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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Amour, #Jalousie
"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le théâtre de la fin du XVIIIème avait inventé le drame bourgeois, Yasmina Reza nous invente le drame bobo. Cinq personnages  occupent la scène Boris, chef d’entreprise et  Andrea, sa maîtresse d’un côté, Françoise l’amie de sa femme, Eric, son mari et Yvonne sa belle-mère de l’autre. Tous ont eu l’idée de venir diner dans ce restaurant isolé recommandé par la femme de Boris, Andrea le lui reprochant assez.

D’un côté deux personnes souhaitent se retrouver, s’isoler, de l’autre trois personnes fêtent l’anniversaire de Maman et belle Maman. Le nœud du problème est d’une évidence, d’une clarté, d’une simplicité biblique. Que va dire Françoise à Madame ? Que va dire Boris à sa femme ? Le reste n’est que bavardage, c’est bien gentil mais c’est simpliste.

La pièce écrite par Yasmina Reza pour Thomas Ostermeier est aussi mince qu’une feuille de papier bible à la simplicité légendaire, confine parfois à l’indigence. L’écriture est soit attrape-tout soit terriblement cliché : le radotage d’Yvonne, son Alzheimer naissant, la scène de cul dans les chiottes ou les pauses-pipi sur le trône pour choquer le bourgeois, la mare aux grenouilles, le restaurant en plein-air, la maîtresse un peu vulgaire, le mari peu courageux, le fils à maman, etc.

Fort heureusement, la mise en scène de Yasmina Reza est bien plus inspirée que son écriture. Rien de révolutionnaire les scènes d’intérieur et les scènes d’extérieur se succèdent avec un changement à vue dans la pénombre au rythme de vidéo-clips sonores. La scénographie est sobre mais efficace. Les acteurs parfaitement dirigés, sont tout aussi efficaces : Emmanuelle Devos tient la pièce en gentille mégère à apprivoiser, Camille Japy se fait raide comme un piquet, Louis-Do de Lencquesaing incarne le mâle dans toute son horreur, Micha Lescot la victime consentante, Josiane Stoleru est étonnante de vérité en vieille dame radoteuse bourrée de tocs.

La salle se vide un peu, ceux qui restent regardent tranquillement leur montre, ce n’est pas que la soirée soit mauvaise mais ce n’est pas le type de spectacle qui marquera les esprits. Le drame bobo est à la hauteur de ceux qu’il représente : surfait ou factice.

"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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