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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Violence, #Adolescence
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Filmer l’époque des 17 ans, 22 ans après les Roseaux sauvages qui filmaient eux-mêmes l’époque des 17 ans de 1962, film après film André Téchiné nous explique que l’époque peut changer, le phénomène amoureux, les premiers émois, la première attirance seront toujours les mêmes. Aidé en cela au scénario par Céline Sciamma autre exploratrice des premiers émois et attirances, il revient après plusieurs tentatives peu convaincantes vers un film plus abouti.

Quand on a 17 ans est finalement d’une grande banalité. Il narre le quotidien d’aujourd’hui dans les Pyrénées de deux lycéens dont on suit les inimitiés particulières pendant toute une partie du film. Non dite en début de film, l’homosexualité de Damien se devine, se dessine mais de prise de parole, de fierté ou autre sortie du placard, rien. Elle reste taboue puis sort comme un cri lorsque la souffrance est trop forte. De ce point de vue, rien ne semble avoir avancé depuis les Roseaux sauvages.

Le plus intéressant du film est le regard juste porté sur l’adolescence d’aujourd’hui qui diffère peu elle aussi de celle d’hier : la jeunesse souffre, elle cherche ses marques, ses orientations, les rejette, les refuse, les accepte, les renie comme avant, tout autant qu’avant, non moins qu’avant. Étrangement comme pour marquer cette pérennité, les adolescents sont dépourvus de modernité : les parents communiquent par skype, la ferme agricole voisine est entièrement automatisée mais les adolescents travaillent encore au papier-crayon, font du sport, ne manipulent ni tablette, ni ordinateur, ni téléphone portable. Ils sont intemporellement jeunes. Ils sont l’adolescence récurrente.

Le film plaisant sur le papier, joue avec les oppositions, les barres de séparation pour marquer la différence de monde entre les deux protagonistes : Kacey Mottet Klein (Damien) déjà repéré en père précoce dans Keeper de Guillaume Senez et Corentin Fila (Tom) pourtant nettement plus âgé en réalité campent deux adolescents intemporels qui pourraient vivre dans toues les époques à la fois. Dirigés au millimètre, ils ont cette aisance dans le jeu qui rend crédible toute l’histoire. Bien relayé par la multiplication des objets doubles dans toute la première partie du film, tout est dit par les images pour indiquer un rapprochement futur. Bien campés dans leur époque, les parents tous bienveillants assurent la réussite complète du film avec notamment un Alexis Loret et une Sandrine Kimberlain qui renforcent la crédibilité de la situation.

Quand on a 17 ans est un film charnu, un film dans lequel les corps, qu’ils se télescopent ou qu’ils fusionnent, occupent une partie centrale. Quand on a 17 ans doit sa réussite à toute cette alchimie particulière qui marque donc le grand retour d’André Téchiné.

« Quand on a 17 ans » - Film d’André Téchiné avec Sandrine Kiberlain, Kacey Mottet Klein, Corentin Fila – Drame – France - Date de sortie : 30 mars 2016 – Durée : 1h 54’

Nice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - Nice - Quand on a 17 ans d'André Téchiné ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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