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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour
17èmes Musicales du Trophée à La Turbie - Concert Richard Wagner

17èmes Musicales du Trophée à La Turbie - Concert Richard Wagner

Il fallait oser… ils l’ont fait. Pour son premier concert, l’association Ars Viva dans le cadre des 17èmes Musicales du Trophée à La Turbie n’a pas lésiné. Douze musiciens, pas un de plus pas un de moins et une Mezzo soprano dirigés par la facétieux Fabrice Pierre ont interprété des œuvres de Richard Wagner dans l’église Saint-Michel de La Turbie.  Difficile de dire lequel des deux exploits est le plus osé : jouer des œuvres de Richard Wagner en formation de poche ou faire résonner des héros païens (Prélude et Mort d’Isolde et le Siegfried Idyll) et louer les amours coupables sous-tendues par les Wesendonck Lieder dans un édifice consacré. L’ensemble était présenté comme d’habitude par la talentueuse Annick Fiaschi-Dubois.

S’il est un lien entre les trois pièces proposées, c’est bien l’amour mais l’amour sous toutes ses formes. Amour paternel avec Siegfried Idyll, composé pour la naissance de Siegfried Wagner son troisième enfant conçu avec Cosima von Bülow en juin 1869. Amours coupables avec les Wesendonck Lieder, écrits sur des poèmes de Mathilde Wesendonck, femme d'un des mécènes de Wagner et fruits de leur… très étroite relation dans la serre. Et enfin amours impossibles avec le Prélude et la Mort d’Isolde.

Si certains nourrissaient des doutes légitimes sur l’interprétation, la prestation de l’orchestre de poche a fait merveille emplissant l’édifice baroque d’une musique que ses occupations habituelles ne lui laissent pas le temps d’écouter. Les douze musiciens majoritairement issus de l’orchestre philharmonique (Liza Kerob et Gianni-Battista Ermacora  au violon, Federico Hood à l’alto, Thierry Amadi au violoncelle, Mariana Vouytcheva à la contrebasse, Noëlle Fichou-Vera à la harme, Raphaëlle Truchot-Barraya à la flûte, Mathieu Bloch au hautbois, Michel Mugot au basson, Didier Favre au cor et Gérald Rolland à la trompette) ont prouvé que le grand Richard était soluble dans le nombre.

Hormis Siegfried Idyll composé dès l’origine pour 13 musiciens, les deux autres œuvres nécessitent un effectif plus important  et une Mezzo Soprano. Pauline Loncelle entourée par les musiciens donne corps à Isolde et redonne vie à Mathilde Wesendonck. Son interprétation est parfaite et l’équilibre entre musiciens et chanteuse est idéale. Il est impressionnant de constater en tant que spectateur que les réactions que provoque la Mort d’Isolde sont intactes quel que soit l’effectif.

Enfin, si d’aventure la Mort d’Isolde vous a plongé dans une profonde mélancolie, retournez au curriculum vitae du facétieux Fabrice Pierre et parcourez le. Vous y apprendrez entre autres qu’il mène une double carrière (bien connue sous le nom de carrière de Pierre) ou encore qu’il a toujours été apprécié tant pour ses interprétations raffinées et rigoureuses que pour l’appétit et le bon goût avec lesquels il affronte les périls liés aux diners après-concerts (sic) ou enfin qu’il est invité dans de grands festival internationaux (Kuhmo, Prades, … Evian, Vichy et San Pellegrino).

Émotions, talents et humour, quelle merveilleuse soirée !

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