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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Peinture, #Europe, #Epoque contemporaine, #Lumière
© Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com/
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J'ai croisé la route des œuvres de Pierre Soulages pour la première fois en 1997 grâce au fonds régional d'art contemporain Provence Alpes Côte d'Azur qui, dans une exposition rétrospective sur ses acquisitions intitulée « Tableaux d'une histoire », présentait une pièce de Pierre Soulages.

A chaque fois que je pense à l’œuvre de Pierre Soulages, je ne peux m'empêcher de penser à une chanson de Barbara : «Et si le noir, pour moi, est couleur de lumière, la raison, que m'importe ! Et qu'elle aille en enfer».

Je suis en effet beaucoup plus sensible à la deuxième partie de la carrière de Pierre Soulages c'est à dire toute sa problématique sur «l'outre-noir». C'est dire que l'exposition Soulages XXIème siècle, présentée au musée des Beaux-arts de Lyon et proposant des œuvres récentes, réalisées entre 2000 et 2012, était taillée sur mesure pur moi.

Première surprise : la scénographie de l’exposition présente à l’entrée des salles sept peintures de l’artiste déjà présentées à Lyon et à la sortie trois œuvres nouvellement acquises par le musée.

Seconde surprise : au centre, il semble y avoir un nouveau tournant dans la carrière de Pierre Soulages où l’artiste expérimente encore et toujours : présence de blanc, juxtaposition de surfaces lisses et de surfaces en relief, collage, jeu de variétés de noir, etc.

J’attends désormais avec impatience l’ouverture du musée monographique qui lui sera consacré à Rodez, sa ville natale, et dont l’ouverture, retardée, est prévue pour mai 2014.

« Soulages XXIè siècle » - Exposition du 12 octobre 2012 au 28 janvier 2013 - Musée des Beaux Arts de Lyon

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Cirque, #Europe, #Extrême orient, #Mythe, #Enfance, #Adolescence, #Epoque contemporaine
[Cirque - Théâtre des Célestins - Lyon] Les tribulations d’un Melquiot en Chine

Je n'ai pas réfléchi plus de trois minutes quand j'ai voulu réserver des places de théâtre à Lyon. Alice de Fabrice Melquiot au Théâtre des Célestins ? Je me suis fié au nom du nouveau directeur d’Am Stram Gram, théâtre, enfance, jeunesse de Genève anciennement comédien associé à la Comédie de Reims, dont j’ai connu les œuvres pour le jeune public dans les scènes conventionnées notamment à Théâtres en Dracénie.

J'ai le visage qui s'est un peu allongé lorsque sur l’affiche la veille du spectacle, j'ai vu que le projet faisait intervenir de bout en bout le cirque contemporain chinois. Les prouesses techniques du cirque chinois, avec les rubans, les drapeaux, les assiettes et j'en passe m'ont toujours laissé de marbre.

Très inquiet, je me suis donc installé dans la salle. Alice au pays des merveilles dans la Chine urbaine actuelle ? Tel est le fruit de la collaboration entre l'écrivain Fabrice Melquiot, le metteur en scène Renaud Cohen et la troupe acrobatique de Tianjin. Le lapin blanc se presse de boîtes de nuit en boîtes de nuit et les valets taguent le nom de la Reine sur les murs de la ville.

Tout Alice défile devant nous par évocation et non de manière linéaire. Il faut connaître l’œuvre a minima pour goûter le spectacle.

Et Alice dans tout cela ? Ou plutôt les Alice car pour illustrer le passage de l’enfance à l’adolescence, deux Alice de taille différentes interchangeables se passent le relais comme si la première ne voulait pas grandir et que la seconde voulait régresser, rapetisser … « bois-moi ! » et « mange-moi ! »

L’extraordinaire travail de dramaturgie réalisé pour adapter Alice au monde du cirque est presque réussi. Je dis bien « presque » parce que certaines postures des circassiens chinois à la fin d’une prouesse technique semblent convier le public à applaudir, lequel public ne se fait plus prier pour applaudir tout le temps, à tout et à n’importe quoi, comme dans le cirque traditionnel.

