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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #baroque, #Epoque moderne, #Antiquité, #Amour, #Jalousie, #Mythe, #Patrimoine
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Présenté dans le cadre du festival d’Aix-en-Provence, l’opéra de Georg-Friedrich Haendel (ou Händel comme il vous plaira) mis en scène par Katie Mitchell sous la direction musicale d’Andrea Macron avec entre autres Patricia Petibon et Philippe Jaroussky a été qualifié d’Alcina d’anthologie par Les Inrocks. L’Alcina présenté ce soir à l’opéra de Monte-Carlo est en version de concert avec l’orchestre Academia Bizantina sur scène dirigé par Ottavio Dantone.

L’éternel regret de la version de concert est le fait que l’opéra perd une de ses dimensions notamment la dramaturgie et la mise en scène qui mettent en interaction situations et personnages. Ceux qui éventuellement interjetteraient argument en disant que mieux vaut pas de mise en scène qu’une mise en scène ratée, pourraient se demander si pas d’électricité vaut mieux qu’une ampoule qui grille de temps en temps.

Finalement entrecoupé d’un seul entracte au lieu des deux prévus entre chaque acte, puis finalement coupé à la fin du deuxième plutôt qu’au milieu de l’acte, la première partie fut si longue qu’à gauche, une dame a passé une grand partie de son temps cheveux devant les yeux à se faire des nattes tandis que sa voisine a tenté désespérément de tuer le temps sur internet, tentative avortée immédiatement par un importun qui prétendait suivre l’action. Quelle outrecuidance ! Nos deux mélomanes d’un soir ont fort curieusement disparu à la deuxième partie.

Sorte de Circé homérique polyphármakos, autrement dit « particulièrement experte en de multiples drogues ou poisons, propres à opérer des métamorphoses », Alcina sur son île enchantée attire chevaliers et navigateurs pour mieux les transformer en minéraux, en animaux ou en végétaux à l’exception du beau Ruggiero à qui, par amour, elle a laissé sa forme humaine. Cruelle erreur, tel l’Ulysse des temps homériques avec Circé, le Ruggiero des temps classiques finira par dominer Alcina, l’un à l’aide des dieux, l’autre à l’aide des hommes. O tempora, o mores.

Sur la scène, Philippe Jaroussky domine largement le plateau de sa présence et de son chant à la fois puissant et tout en nuances. Il apporte tout le charme nécessaire à Ruggiero. En amoureuse trahie, la soprano lettone Inga Kalna remplace très efficacement Sonya Yoncheva et donne tout son relief à l’enchanteresse déstabilisée par le doute. Christian Senn en Melisso accompagne efficacement la contralto française Delphine Galou qui doit dans sa robe longue de soirée, donner le change à son rôle de Bradamante, fiancée de Ruggiero travestie en Ricciardo son frère pendant tout le premier acte. La version de concert montre ici ses limites. Elle se montre fort heureusement excellente comédienne pour donner le change. Dans le clan d’Alcina, Oronte interprété par le ténor Anicio Zorzi Giustiniani imprime au personnage du général une patte charmeuse, sa voix et claire et bien portée. Quant à la soprano hongroise Emőke Baráth, outre l’incarnation parfaite de Morgana, elle tire avantageusement succès du célébrissime aria Tornami a vagheggiar. Reste le personnage d’Oberto, fils de Paladin, page d’Alcina à la recherche de son père, qui fait le lien entre les deux mondes, il est parfaitement interprété par la Soprano marocaine, Hasnaa Bennani.

Si l’on ajoute à ce plateau international, l’excellente prestation des douze musiciens majoritairement italiens de l’Academia Bizantina sous la direction du claveciniste Ottavio Dantone, vous obtenez alors un plateau d’exception qui, hormis deux égarées dans un monde hostile citées plus haut, vous étourdit sans vous laisser indifférent ou perdu dans vos pensées une demi-seconde.

Visiblement l’exception devient la règle à l’opéra de Monte-Carlo pour notre plus grand plaisir.

Opéra de Monte-Carlo - Alcina - Georg-Friedrich Haendel - Academia Bizantina - Direction musicale : Ottavio Dantone ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Monte-Carlo - Alcina - Georg-Friedrich Haendel - Academia Bizantina - Direction musicale : Ottavio Dantone ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Monte-Carlo - Alcina - Georg-Friedrich Haendel - Academia Bizantina - Direction musicale : Ottavio Dantone ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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