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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Opéra, #Musique, #Antiquité, #guerre, #Violence, #Amour, #Jalousie, #mort, #Politique, #Bad boys
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ironie des coïncidences et des histoires parallèles, pendant que sur le Rocher un drame se noue au Conseil National sur fond d’élection du Président et de déchirement de la majorité sortante aux cris de « trahison » et « conjuration » lancés par les battus, un autre drame évoquant la trahison et la conjuration, se joue sur la scène de la salle Garnier avec Attila de Giuseppe Verdi, œuvre créée en 1846 à la Fenice de Venise d’après Attila, roi des Huns de Zacharias Werner.

C’est la première fois qu’un Président du conseil national est débarqué par sa majorité en cours de mandat, c’est la première fois qu’Attila est donné en Principauté. L’Opéra de Monte-Carlo répare une fois de plus un oubli important avec Attila, œuvre il est vrai peu donnée en général. Pour assurer la mise en scène, Jean-Louis Grinda a fait appel à un artiste qui connaît bien l’œuvre pour avoir chanté et enregistré en 1972 le rôle titre : Ruggero Raimondi.

Pour cette première historique, loin d’une quelconque transposition historique, Ruggero Raimondi opte pour la représentation du drame historique assumé dans une version grande fresque ou production cinématographique hollywoodienne. A personnage historique d’envergure, scénographie d’envergure avec un espace constitué d’escaliers, comme dans l’École d’Athènes de Raphaël, que des colonnes mobiles restreignent ou libèrent. La mise en scène fonctionne en grandes galeries de tableaux. L’ensemble est complété par des effets miroir au plafond ou sur les dégagements qui n’apportent pas grand-chose à la scénographie.

S’il est un personnage historique qui inspire la terreur dans l’inconscient populaire, Attila peut en être le prototype et pour endosser le rôle, la basse russe Ildar Abdrazakov (à ne pas confondre avec son frère Askar Abdrazakov) l’incarne. Basse de haute stature, Ildar Abdrazakov impressionne, fait peur. A Attila d’exception, il fallait pour lui donner la réplique un Ezio de la même envergure et George Petean, habitué des lieux, était le choix tout indiqué pour tenir ce rôle. Pour pouvoir rivaliser avec ces deux grandes voix, il semblerait que le choix de la soprano ait buté sur quelques écueils avant de s’arrêter avantageusement à la troisième tentative sur Rachele Stanisci, voix très puissante qui fait frémir au sens propre les tympans des spectateurs. Le public pouvait se demander quel ténor oserait se risquer dans l’arène. C’était sans compter sur le basque Andeka Gorrotxategi qui relève le défi avec brio.

Non seulement le quatuor (complété par l’apparition d’In-Sung Sim en Leone) est à la hauteur vocale du drame qui se prépare mais, bien dirigé, chacun évolue dans ce décor que les chœurs cherchent à animer constamment. Mention spéciale au passage à Thomas Negrevergne dans son rôle de colonne mobile dont seul un fan-club ésotérique connaissait la mission de modulateur d’espace scénique.

Pour mener un tel plateau, l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo, dirigé par Daniele Callegari, réussit à donner toute la fougue nécessaire à ce drame historique de la jalousie et de la trahison. Il fallait effectivement donner non seulement du coffre mais une dimension épique à cet opéra ce que Ruggero Raimondi, Daniele Callegari et l’ensemble du plateau ont parfaitement réussi. La faiblesse ce soir là n’était absolument pas sur le plateau qui a tenu ses partis pris de bout en bout mais dans la salle avec un public frileux qui a fini par se réveiller légèrement au troisième rappel. Beaucoup pensaient sans doute voir Traviata… ils n’ont pas été déçus !

Attila de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAttila de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAttila de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Attila de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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