialisée dans l’aide aux jeunes cinéastes avec la présentation du premier ou du second long métrage d’un réalisateur. La sélection est dirigée depuis l’an dernier par Charles Tesson. Pour cette 52ème édition, la Semaine de la Critique a choisi, pour la deuxième année consécutive, le portrait d’une jeune comédienne d’un film programmé dans l’édition précédente. Stéphanie Sokolinski alias Soko, actrice éponyme d’Augustine, premier long-métrage d’Alice Winocour, a été retenue pour symboliser la jeunesse des œuvres présentées. La programmation de la Semaine de la Critique sera annoncée le lundi 22 avril 2013.

L’ACID (association du cinéma indépendant pour sa diffusion) possède sa propre programmation au Festival de Cannes depuis 1993. Dirigée par Fabienne Hanclot, elle propose de découvrir des longs métrages, documentaires ou fictions, productions indépendantes françaises ou internationales, avec ou sans distributeur en France. Les films sont projetés en présence des équipes des films et de leurs parrains de l’association, lors de séances ouvertes au public. Pour l'affiche, l’ACID poursuit sa série des dessins en faisant appel cette année à l’artiste Simon Roussin, bien connu du monde de l’illustration et de la bande dessinée, comme pour mieux rêver en ces temps difficiles ? La programmation ACID Cannes 2013 sera dévoilée mercredi 24 avril 2013.

Sources : Quinzaine des réalisateurs / Semaine de la Critique / Association du Cinéma indépendant pour sa diffusionSources : Quinzaine des réalisateurs / Semaine de la Critique / Association du Cinéma indépendant pour sa diffusionSources : Quinzaine des réalisateurs / Semaine de la Critique / Association du Cinéma indépendant pour sa diffusion

Sources : Quinzaine des réalisateurs / Semaine de la Critique / Association du Cinéma indépendant pour sa diffusion

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine, #Europe
[Musique - Printemps des arts - Opéra de Monte-Carlo] Le printemps est déjà fini

La clôture de l’édition du Printemps des Arts 2013 se déroule comme elle s’était ouverte avec un portrait Beethoven interprété par le même trio d’artistes : François-Frédéric Guy au piano, Tedi Papavrami au violon et Xavier Philips au violoncelle.

Ce portrait s’intitule « Entre l’archiduc et d’autres seigneurs » et met en lumière les relations ambivalentes de Beethoven avec les princes et les grands du monde à travers la sonate n°8 pour violon et piano en sol majeur opus 30 n°3, la sonate n°5 pour violoncelle et piano en ré majeur opus 102 n°2 et le trio n°7 pour violon, violoncelle et piano en si bémol majeur « A l’Archiduc » opus 97.

« A l’archiduc » c'est-à-dire à l’archiduc Rodolphe, jeune élève de Beethoven. Le ton est donné. Le commanditaire ou le dédicataire est le dénominateur commun à ces trois œuvres composées respectivement en 1802, 1815 et 1810, Alexandre Ier de Russie pour la sonate violon/piano et la comtesse Marie Erdödy pour la sonate violoncelle/piano.

Entre indépendance, liberté de création et nécessité des commandes de l’aristocratie, Beethoven est tiraillé. Mais le simple fait que les œuvres soient encore jouées et magnifiquement interprétées comme elles l’ont été ce soir prouvent que Beethoven a su jouer de ce paradoxe.

En bis, le trio exhume une œuvre écrite par Beethoven quand il avait dix ans confirmant ce qu’il disait au Prince Lichnowsky en 1806 « Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi. Des princes, il y en a et il y en aura encore des milliers. Mais il n’y a qu’un Beethoven. »

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Europe, #Epoque moderne, #Mythe
[Musique - Printemps des Arts - Auditorium Rainier III] Barbe-bleue fait toujours peur

Pour l’opéra de Bela Bartok, le Château de Barbe-bleue donné en version de concert vendredi soir dans le cadre du Printemps des arts, il semblerait que le public ait adopté le début de la moralité du conte originel de Charles Perrault : « La curiosité, malgré tous ses attraits, coûte souvent bien des regrets ».

Tiers de salle à l’auditorium Rainier III pour écouter l’orchestre de Nice dirigé par Philippe Auguin, Matthias Goerne dans le rôle de Barbe-bleue et Michelle deYoung dans le rôle de Judith.

Entre le conte de Perrault et le texte théâtral de Dea Loher Barbe-bleue espoir des femmes, paru en 2001 en France, la figure et la fin de Barbe-bleue fluctuent énormément avec les époques allant du monstre sanguinaire à un actuel chausseur pour dame. Le Barbe-bleue de Bela Bartok présente lui aussi ses caractéristiques propres.

L’opéra en un acte d’une heure est précédé d’un prologue parlé, exécuté pour la circonstance par Sunnyi Melles. Contrairement au lieu originel du conte, le château se compose d’un hall qui distribue sept pièces à travers sept portes comme les sept péchés capitaux : les deux premières salles sont celles de la force (salle d’armes et salle des tortures), les trois suivantes, celles de la puissance (Trésors, vaisselle et mobilier, terres). Elles sont toutes maculées de sang.

L’avant-dernière pièce est celle des larmes. La dernière est celle de la claustration car contrairement au conte, point de sœur Anne, point de secours ni de salut en vue.

Je connaissais Matthias Goerne, je découvre Michelle deYoung. L’orchestre de Nice, très en retrait dans Traviata à Antibes, trouve toute sa puissance et toute sa précision sous la direction au millimètre de Philippe Auguin. La musique, la puissance de la voix de Michelle deYoung notamment, contribuent à faire monter l’angoisse. Nous sommes coincés dans ce hall imaginaire et la seule écriture musicale nous fait monter l’adrénaline. C’est la première fois qu’une version de concert d’un opéra me transporte à ce point !

Cher maître Perrault, désolé de vous contredire mais j’ai décidé de modifier légèrement votre moralité. « La curiosité, malgré tous ses dangers, coûte souvent bien des plaisirs » me semble ce soir bien plus approprié.

Le Château de Barbe-Bleue op. 11, BB 62 de Bela Bartok –Version de concert - Orchestre Philharmonique de Nice sous la direction de Philippe Auguin avec Matthias Goerne, baryton, Michelle DeYoung, mezzo-soprano et Sunnyi Melles, récitante

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