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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Europe
Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’heure est décidément à l’oxymore en Principauté. Après une ouverture de la saison lyrique avec un film… muet, le printemps des Arts se risque à un concert de clôture tout en ouvertures… celles d’Hector Berlioz. Dirigé par Kazuki Yamada, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo mettait en outre un de ses membres, la super-soliste Liza Kerob à l’honneur avec Rêverie et Caprice, Opus 8 H 88.  Le concert était précédé comme il se doit par les cinq minutes contemporaines avec la Sonate pour alto, Hora Lungâ de György Ligeti avec Ieva Sruogyte à l’alto.       

Si l’alto est rarement mis à l’honneur, il a retrouvé ses lettres de noblesses grâce aux interprétations successives d’Adrien La Marca dans Harold en Italie (http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/04/musique-printemps-des-arts-monaco-je-ne-veux-que-berlioz-et-moi.html) et celle, plus fugace mais non moins intéressante, de Ieva Sruogyte dans la sonate pour alto, Hora Lungâ de György Ligeti. Le concert de ce soir permet d’ailleurs d’entendre à nouveau l’ouverture des Francs-Juges opus 3 dans une tout autre configuration. Un festival présente aussi cet avantage de faire entendre différentes versions d’une même œuvre à des dates rapprochées.  

Encore une fois ce portrait sonne juste. Il témoigne du bouillonnement intérieur qui anime Hector Berlioz, de sa fougue, de sa promptitude à innover, à inventer et de ses rapports compliqués avec le public de son temps. Le journaliste britannique Saki alias Hector Hugh Munro disait non sans humour Ne soyez jamais un précurseur : c'est toujours au premier chrétien qu'échoit le plus gros lion. Hector Berlioz aurait pu faire sienne cette maxime tant il a dû créer, détruire, adapter, batailler pour imposer son style. Outre l’ouverture des Francs-juges, seul vestige d’un opéra désormais disparu, Rob Roy, ouverture, H 54 inspiré du roman éponyme de Walter Scott, faillit subir le même sort. Longue, diffuse fort mal reçue du public et que je brûlai le même jour en sortant du concert rapporte le compositeur lui-même. Fort heureusement, une copie a survécu.

Benvenuto Cellini, opéra créé à Paris le 10 septembre 1838 fut lui-aussi très mal accueilli éloignant Berlioz de la scène pour longtemps. Franz Liszt sauvera l’œuvre en la dirigeant en 1852 à Weimar dans une version en trois actes remaniée par Hector Berlioz lui-même. Le remaniement touche aussi Les Troyens à Carthage. Jamais jouée du vivant de Berlioz, l’œuvre est  scindée en deux : La Prise de Troie d’un côté (actes 1 et 2 de la pièce initiale) et Les Troyens à Carthage (acte 3,4 et 5) auquel est ajouté un prologue orchestral qui est joué ce soir. Enfin Rêverie et Caprice, Opus 8 H 88 est une pièce elle-même tirée d’un aria pour Teresa au premier acte de Benvenuto Cellini adapté par Hector Berlioz.

Seules trois pièces données ce soir nous sont parvenues telles qu’elles avaient été prévues à l’origine : Waverley, grande ouverture, Opus 1 H 26, poème symphonique inspiré du roman de Sir Walter Scott, Le roi Lear, grande ouverture, Opus 4 H 53 inspirée de la pièce de William Shakespeare et l’ouverture de l’opéra Béatrice et Bénédict, créé en 1862.

Réentendre ces ouvertures, prologues et autres pièces permettent de comprendre la passion d’Hector Berlioz pour  William Shakespeare, Walter Scott, l’Antiquité ou encore l’Italie de la Renaissance. Le concert nous plonge dans le bouillonnement intellectuel qui accompagne Hector Berlioz. La musicalité de Liza Kerob, le talent incontestable de Kazuki Yamada pour la direction de la musique française font merveille mais il fallait une connaissance fine de la musique d’Hector Berlioz pour se repérer dans un programme dont l’ordre des pièces avait été changé au dernier moment. Ce fut le seul bémol de la soirée.

Monaco - Printemps des Arts - Kazuki Yamada et l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Printemps des Arts - Kazuki Yamada et l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Printemps des Arts - Kazuki Yamada et l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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