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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Festival de Cannes, #Religion, #Amour, #Jalousie
[Cinéma – Cinéma des Beaux Arts - Monaco] « Café society » de  Woody Allen : le bon film à la bonne place au bon moment

Faire la bonne chose, au bon endroit, au bon moment, tout l’art est là affirmait l’artiste allemand Joseph Beuys. Il semble que le Festival de Cannes ait eu l’idée de génie en proposant le film d’ouverture à Woody Allen et son Café Society. Oubliés le calamiteux Da Vinci Code de Ron Howard en 2006 (rebaptisé Da Vinci Daube par Philippe Azoury et Didier Peron dans Libération) ou le navrant Grace de Monaco d’Olivier Dahan en 2014 (rebaptisé Fenêtre sur Four par Franck Nouchi dans Le Monde), place à une œuvre, certes toujours contestable mais dont nul ne peut lui nier sa légitimité en ouverture du plus grand Festival de Cinéma.

Si l’on poursuit le parallèle, l’originalité de Beuys tient à ce que, non content de construire son œuvre sur le récit de sa vie, il retourne les termes du problème et s’efforce de mener son œuvre comme un projet existentiel. Or que montre le film Woody Allen dans Café Society ? New-York et Hollywood, le milieu du cinéma, une famille juive new-yorkaise et une boîte de jazz. Cela ne vous rappelle personne ? Si vous rajoutez une voix off qui n’est autre que celle de Woody Allen pour narrer les détails de l’histoire, vous obtenez comme chez Joseph Beuys une construction sur le récit de sa vie et une œuvre menée comme un projet existentiel.

Porté par sa propre voix et par un jazz lancinant tous au long du film, Café Society inocule au spectateur une moite béatitude qui le replonge dans les premières années du cinéma parlant ou plutôt dans la marche triomphante d’Hollywood. Par une subtile mise en abyme, le film qui parle de cinéma, rend hommage au cinéma, aux films qui ont fait sa renommée. Once upon a time in America de Sergio Leone n’est jamais très loin, Cotton Club de Francis Ford Coppola non plus d’ailleurs. Par l’humour, il tendrait d’ailleurs également vers Singing in the Rain de Stanley Donen.

Car Woody Allen, retrouve l’humour décapant de certains de ses anciens films : si le judaïsme avait promis la vie éternelle, il aurait sans doute eu davantage de clients lance un personnage provoquant l’hilarité générale dans la salle. Mais Woody Allen, dans son osmose avec Jesse Eisenberg qui tient le rôle du héros, lui fait dire Il a fallu que j'aille dans beaucoup d'autres villes pour comprendre à quel point j'aimais New York

Cela sonne comme une évidence, cela sonne comme un retour aux sources. Est-ce cette rétrospection qui donne à Café Society son charme irrésistible ? Café Society est un film harmonieux, fluide, élégant, délicat, porté par des acteurs parfaitement inspirés. Café Society est une comédie romantique pleine d’humour, de sel et de subtilité, Café Society est immanquable.

Café Society – Film de Woody Allen avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell - Comédie dramatique – États-Unis - Sortie : 11 mai 2016 - 1h 36’

Cinéma des Beaux-arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma des Beaux-arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma des Beaux-arts - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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