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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #guerre, #Epoque contemporaine, #Europe, #Amour
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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A impression étrange, titre surprenant. La bande annonce entraperçue au moment de la précédente édition du Festival m’avait déjà laissé fortement perplexe mais retrouvant le film dans la sélection Télérama, le remords d’être passé à côté de quelque chose ne laissait plus de place à la tergiversation : il fallait se rendre compte par soi-même.

Le film n’est pas dépourvu d’atouts : Nina Hoss et Ronald Zehrfeld en mari et femme séparés puis réunis après l’horreur de la politique génocidaire nazie et Nina Kunzendorf en énigmatique Lene Winter, dirigés avec précision, portent le film. Christian Petzold construit méticuleusement chaque plan rendant le Berlin de l’immédiat après-guerre de manière très réaliste. Le thème abordé, celui de l’Allemagne de l’immédiat après-guerre, du réveil de la conscience, de la reconstruction, du retour des déportés est souvent moins abordé au cinéma que le thème de la déportation en elle-même et tient lieu ici d’originalité.

Cependant, le film est construit de manière très classique, il est très chronologique, il a un début, un milieu et une fin, il tire vers le réalisme mais ne se fait pas l’économie des incongruités de situation qui perturbent sa lecture. Comment une femme qui doit se faire passer pour une surprenante « revenante » déambule-t-elle aussi facilement ? Pourquoi le tatouage qui servira de reconnaissance pourtant visible n’apparait qu’à la fin ? Le film évoque bien évidemment le Mariage de Maria Braun de Rainer Fassbinder et Vertigo d’Alfred Hitchcock en inversant les pôles positifs et négatifs des personnages. Le bon John « Scottie » Ferguson de Vertigo qui recherche une femme qu’il a connue et la transforme physiquement cède la place au « méchant » Johnny Lenz. Mais rien n’y fait : en dépit de la qualité du jeu d’acteur qui les porte, Johnny Lenz n’a pas l’énergie de John « Scottie » Ferguson qui reconstitue sa Carlotta Valdez, Nelly Lenz n’a pas la complexité de Maria Braun.

Le film est sans doute traité de manière trop sage, trop convenue. En ce sens, il paraît en désaccord avec son époque, il semble anachronique.

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