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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Opéra, #Musique
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Quasiment jamais donné dans les saisons d’opéra, Le Joueur de Sergueï Prokofiev sur un livret du compositeur d’après le roman de Fédor Dostoïevski fait une première très remarquée à l’opéra de Monte-Carlo. Ironie de l’histoire, cette histoire de ruines personnelles en cascade est l’occasion de célébrer le 150ème anniversaire de la première représentation lyrique au Casino de Monte-Carlo, clin d’œil à sa création au Théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles le 29 avril 1929, six mois avant le double krach boursier de 1929 à New-York. Bel esprit d’à-propos !

Mettre en scène cet opéra en quatre actes et six scènes pourrait relever de la gageure car il se déroule en différents endroits de Roulettenbourg, ville d’eau imaginaire d’Allemagne. Le metteur en scène et directeur de l’opéra de Monte-Carlo, Jean-Louis Grinda a confié à Rudy Sabounghi une scénographie en trois parties : un atrium de casino avec une impression de salle de jeu en fond de scène pour la première partie et une immense roulette envahissant le plateau comme l’accoutumance au jeu envahit les esprits des protagonistes pour la seconde partie. Ces deux espaces sont habilement complétées par une scénographie mobile qui descend des cintres et qui représentent tantôt les lieux miséreux de la ruine, tantôt les lieux interlopes de l’endettement. L’ensemble est animé par la création lumière efficace de Laurent Castaingt.

Dans la fosse, Mikhaïl Tatarnikov dirige l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo qui doit dompter cette musique expressionniste , avec ses dissonances, ses éclats, et sa montée en puissance notamment dans le paroxystique délire croissant du joueur invétéré qui fait sauter le banque.

Le plateau, très équilibré se meut dans ce décor. Bien dirigés par le metteur en scène, les différents chanteurs occupent l’espace. Vêtus de costumes d’époque réalisés par Jorge Jara, ils marquent sans doute trop une période historique alors que Le Joueur décrit un phénomène intemporel : l’addiction au jeu. L’ensemble du plateau est vocalement en forme, les voix se confrontent, se répondent, s’affrontent. Micha Didyk en Alexeï et Oksana Dyka en Polina se font néanmoins souffler la vedette par les deux basses Dmitri Oulianov qui chante un général très en forme et Alexander Teliga en directeur du casino. Mais les deux basses sont à leur tour terrassées par Ewa Podles ; en Baboulenka, elle vient bouleverser ce plateau qui, au propre comme au figuré, avait déjà tiré ses plans sur la comète.

Les spectateurs quittent cette représentation ébouriffante qui s’achève dans un cataclysme financier en regardant d’un air contrit les joueurs dans l’atrium qui sortent de la salle de jeu … la vraie.

Monaco - Place du Casino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Place du Casino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Place du Casino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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