A cette réserve près, Alice chez les circassiens ? Une réussite !

"Alice de Lewis Carroll, un cirque-poème" – Texte de Fabrice Melquiot d'après l'œuvre de Lewis Carroll - Mise en scène : Renaud Cohen - 1 h 30

[Cirque - Théâtre des Célestins - Lyon] Les tribulations d’un Melquiot en Chine

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Europe, #Epoque contemporaine
[Patrimoine - Lyon] Mangeons notre patrimoine !

Il n’est pas de patrimoine que bâti que diable ! Il a donc fallu que je me dévoue à un autre patrimoine et pas des moindres : la gastronomie lyonnaise.

Pour tester le patrimoine, rien de tel que les bouchons lyonnais. Et comme les choses sont bien faites, la chambre de commerce et d’industrie de Lyon en partenariat avec les bouchons lyonnais a créé un label qui garantit l’authenticité et la qualité.

Bref, après un communard (crème de cassis et vin rouge) qui m’a changé des kirs ingurgités en Bourgogne six mois plus tôt, je me suis lancé dans une enquête passionnante sur les mérites respectifs du saucisson à cuire nature, du saucisson à cuire pistaché et du saucisson à cuire truffé.

Ne souhaitant pas en rester là quelques tranches de Jésus, Rosette accompagnés de quelques grattons m’ont permis de tenir jusqu’à l’heure du diner où mon enquête s’est portée sur les fameuses quenelles, à la volaille, au brochet et sur les cardons, ce légume qu'on ne trouve qu'à Lyon.

Le lendemain, évidemment, l’andouillette, le saucisson brioché, le foie de veau et les œufs meurette fort agacés que je les ai boudés la veille, ont vivement protesté devant les fenêtres de mon hôtel et, étant homme de consensus …je me suis (re)mis à table.

Bien évidemment, une petite cervelle de canut en guise de dessert avec quelques incontournables pots lyonnais le tout sur une nappe à carreaux rouge et blanche m’ont permis de terminer l’année avec quelques quintaux supplémentaires, ruinant en moins de cinq jours, six mois d’efforts à la piscine. Que la vie est mal faite !

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine
[Musique - Orchestre national de Lyon - Auditorium - Lyon] Concert du … futur nouvel an

De l’extérieur, la salle Maurice-Ravel dans le quartier de La Part-Dieu, dédiée depuis 1975, à l'orchestre national de Lyon, peut surprendre. A l’intérieur de la salle, il en va tout différemment, acoustique excellente, sièges confortables, espace entre deux rangs idéal pour les grandes jambes.

Nous avons décidé d’assister au concert du nouvel an le … 29 décembre soit deux jours avant la belle mort de l’année en sursis, il faut dire que nous sommes deux allergiques aux festivités « langues de belle-mère, cotillons, chenilles et embrassades sous le gui ». Bref, nous ne « goûtons pas le festif » et n’en sommes pas peu fiers.

Trois destinations musicales pour ce concert « festif » dans son genre : la France avec Jacques Offenbach et Saint-Saëns, l’Espagne avec Pablo de Sarasate et enfin Vienne, au rythme des valses pour ne pas renier entièrement la tradition.

Le chef d’orchestre japonais Yutaka Sado est venu diriger l’orchestre de Lyon qui a accompagné l’invitée d’honneur : la violoniste lettone Baiba Skride, lauréate du concours Reine Élisabeth.

Avalanche de bis pour fêter la nouvelle année et avalanche d’applaudissement pour le Pizzicato polka et le Tric trac polka de Johann Strauss toujours extrêmement porteurs.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Urbanisme, #Europe, #Epoque contemporaine
[Urbanisme - Lyon] Pérégrinations urbaines : une perversion ?

Je le confesse … j’ai un vice … j’adore me promener dans des quartiers en rénovation urbaine comme pour capter les derniers instants de l’esprit d’un quartier qui est en train de disparaître. J’aime y revenir quelques années après pour essayer d’y retrouver des traces de l’avant.

Lyon est de ce point de vue une ville idéale par deux des énormes chantiers de rénovation urbaine que représentent le quartier des confluences et le quartier Mermoz.

