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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Les très rares qui étaient venus entendre la courte pièce d’Edgard Varèse en ont été pour leurs frais. T’as voulu voir Alain Lombard, t’as vu Emmanuel Krivine, t’as voulu entendre Intégrales d’Edgard Varèse, t’as entendu l’ouverture de La belle Mélusine de Félix Mendelssohn. A changement de chef, changement de programme. Si le public n’y a pas perdu au change dans la direction d’orchestre, la musique contemporaine a encore été la grande sacrifiée.

Il faut bien avouer que la majorité du public était venu écouter Renaud Capuçon dans le Concerto pour violon en mi mineur, opus 64 de Félix Mendelssohn. Nul ne se sera déplacé en vain tant la grâce, l’élégance et la sonorité de Renaud Capuçon étaient en harmonie et en parfaite complicité avec un chef comme Emmanuel Krivine qui a dirigé l’orchestre… de main de maestro. En règle générale, la qualité d’écoute d’un concert permet de rendre compte de la qualité de la prestation. Pour ce concerto, nul frottement de vêtement sur les fauteuils, nul raclement de gorge, nul glissement de chaussures sur le parquet : Renaud Capuçon, Emmanuel Krivine, Félix Mendelssohn et l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo…seuls. Après un hommage appuyé à la hauteur du plaisir ressenti, Renaud Capuçon s’est à nouveau attiré les faveurs du public et de l’orchestre en interprétant en bis un extrait d’Orphée et Eurydice de Christoph Willibald Gluck dans une version pour violon.

La soirée eut pu se terminer à ce moment tant l’atmosphère était à la communion avec le soliste mais c’était sans compter sur Emmanuel Krivine et Hector Berlioz. Ceux qui ne se sont jamais demandé pourquoi Hector Berlioz et Claude Debussy sont les deux seuls musiciens à avoir eu les honneurs de figurer sur les billets de banque français à l’époque du franc devraient réécouter la Symphonie Fantastique, opus 14 jouée ce soir. Tout le génie de Berlioz est présent dans cette symphonie. Composée de cinq mouvements : Rêveries - Passions, un Bal, Scène aux Champs, Marche au supplice et Songe d'une Nuit du Sabbat, la symphonie de Berlioz est en fait un condensé de la musique qui sera créée après lui. L’auditeur y entend des prémices wagnériens et il suffit d’écouter un Bal pour s’en convaincre, cela sonne comme du Tchaïkovski mais avec cinquante ans d’avance.

Surprise à la fin du concert, Alain Krivine fait subitement taire la salle l’ovationnant pour se lancer dans une réflexion sur l’immanence et la transcendance de la musique, sorte d’imprécation pour un avenir meilleur, sans illusion naïve mais plutôt comme seule réponse artistique, esthétique, culturelle aux temps troublés que nous vivons en espérant qu’elle irradie un jour les esprits mortifères.

Monaco - Auditorium Rainier III - OPMC - Alain Krivine - Renaud Capuçon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Auditorium Rainier III - OPMC - Alain Krivine - Renaud Capuçon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Auditorium Rainier III - OPMC - Alain Krivine - Renaud Capuçon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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