Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Moyen âge, #Epoque contemporaine
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

A l’heure où tous les centres d’art s’évertuent à ouvrir grand leurs portes pour renouveler les publics, l’exposition de Wesley Meuris exige du public qu’il montre patte blanche puisque présentée au milieu de la Salle des pas perdus du palais de justice de Poitiers. Contrôle d’identité, portique de détection des métaux, rarement l’art contemporain a été si peu convivial en dépit de la gentillesse des agents dudit palais.

A priori l’exposition Le Musée des futurs de Wesley Meuris aurait pu être proposée dans le cadre du projet Miroir dans la mesure où l’art contemporain dialogue avec un lieu patrimonial : la Grande Salle du Palais des Comtes de Poitiers aménagée par Aliénor d’Aquitaine au XIIème siècle. Ce fut ma première interrogation… et pas la dernière. Lorsque je visite une exposition d’art contemporain, je fais un tour d’exposition rapide pour réfléchir, analyser puis commencer à me perdre en conjectures avant d’aller plus loin. ET là, le vide, le néant, le trou noir… RIEN ! Je ne comprenais rien !

Pourtant tout faisait comme dans un centre d’art contemporain : le découpage de l’espace, les vitrines, les séparations, les œuvres au sol, la vidéo, les cartels, l’écriture, jusqu’au panneau indiquant « Ne pas toucher aux œuvres ». Devant le vide sidéral qui envahissait mon esprit, impossible de prendre du recul, d’aller voir de plus prêt, d’aller toucher ce qu’il était permis de toucher, de répondre à deux questions fondamentales et pourtant simples qui auraient dû me guider : pourquoi les vitrines sont-elles vides ? Pourquoi cette exposition, malgré son analogie avec les autres, ne faisait-elle pas partie du projet Miroir ?

Devant mon désarroi, une jeune fille vola fort opportunément à mon secours. En quelques expériences, elle m’offrit les clés : ouvrir les livres et se rendre compte qu’ils ne sont que pages blanches mais qu’il respecte jaquette, format et nombre de pages des livres réels, confronter les vitrines et la typologie expliquée au mur et se rendre compte que le discours ne s’appuie sur rien, observer les vidéos et se rendre compte qu’elles tourment en boucle et qu’elles sont vides de sens. Le Musée des futurs traite effectivement des futurs mais déconnecte le fond et le discours de la présentation. En gros, un discours structuré et pas d’œuvres ou des œuvres factices, bref une anti-exposition avec les vrais codes de l’art contemporain, s’inscrivant parfaitement dans le projet culturel du moment, le tout dans un anti-lieu : un lieu non immédiatement accessible au public.

Le Musée des futurs ne serait donc que le contre-pied des tendances actuelles de la présentation de l’art contemporain ? Que nenni, comme l’a fort bien fait remarquer un visiteur, le spectateur, construit avec son imaginaire son propre Musée des futurs. Preuve en est, ces statues du moyen-âge qui, en se reflétant sur les vitres du temple imaginaire construit par l’artiste au milieu de l’exposition, deviennent personnages holographiques s’inscrivant dans l’espace de l’exposition (cf. photos ci-dessous). Pas si imaginaire que cela le futur.

Comme souvent avec l’art de son temps, il faut observer, déambuler, questionner, changer de point de vue, éviter les réactions négatives trop rapides et surtout chercher le sens calmement même si la première impression vous désarçonne totalement. Simple non ?

Le Musée des futurs - Welsley Meuris ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Musée des futurs - Welsley Meuris ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Musée des futurs - Welsley Meuris ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Musée des futurs - Welsley Meuris ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Musée des futurs - Welsley Meuris ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Commenter cet article