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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #architecture, #Patrimoine, #Moyen âge, #Musique, #Photographie, #Religion, #Tourisme
Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Qui veut comprendre la subtilité monastique du Moyen-âge peut se rendre dans la Sarthe et aller à la rencontre de deux abbayes si proches et si lointaines à la fois : l’abbaye de Solesmes et l’abbaye de l’Épau. L’une vit encore au rythme des laudes, sexte, none, vêpres et complies tandis que la seconde a adopté un rythme plus touristique. Si elles sont toutes deux bénédictines, la clunisienne Solesmes est encore habitée par les moines tandis que la cistercienne abbaye de l’Épau appartient désormais au conseil général de la Sarthe.

La plus ancienne est l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes dont les origines remontent à 1010. La charte de fondation est confirmée le 30 mars 1073 par Guillaume le Conquérant, suzerain du nouveau seigneur de Sablé, Robert le Bourguignon. Le Templier Robert de Sablé, seigneur de Sablé, grand-maitre de l'Ordre du Temple et compagnon de Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade lui fait don d’une partie des redevances. La  dalle funéraire de ce généreux bienfaiteur est d’ailleurs toujours  visible dans l'église abbatiale.

L'abbaye de l'Épau est en revanche fondée en 1229 par la reine Bérangère veuve de Richard Cœur de Lion décédé trente ans pus tôt. Agée de 59 ans âge respectable pour l’époque, elle cherche à s’attirer avant de succomber les grâces du Très Haut qui la fera d’ailleurs passer de vie à trépas l’année suivante lui permettant de rester définitivement dans l’abbaye qu’elle a fondée.

La révolution vide les lieux de ses occupants : l’abbaye de Solesmes devient la maison de campagne d'un certain Henri Lenoir de Chantelou tandis que l’abbaye de l’Épau est transformée en gigantesque hangar agricole. Le cloître disparaît vers cette époque.

L'abbaye de l’Épau qui a failli disparaitre à plusieurs reprises se trouve définitivement sauvée par le conseil général de la Sarthe qui l’acquiert en 1958. L’abbaye de Solesmes connaît une autre trajectoire. Le 11 juillet 1833 la vie monastique reprend au prieuré de Solesmes grâce à un groupe de jeunes prêtres du diocèse du Mans emmenés par l'abbé Prosper Guéranger. Ré-expulsés au moment de la séparation de l’Église et de l’État, les moines ont la permission de revenir au cours de l'année 1922 accueillant plusieurs personnalités par la suite notamment le poète Pierre Reverdy.

L’une comme l’autre, les deux abbayes ont une mission culturelle désormais assumée dans le siècle : celle de Solesmes, haut-lieu du chant grégorien, est également connue pour les nombreux enregistrements de musiques ancienne et baroque. Si elle ne se visite que très partiellement, elle ouvre les portes de son église abbatiale pour une simple visite patrimoniale entre deux offices ou pour lesdits offices. Seul bémol, les moines que le public croise  semblent porter toute la misère du monde sur leurs frêles épaules et ça a l’air plutôt lourd à l’exception de celui qui officie au magasin et qui doit livrer quotidiennement un combat contre le démon  qui le harcèle : l’ordinateur relié à sa caisse enregistreuse.

L’abbaye de L’Épau a choisi une autre voie : des expositions photographiques accueillent le visiteur. Si abondance de biens ne nuisait pas, l’abbaye de l’Épau pourrait sembler de ce point de vue exceptionnelle. Mais le parti pris de l’accumulation d’expositions diverses et variées dans le dortoir des moines, l’église abbatiale, le scriptorium, la salle capitulaire et les jardins frise l’indigestion. Les différentes expositions sont inégales, quelques unes montrent un certain intérêt mais rien ne semble les rattacher au lieu dans lequel elles se trouvent, comme si elles étaient étrangères  en ce monde, comme une greffe qui ne prendrait pas, comme une paire de guêtres à un lapin.

Cependant, ni la mélancolie des moines de l’une, ni la surexposition de l’autre ne sauraient  détourner            le public de ces deux lieux qui invitent au calme, à la retenue et à la méditation.

abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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