Les 150 hectares du site Lyon Confluence, longtemps consacré à l’industrie et aux transports, a pour objectif à terme de doubler la superficie de l’hyper-centre de l’agglomération. La première phase initiée depuis 2003 concerne le quartier de Sainte-Blandine (désenclavé grâce au tramway), les bords de la Saône, l’hôtel de la région Rhône-Alpes, la pointe de la presqu’île et à l’extrême sud, le musée des confluences. Ce premier secteur sera distribué en trois tiers aux logements, aux activités de loisirs et services et enfin aux commerces. La seconde phase, encore à traiter, qui concernera la pointe la plus au sud sera à la fois réservé aux logements et aux activités de commerce.

Reste à sortir le musée des confluences de l’imbroglio dans lequel il est plongé.

Le quartier Mermoz a un autre objectif : il doit reconfigurer l’entrée Est de l’agglomération, sur le 8ème arrondissement de Lyon et la commune de Bron. Il permettra ainsi de maîtriser les flux de circulation (moins de voitures) tout en améliorant la qualité de vie des riverains (réhabilitation de logements et création de zones commerciales).

En déambulant dans ces quartiers et en découvrant la ville nouvelle croquer petit à petit les vieux quartiers d’activités de Lyon, je ne peux m’empêcher de penser aux descriptions apocalyptiques de la rénovation urbaine dans La Guerre de Jean-Marie Le Clézio. Rendez-vous dans quelques années pour voir le résultat.

[Urbanisme - Lyon] Pérégrinations urbaines : une perversion ? [Urbanisme - Lyon] Pérégrinations urbaines : une perversion ? [Urbanisme - Lyon] Pérégrinations urbaines : une perversion ?

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Urbanisme, #Epoque moderne, #Europe
[Patrimoine - Lyon] Traboules de Lyon : de l’importance de la conjonction de coordination

A Lyon, une traboule est un passage traditionnel qui permet de passer d'un immeuble à un autre. Si les traboules sont fréquentes dans le vieux Lyon, beaucoup sont désormais fermées au public. Pour éviter de vaines recherches au risque de se casser le nez sur une porte avec digicode, j’ai repéré à l’office du tourisme de Lyon une visite guidée intitulée Le vieux Lyon renaissance et ses traboules.

Je ne suis pas très visite guidée. La dernière que j’ai acceptée, contraint et forcé, est celle des tribunes de l’abbaye de Conques et la guide, très architecture et peu « anecdotes pour bus à touristes », m’avait réconcilié avec les visites.

J’en avais oublié la conjonction de coordination « Le vieux Lyon renaissance ET ses traboules ». Résultat, petite visite en troupeau derrière un parapluie (je regarde si personne ne me voit) et passage obligé par l’incontournable horloge astronomique de la primatiale Saint-Jean-Baptiste au milieu de cinq groupes de 25 personnes. Pour meubler avant que ladite horloge ne nous exécute son numéro, discours et patati et patata sur le changement d’heure, sur le pauvre horloger à qui on a sans doute crevé les yeux (je ne sais pas, je n’écoute pas), etc. etc. Je hais les visites guidées.

Beaucoup plus intéressantes ont été les visites des traboules elles-mêmes. Le guide confirme que seulement quelques-unes sont ouvertes au public, notamment dans les immeubles où les copropriétaires ont signé un accord avec l’office de tourisme permettant l’accès moyennant quelques avantages sur l’éclairage ou l’entretien des parties communes. Evidemment, ce type d’accord ne concerne qu’une maigre franche des traboules.

Je comprends en déambulant dans les traboules de la ville comment une résistance active a pu se mener dans cette ville. Je repense également à la caricature qu’en font René Goscinny et Albert Uderzo dans Le Tour de Gaule d’Astérix.

Hormis les portes grillagées qui empêchent le touriste sans gène de s’inviter au café, je prends du plaisir à regarder cet enchevêtrement de rues, ces architectures intérieures, ces puits de lumières qui me plongent dans un film policier ou un film d'espionnage. A la dernière traboule et avant la dernière anecdote croustillante, nous prenons la tangente. Non ! Décidément ! Ce type de visite guidée ne me convient pas !

