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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Enfance, #Adolescence, #Urbanisme, #Violence, #Amour
"Moonlight" - Barry Jenkins - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Moonlight" - Barry Jenkins - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Comment parler d’un film sur les non-dits, les tabous, les frustrations qui apparaissent dans la construction du récit sans en déflorer les effets ? L’exercice se révèle  particulièrement délicat. Moonlight est une torture de présentation.

Ils s’appellent tour à tour Little, Chiron et Black et Barry Jenkins filme cette vie à trois temps : le temps de l’enfance, le temps de l’adolescence et la maturité. Moonlight suit le parcours de cet afro-américain des ghettos de Floride, sans père avec une mère en souffrance.  Quel que soit le surnom, le personnage est le même et il se pose à la fois en continuité et en rupture par rapport à son état antérieur. Moonlight est l’histoire d’une métamorphose.

Moonlight met en avant la question de la rencontre et des choix de l’existence. Little n’a pas de père mais il a Juan, le truand pédagogue, il n’a pas de mère mais il a l’amour de Paula qui le suivra à l’adolescence et au-delà. Chiron a un ami Kevin mais être souffre-douleur expose l’amitié à bien des dangers. Moonlight est une réflexion sur la place de l’individu dans le groupe.

Ghetto, afro-américain, absence du père, dealer, mère toxicomane, quel bel ensemble de poncifs et autres clichés cela aurait pu faire sauf que Barry Jenkins suit tous les codes du genre pour mieux jouer sa petite musique sur une partition personnelle qu’il nous dévoile lentement.  Moonlight manie beaucoup l’ellipse et joue beaucoup sur les non-dits. Moonlight est un film sur la patiente construction de la personnalité.

Moonlight est très sonore, Moonlight est souvent violent, Moonlight joue sur les tensions et les codes d’éducation en milieu hostile. Barry Jenkins instille énormément de tendresse en contrepoint. Little cherche la tendresse de Paula, Chiron cherche sa tendresse comme tous les adolescents mais quelle tendresse manque t-il à Black à l’âge adulte ?

Barry Jenkins dévoilera quelques pistes en fin de film mais se gardera bien d’en dire trop… comme ses personnages du reste.

 

« Moonlight » - Drame de Barry Jenkins avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes – États-Unis - Date de sortie : 1 février 2017 - Durée : 1h 51min

Cinéma Rialto - Nice Cinéma Rialto - Nice

Cinéma Rialto - Nice

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