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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Amérique du Nord
Monaco - Les Mardis du Cinéma - Archives audiovisuelles de Monaco - "Le Faux Coupable" d'Alfred Hitchcock ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Les Mardis du Cinéma - Archives audiovisuelles de Monaco - "Le Faux Coupable" d'Alfred Hitchcock ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sorti en 1956, le Faux Coupable d’Alfred Hitchcock s’inspire d’un événement réel popularisé par Life magazine le 29 juin 1953 : le drame familial de la famille Balestrero se retrouvant du jour au lendemain au centre d’un imbroglio juridique, le chef de famille étant accusé, confondu, arrêté, jugé d’une série de hold-up sans qu’il puisse prouver son innocence.

Le Faux Coupable d’Alfred Hitchcock fut un échec commercial et d’ailleurs il se fait rare sur les écrans. Est-ce le fait que les jeux sont faits dès le titre que rien ne va plus ? Alfred Hitchcock semble tuer le suspens lui-même en ôtant d’entrée tout doute. Pire ! La recherche même du caméo (apparition fugace dans un récit d'un acteur, d'une actrice, du réalisateur ou d'une personnalité, déjà célèbre) est vaine car Alfred Hitchcock apparaît d’entrée de jeu  en plongée et s’adresse au spectateur.

L’essentiel est ailleurs car ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le maître du suspens prend à contrepied ses plus fervents partisans : tout le mode connaît l’identité de Frenzy mais chacun espère secrètement qu’il se fasse pincer, nul ne doute de l’innocence de  Barry Kane dans Cinquième Colonne et pourtant le film fonctionne et n’est pas un échec. La distribution ne l’explique pas davantage : Henry Fonda est magnifique en Christopher Emmanuel Manny Balestrero à la fois accablé et battant. Vera Miles (Hallie Stoddard dans L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford) n’hérite pas du rôle le plus facile en femme d’abord combattive puis entièrement dépressive.

Revoir Le Faux Coupable sur grand écran permet de se remémorer et d’analyser les ficelles hitchcockiennes de construction du suspens : à voir le nombre de sur-cadrages sur Henry Fonda, le spectateur se dit que la partie est loin  d’être gagnée. A voir le nombre de séparations dans le film entre Henry Fonda et Vera Miles, le spectateur se doute que le drame dans le couple n’est pas loin. Le cinéphile est frappé des similitudes dans certains plans avec Un condamné à mort s’est échappé de Robert Bresson sorti la même année : même manière de filmer l’enfermement, même manière de filmer en gros plans les éléments de la cellule et de faire  le lien entre les détails de la cellule et la prisonnier comme s’ils ne faisaient qu’un.

Dans la filmographie d’Alfred Hitchcock le Faux Coupable est souvent l’oublié. Le public présent se soir là au théâtre des Variétés représente  en tout cas le faux coupable de son oubli.

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