Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Europe, #Patrimoine, #utopie, #fantastique, #Amour, #Violence, #Jalousie
[Cinéma – Archives audiovisuelles de Monaco – Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Salle Garnier – Monaco] Metropolis : un  originel original

Le monde de 2026 tel que Fritz Lang le représente en 1927 est un monde dichotomique avec une cité dirigée par un tyran et une caste de riches oisifs dans la partie supérieure de la cité et une foule de prolétaires qui travaillent sous la terre pour assurer le bien-être des premiers. Le scénario était écrit d’avance, il est vieux comme Roméo et Juliette d’avant William Shakespeare ; Freder, le fils du tyran Fredersen s’éprend évidement de la belle Maria sorte de Rosa Luxembourg idéalisée, égérie des prolétaires et renie sa caste.

Cette éternelle ficelle qui n’en finit plus de faire recette explique sans doute la longévité de l’amour que le public porte à Metropolis. Mais elle n’est pas la seule. Le deuxième élément qui provoque l’engouement réside dans la pastique particulière du film : le film présente des éléments d’architecture et des éléments du machinisme similaires à ceux des Temps Modernes de Charlie Chaplin sorti neuf ans plus tard. En cela, le film a témoigné d’une époque, la seconde révolution industrielle et témoigne encore aujourd’hui d’un passé souvent regretté, souvent fantasmé, celui de la cause ouvrière.

Il demeure enfin un dernier point qui classe irrémédiablement Metropolis parmi les chefs d’œuvre : c’est la musique originale de Gottfried Huppertz qui accompagne le film et qui le rend paradoxalement éternellement muet et éternellement vivant, qui en fait une sorte d’objet cinématographique inclassable. Si la musique de Gottfried Huppertz n’a rien de musicalement révolutionnaire, elle habite et anime le film en tenant lieu de dialogues, bande son et bruitage. En un mot comme en cent, elle procède du film sans lequel elle ne serait rien et sans laquelle le film n’aurait pas le même impact. Jouée par un orchestre philharmonique de Monte-Carlo bien dirigé par Giole Muglialdo, les élans musicaux et sa sempiternelle Marseillaise appelant à la révolte ont envahi la salle Garnier pendant que les images envahissaient la scène.

La version originelle et originale de Metropolis semblait perdue à tout jamais. C’est pourtant cette version que le public a découvert salle Garnier. Chacun pensait effectivement que le négatif des scènes coupées après la première exploitation du film à Berlin avait été irrémédiablement détruit en 1927. Le miracle est venu en 2008 de Buenos Aires où les conservateurs du musée du Cinéma ont déniché, dans leurs archives, une copie 16 mm très abîmée du film avec le montage originel. Le film s’est alors enrichi de vingt-six minutes supplémentaires, restaurées avec difficulté, montrant un affrontement inédit entre Fredersen et son rival Rotwang et de nouveaux angles de vue sur la cité.

Après les succès de la Nouvelle Babylone de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg, du Mécano de la « Général » de Buster Keaton, de Folie de femmes d’Erich von Stroheim entre autres, le public attend bien évidement avec avidité la nouvelle proposition conjointe des Archives audiovisuelles de Monte-Carlo et de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo afin de découvrir ou de redécouvrir sur grand écran les trésors de notre patrimoine.

Archives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Metropolis de Fritz Lang ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Metropolis de Fritz Lang ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Metropolis de Fritz Lang ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Archives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Metropolis de Fritz Lang ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Commenter cet article