[Patrimoine - Lyon] Traboules de Lyon : de l’importance de la conjonction de coordination[Patrimoine - Lyon] Traboules de Lyon : de l’importance de la conjonction de coordination

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Europe, #Epoque contemporaine, #Mythe, #Amour, #Adolescence, #Jeune public
Danse - Opéra de Lyon] "Cendrillon" : éternelle et sans cesse nouvelle

Imaginez un enfant né au milieu des années soixante-dix qui a vu Cendrillon, la « sulfureuse » création de Maguy Marin à Lyon en 1985, revenir en décembre 2012 avec ses enfants pour revoir le spectacle qui a déjà usé dix distributions en 460 représentations. L’adulte de 2012 aura l’impression que le temps s’est arrêté.

Où sommes-nous exactement ? Dans une maison de poupées ? Dans un théâtre de marionnettes ? Dans un coffre à jouets ? Trois jours de montage sont nécessaires pour dresser le décor qui sert ce conte intemporel. Tous les danseurs portent masques et perruques les rendant tous anonymes. La marâtre et les deux sœurs engoncées dans d'épaisses combinaisons deviennent des monstres difformes. Cela fait aussi partie de la magie du spectacle que les bons soient beaux et que les méchants soient moches … ça rassure !

Danser avec cette carapace confère aux danseurs ce petit rien de raideur, de maladresse propre aux enfants ou aux jouets mécaniques. Quant à la bande-son, elle ponctue Prokofiev par des vagissements de bébé, histoire de nous faire régresser jusqu’au bout.

Avec Cendrillon, Maguy Marin a osé revisiter un conte universel ouvrant ainsi la voix à d’autres chorégraphes comme Angelin Preljocaj et son Blanche-Neige mais Maguy Marin restera dans l’histoire de la danse comme celle qui s’y est risquée la première et avec une œuvre qui, à son tour et une fois de plus, devient répertoire.

« Cendrillon » - Mise en scène et Chorégraphie : Maguy Marin - Musique : Serge Prokofiev

Danse - Opéra de Lyon] "Cendrillon" : éternelle et sans cesse nouvelle Danse - Opéra de Lyon] "Cendrillon" : éternelle et sans cesse nouvelle

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Epoque contemporaine, #Amérique du Nord, #Extrême orient, #Adolescence, #Nature
[Cinéma - Rialto - Nice] "Odyssée de Pi" : Mettez un tigre dans votre canot !

Se prénommer Piscine Molitor ne prédispose pas à une enfance sereine. Sauf à être un petit génie des maths au point de se confondre avec 3.14 et à se faire appeler Pi. Pi Patel, 17 ans, part de Pondichéry avec sa famille pour émigrer au Canada avec la faune du jardin zoologique de son père.

Le naufrage du cargo en pleine mer le laisse seul survivant à bord d'un canot de sauvetage. Seul ? Pas vraiment un zèbre, une hyène et ... Richard Parker, redoutable tigre du Bengale sont aussi du voyage. Seul l’équilibre de la terreur qu’ils s’inspirent mutuellement leur permettra de survivre à cette aventure incroyable.

Si mon amie Raymonde n’avait pas insisté, serais-je allé voir ce film ? Je pensais voir un film familial convenu et je découvre une odyssée servie par une utilisation de la 3D intelligente.

L’odyssée de Pi est un film riche, truffé d’idées, trop selon certains, mais pourquoi Ang Lee a-t-il eu besoin à la fin de son film de nous expliquer la parabole qu’il venait de nous mettre en scène ? Les spectateurs sont-ils aveugles pour ne pas décrypter les invraisemblances du récit et réfléchir au sens du conte qui nous est servi ?

Au lieu de nous donner l’heure, Ang Lee nous explique le fonctionnement de la montre ; cela gâche un peu le plaisir.

« L’Odyssée de Pi » - Film d'Ang Lee – Etats-Unis - 3D - 2 h 07

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Europe, #Epoque moderne, #Amour
[Musique - Opéra de Monte Carlo] Plus d’une carte dans sa … mancha !

