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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Opéra, #Amour, #Violence, #Littérature, #mort
« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Visiblement, le roman de Nikolai Leskov écrit en 1865 Lady Macbeth du district de Mtsensk (Леди Макбет Мценского уезда) a le vent en poupe. Comme la vraie Lady Macbeth, Lady Macbeth du district de Mtsensk planifie les meurtres mais ne cède pas à la folie, comme Madame Bovary de Gustave Flaubert dont elle est la contemporaine, elle s’ennuie et ne connaît pas franchement l’extase auprès de son mari.

Il n’est donc pas étonnant que l’opéra se soit emparé de cette empoisonneuse par l’intermédiaire de Dmitri Chostakovitch sur un livret d'Alexandre Preis et du compositeur avec Lady Macbeth du district de Mtsensk ou plus simplement Lady Macbeth de Mtsensk ; cet opéra en quatre actes créé le 22 janvier 1934 au Théâtre Maly de Léningrad  subira cependant les vicissitudes du stalinisme avant de connaître une renaissance récente (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/05/musique-opera-de-monte-carlo-monaco-loin-de-nous-empoisonner-lady-macbeth-de-mtsensk-fascine.html).

Le cinéma s’empare dès 1961 du personnage avec Andrzej Wajda et sa Sibirska Ledi Magbet (Lady Macbeth sibérienne) ou en 1994 avec Valeri Todorovski et  Katia Ismailova. William Oldroyd rapatrie en 2017 The young Lady sur les terres britanniques en suivant le destin de  Katherine.  Katherine qui  mène une vie malheureuse dans l’Angleterre rurale du milieu du XIXème, fuit un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge en tombant amoureuse d’un palefrenier.

Le grand intérêt de toutes ses versions consiste à comparer le contexte et les variations d’une histoire à l’autre. Les permanences y sont : l’héroïne se prénomme Catherine, c’est une femme en mal être avec un époux absent qu’elle n’a pas choisi,  elle s’ennuie ferme dans sa maison, elle est dotée d’un beau-père acariâtre, elle est prête à tout pour vivre un amour passionné, elle empoisonne presque par inadvertance le premier gêneur puis  planifie plus froidement le reste des exécutions.

En revanche, la fin diffère d’une adaptation à l’autre. La déportation et le goulag font irruption chez Dmitri Chostakovitch et l’héroïne trompée se fait une dernière fois meurtrière avant de se suicider. Katherine, The young Lady est filmée de manière très académique se plaçant toujours dans un cadre qui l’enserre constamment. Elle se situe à mi-chemin entre la folie de la vraie Lady Macbeth et l’anéantissement de Katerina Lvovna Ismaïlova : elle se fait plus cynique. Sa folie sera le cynisme et son anéantissement sera l’ennui.

 

 

« The young Lady » - Drame de William Oldroyd avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton – Royaume-Uni - Date de sortie : 12 avril 2017 – Durée : 1h 29min

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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