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un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Epoque contemporaine, #Europe
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Bonne nouvelle le cinéma allemand est de retour ! Et même s’il prend des allures de film fleuve (162 minutes), il tient en haleine de bout en bout. S’il a fait du bruit sur la Croisette à la fois parmi les festivaliers et la critique, le film est néanmoins reparti bredouille ce qui faisait planer sur sa sortie cette irrésistible envie d’aller voir « soi-même ».

De prime abord, le film apparaît comme manichéen. Manichéen dans ses personnages, il met aux prises une fille (Sandra Hüller) trop sérieuse et un père trop déluré. Manichéen dans ses âges, il oppose les jeunes qui font la mondialisation aux vieux qui croient encore qu’un autre monde est possible. Manichéen dans son fonctionnement, le film est coupé en deux : les tribulations de Winfried Conradi rendant visite à sa fille dans un premier temps (étonnant Peter Simonischek), Toni Erdmann faisant son grand show dans un second moment (survolté Peter Simonischek).

Mais le film que l’on croit manichéen ne résout rien : il pose le problème sans apporter de réponses faciles. Film d’apparence facile, il ose tout y compris la nudité, y compris la crudité. Lorsque le spectateur s’apprête à s’installer dans son fauteuil pour rire d’une excellente comédie, le film tourne au drame et réciproquement. Le ton est grave mais l’image confine au ridicule, le film est drôle mais aborde une vraie problématique existentielle.

Les raisons du succès de ce film tiennent dans la confrontation entre le fond (son questionnement précis sur les choix décomplexés de l’ultralibéralisme) et sur la forme choisie (la futilité et le grotesque de certaines scènes). Aller voir Toni Erdmann revient à regarder avec gravité notre monde tourner en se tordant de rire, à le contempler de manière subversive et jubilatoire. N’est-ce pas d’ailleurs les caractéristiques de l’école philosophique des cyniques ?

« Toni Erdmann » – Drame de Maren Ade avec Peter Simonischek, Sandra Hüller, Michael Wittenborn – Allemagne, Autriche - Date de sortie : 17 août 2016 - 2h 42’

Toni Erdmann - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comToni Erdmann - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comToni Erdmann - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Toni Erdmann - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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