Quelle belle table en ce 16 décembre 2013, Estelle Danière, Jean-Philippe Corre, Philippe Ermelier, Guy Bonfiglio et Fernand Bernadi soit huit rôles de l’Homme de la Mancha que j’ai vu cinq jours plus tard. Jean-Marc a mis les petits plats dans les grands pour l’occasion, ce n’est pas si souvent que l’on reçoit un quart de la distribution d’un opéra.

Heureusement que je les ai vus de près car ils sont tellement grimés qu’ils sont méconnaissables dans les geôles de l’inquisition.

L’histoire de L'Homme de la Mancha de Dale Wasserman met en scène le héros d’un roman (Don Quichotte, le chevalier à la triste figure), son fidèle Sancho Pensa et l’auteur Miguel de Cervantès alors emprisonné par l’inquisition. Cette double mise en abîme de l’auteur qui raconte à ses compagnons d’infortune le roman qu’il est en train d’écrire au point de se confondre avec son héros, de vivre son héros, d’être son héros, rend la comédie musicale popularisée par Jacques Brel assez plaisante.

Le public a l’impression de vivre la réalité d’un acte de création. La difficulté de l’exercice est de trouver des comédiens-chanteurs qui puissent à la fois porter le texte parlé et le texte chanté. Pari pour moi réussi, pour les plus sourds d’entre nous, beaucoup plus difficilement.

L’ingéniosité de la mise en scène de Jean-Louis Grinda qui joue avec les costumes ou les espaces amovibles pour nous faire sortir par le rêve de cette prison, fonctionne parfaitement. Il a décidément plus d’une carte dans sa … mancha !

« L'homme de la Mancha » - Comédie musicale écrite par Dale Wasserman (1914-2008) - Musique de Mitch Leigh (né en 1928)et paroles de Joe Darion (1917-2001) - Adaptation française du livret et des paroles par Jacques Brel

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Europe, #Epoque contemporaine, #Violence
[Danse - Monaco Dance Forum - Grimaldi Forum - Monaco] "Salves" : Ordre et chaos

Si je devais donner un sous titre à la pièce Salves de Maguy Marin, ce serait sans contexte ordre et chaos.

Les premières images semblent nous ramener aux origines : au milieu du silence, un à un, les danseurs s’extraient du public et tirent successivement sur un fil invisible, comme les Parques de la Grèce ancienne qui tiraient les ficelles de la vie. Sauf que contrairement aux trois Parques … ils sont sept, la transition judéo-chrétienne est faite.

Les danseurs apparaissent et disparaissent par des portes, des fenêtres, des trous, meurent et laissent la place à d’autres naissances. Ils construisent de manière récurrente d’énormes tables bien dressées, immaculées, dorées pour des banquets pantagruéliques qui virent à l’anarchie à la destruction générale, au retournement, avant même qu’ils ne se soient tenus ; on dirait qu’un cyclone est passé par là.

La scène violente de destruction d’une table bien dressée où ne manquent ni un chandelier, ni une petite cuiller, fait penser à ce double dessin de Caran d’Ache sur l’affaire Dreyfus. Ce dessin illustre un diner dans une famille bourgeoise en deux temps avant qu’ils ne parlent de l’affaire (« Surtout ! Ne parlons pas de l’affaire Dreyfus !» prévient l’hôte qui trône une table bien dressée) et après qu’ils en ont parlé (« Ils en ont parlé ! » précise la légende). Le lieu de convivialité devient l’arène des passions humaines : ordre et chaos.

Et pour insuffler de l’intelligence, de la poésie dans ce monde, pour organiser le pessimisme comme elle le dit, pour résister, Maguy Marin nous brosse successivement une fresque d’histoire des arts, convoquant des images bien ancrées dans notre imaginaire tirées du cinéma de la musique ou des arts plastiques. Illustration de la phrase écrite sur le tableau : «Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter».

Deux œuvres de Maguy Marin Cendrillon et Maybe sont d’ores et déjà entrées dans le répertoire, Salves devrait prochainement les rejoindre.

« Salves » - Conception : Maguy Marin en collaboration avec : Denis Mariotte - Durée : 1h10

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