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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #fantastique, #Musique, #Enfance, #Adolescence
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Les deux pièces au programme de L’été danse proposé par les Ballets de Monte-Carlo quoique créées par deux chorégraphes différents ont les souvenirs, l’imaginaire et le fantastique en commun.

Voir la chorégraphie de l’Enfant et les Sortilèges dans le lieu même où l’œuvre de Colette mise en musique par Maurice Ravel fut créée le 21 mars 1925 ajoutait encore un peu d’émotion à la soirée. Dans la salle qui respire encore la présence de l’incontournable directeur d’alors, Raoul Gunsbourg, c’est une nouvelle interprétation de l’Enfant et les Sortilèges que nous livre Jeroen Verbruggen. Cet enfant n’est plus tout à fait un enfant ou plutôt, il voudrait sortir de l’enfance mais ne le souhaite pas vraiment. Il n’est pas l’Enfant mais celui que nous fûmes. L’excellent Daniele Delvecchio interprète à merveille ce souvenir d’enfance, cet Enfant révolté et ses gestes saccadés du début du spectacle, cet Enfant tendant le cou vers sa mère transformée en gigantesque anti-buste, cet Enfant créant son propre imaginaire, à partir de ses expériences, cet Enfant dont la gestuelle décrit parfaitement les angoisses, cet Enfant fantasmant sur des chats plutôt érotiques. L’Enfant interprété par Daniele Delvecchio est bousculé par toutes ses apparitions sorties de son imaginaire. Pour bien marquer ce passage et cette chaotique métamorphose vers l’âge adulte, Jeroen Verbruggen prolonge la musique de Maurice Ravel par un extrait de Didon et Enée d’Henry Purcell dans une version contemporaine de Ludovico Monk : Remember me, but ah! Forget my fate, Souviens-toi de moi ! Mais, ah ! Oublie mon destin. Tout est dit !

Pour la Le Baiser de la Fée, Vladimir Varnava a décidé de dépoussiérer considérablement l’œuvre. Les amoureux de Piotr Ilitch Tchaïkovski à qui Igor Stravinski rendait hommage en lui empruntant des thèmes en auront été pour leurs frais… tout comme les partisans du conte d'Andersen La Reine des neiges auquel le ballet faisait référence. Vladimir Varnava a choisi de réinterpréter musique et histoire du Baiser de la Fée. Le public était dès lors assez divisé entre partisans des réécritures et des réinterprétations et partisans du respect de l’œuvre dans son contexte d’origine. Quelle que soit la chapelle, l’ensemble s’est révélé assez déroutant. La création musicale d’Aleksandr Karpov, dédiée à Igor Stravinsky, s’éloigne de l’hommage à Piotr Ilitch Tchaïkovski et le parti pris fantastique, tire ses références de Métropolis, de l’univers des Marvel comics ou des mangas japonais. La scénographie et les costumes de Galya Solodovnikova répondent à ce parti pris et, reprenant l’exemple du Cendrillon de Maguy Marin, les danseurs hormis les deux principaux protagonistes sont rendus totalement anonymes par leur costume. Le parti pris bouscule, l’interprétation surprend mais l’ensemble est moins aseptisé, moins factice que ce que pourrait laisser une première impression.

Ballets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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