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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Enfance, #Violence, #Bad boys
Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le film débute dans un appartement se poursuit dans une voiture et il faut en profiter. Déjà les trains filent à plus ou moins grande vitesse, la voiture aussi, les lignes électriques partent vers un horizon lointain puis sont découpées par la prise de vue. Arrivée à Fleury-Mérogis sous une chaleur accablante, fin des grands espaces qui se sont déjà révélés fort minces et début de ces parcours brisés que les lignes électriques nous ont symboliquement fait entrevoir. 

Une dizaine de femmes, une petite fille et un seul homme prennent leur mal en patience pour accéder aux trente minutes de parloir réglementaires. Ils viennent voir qui un frère, qui un fils, qui un mari ; certains autres viennent voir quelqu’un sans que le spectateur n’en sache plus car l’essentiel du propos du film est ailleurs.  Ils sont de différentes origines, certains se connaissent de la cité, d’autres de la prison. Parmi eux se trouvent une novice, dont la simple apparence tranche avec les autres, et ceux qui ont suivi par le menu l’affaire d’Outreau se remémorent immédiatement Christine Martel, la femme du chauffeur du taxi qui pendant des années viendra régulièrement soutenir son mari.

Ils sont libres et pourtant ils sont enfermés : ils ne sont pas libres de leurs mouvements, pas libres de leur temps, pas libres de choisir, ils sont sous la loi des matons, régis par les codes de la prison, par son rythme, par ses mesures de sécurité. Et dans ce milieu contraint, Rachida Brakni alterne les scènes intimes et les scènes de groupe, filme les tensions générées par ces dynamiques de groupe particulières où les fous-rires, les règlements de compte de quartier, la solidarité, les règlements de compte familiaux se succèdent sans ordre logique visible.  

Le film de Rachida Brakni emprunte beaucoup au théâtre. Il convoque l’imaginaire de la petite fille qui se personnifie dans une sorte de père fantasmé lui venant régulièrement en aide. Le film fait indéniablement penser à Huis-Clos de Jean-Paul Sartre. Si les purs cinéphiles jugeront sans doute le film trop théâtral, les amateurs de théâtre y retrouveront certaines références et se remémoreront la tirade de Garcin : Alors c’est ça l’enfer. Je n’aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril… Ah ! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : L’enfer c’est les Autres. S’ils la connaissaient, les personnages du film pourraient presque se sentir soulagés que la réplique d’Inès n’ait pas de sens ici : Morte ! Morte ! Morte ! Ni le couteau, ni le poison, ni la corde. C’est déjà fait comprends-tu ? Et nous sommes ensemble pour toujours.

 

« De Sas en sas » - Drame de Rachida Brakni avec Samira Brahmia, Zita Hanrot, Fabienne Babe – France - Date de sortie : 22 février 2017 – Durée : 1h 22min

Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Angelilie 27/02/2017 15:39

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement. au plaisir