Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts appliqués, #Enfance, #Adolescence
Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Avec David Lynch : The Art Life, Jon Nguyen et Rick Barnes (XVII) dressent un portrait aussi ambigu, aussi surprenant que le cinéaste américain peut l’être. Le format peut déranger : le film retrace la première partie de la vie de David Lynch de sa naissance dans le Montana en 1946 à la réalisation d’Eraserhead (Labyrinth man) en 1976. Le documentaire évite ainsi soigneusement les années fastes de l’auteur et son entrée dans la cour des grands. Il plonge en revanche dans les années de construction de son imaginaire.  

Qui a vu l’exceptionnel Tarnation de Jonathan Caouette en 2003 trouvera a priori cette rétrospective fort sage avec un David Lynch qui narre en voix tantôt off tantôt in son parcours. La linéarité du documentaire déséquilibre un peu le spectateur au départ qui s’attendait à une production plus déconstruite, mélangeant les époques, faisant apparaître différentes strates spatio-temporelles. Mais non ! Le film suit sa ligne chronologique, poursuit David Lynch du Montana à l’Idaho puis sur la côte Est avant la grande épopée de la côte Ouest, hybride les images d’archives avec le travail actuel de David Lynch dans son atelier en présence de sa fille.

Il se trouve que l’intérêt du film est ailleurs. Le film se construit comme un véritable jeu de piste dont le centre de production n’est autre que l’atelier de l’artiste lui-même. Que nous donne à voir cet atelier ? Un triptyque de Jérôme Bosch au mur, des œuvres tripartites de David Lynch qui entrent souvent en écho avec  ledit triptyque. Et surtout David Lynch au travail, David Lynch dans la conception de ses œuvres plastiques, premières concrétisations de l’univers en élaboration tout droit sorti de son imaginaire. Et le David Lynch rétif à l’école, rétif aux devoirs, rétif à la discipline, rétif aux cadres, rétif à tout ce qui peut brimer son imaginaire, sa créativité prend ici tout son sens.

Toute allusion prend corps dans ce documentaire comme tout objet fait sens dans les films de David Lynch : ils sont autant d’indices, de clés pour pénétrer dans l’histoire, pas forcément la comprendre mais y pénétrer. L’atelier d’abord, lieu refuge d’un artiste qui à l’évidence ne se sent pas à l’aise en extérieur. L’atelier est au centre des préoccupations de l’artiste comme lieu d’isolement et de réflexion à l’instar de ses grandes écuries abandonnées de l’école californienne qui verront la naissance d’Eraserhead (Labyrinth man).

Mais ce ne sont pas les seuls indices du documentaire. Le film jonche toute la linéarité du récit d’indices qui évoquent  immédiatement les films cultes à venir. David Lynch est souvent filmé plongé dans ses méditations comme la plupart de ses personnages futurs. Il est nimbé de la fumée de cigarette comme les brumes d’Elephant Man, il parle dans un micro ancien et chacun s’attend à un moment à le voir entonner Blue Velvet. Ses constructions plastiques, ses modelages évoquent Dune.  En fait toute la construction repose sur les objets, les indices qu’il faut savoir repérer comme dans Mulholland Drive ou Inland Empire.

En un mot, si le film paraît linéaire il n’est jamais loin de Lost Highway.

 

 

« David Lynch : The Art Life » -  Documentaire, Biopic de Jon Nguyen, Rick Barnes (XVII) avec David Lynch – États-Unis - Date de sortie 15 février 2017 – Durée : 1h 30min

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Commenter cet article