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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Opéra, #Musique, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine, #Amérique du Nord, #Amour, #Jalousie
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Créé le 20 février 1816 d’après la célèbre comédie de Beaumarchais, représentée en février 1775 à Paris, Il Barbiere di Siviglia de Gioachino Rossini est donné à Nice 200 ans après sa création dans une production du Circuito Lirico Lombardo AS.LI.CO. avec Guillermo Garcia Calvo à la direction musicale et Federico Grazzini à la mise en scène qui a opté pour l’hommage à l’américaine.

Transposition historique donc pour un Barbier de Séville haut en couleur sauf que, contrairement au précédent spectacle commenté ici, tout fait sens. Tous les personnages, avec des costumes de la très inspirée Valeria Donata Bettella, semblent ici échappés d’un tableau d‘Edward Hopper. La scénographie d’Andrea Belli emprunte beaucoup au cinéma avec des changements de décor qui ressemblent à des fondus enchainés. Comme au cinéma, le passage de l’extérieur à l’intérieur de l’appartement se déroule en un clin d’œil comme si la salle avait tourné autour de la scénographie.

Ajoutons à cela que Figaro ressemble à s’y méprendre à son lointain cousin, autre barbier mythique : celui du Dictateur de Charlie Chaplin. Il faut avouer que le baryton Mattia Olivieri alias Figaro a tous les atouts pour réussir ce pari osé : physique de jeune premier, grimage et vêtements à la Chaplin, jeu tonique, apparitions surprises, effets de scènes burlesques et une voix splendide, bien timbrée, qui le place immédiatement au centre du jeu.

Tous les autres personnages tournent donc autour de l’omniprésent Figaro à commencer par l’autre baryton Alfonso Antoniozzi habitué des rôles de vieux barbons qu’ils se nomment Bartolo ou Don Pasquale. Scéniquement présent et vocalement en forme, il fait passer Bartolo par tous les états que son infortune lui impose rendant le personnage tour à tour émouvant ou insupportable. Face à lui, Rosina interprétée par la mezzo-soprano géorgienne Ketevan Kemoklidzene ne s’en laisse pas compter vocalement et prouve par la force de son chant qu’elle n’en fera qu’à sa tête. Si elle est moins à l’aise scéniquement que son vieux barbon de promis, elle incarne néanmoins une Rosina de caractère. L’objet de sa passion, le Comte Almaviva prend la forme d’un crooner américain. Daniele Zanfardino a une belle voix claire, mélodieuse, petite mais qui sied très bien au rôle qui lui est dévolu. Il rend le personnage crédible transformant ce qui pourrait être un handicap en un élément scénique percutant. Basilio est interprété ce soir par un baryton-basse, sorte de voix de son maître. Si Marco Vinco ne démérite pas, le choix d’un baryton-basse qui ne tranche pas avec Bartolo dérange un peu, sans doute une histoire d’habitude.

L’hilarant Ambrogio, désespérément muet et Sophie Fournier, drôlissime en Berta, complètent le plateau rendant ce Barbier jubilatoire. Preuve une fois encore que la combinaison rigueur et plaisir est possible. Preuve qu’une transposition historique finement pensée peut se justifier pour peu que le texte et son esprit soient parfaitement respectés.

Opéra de Nice - Il Barbiere di Siviglia avec Mattia Olivieri ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Il Barbiere di Siviglia avec Mattia Olivieri ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Il Barbiere di Siviglia avec Mattia Olivieri ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Nice - Il Barbiere di Siviglia avec Mattia Olivieri ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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