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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Musique, #environnement
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.co
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.co

Présenté comme la première pièce d’un diptyque qui s’intéresse aux différentes transformations qui agissent sur notre présent et qui se nommera Something is wrong, la pièce chorégraphique et musicale Bien sûr, les choses tournent mal aborde la question médiatique du moment : le réchauffement climatique avec pour toile de fond d’actualité la COP21. Le spectacle a donc toute sa place dans la manifestation « Réveillons-nous ! » du Théâtre national de Nice.

Qui connaît la démarche de création de Franck Micheletti et de Kubilaï Khan Investigations ne sera pas surpris par le désordre ambiant qui accueille le spectateur avec musiques actuelles en direct sur scène faisant intervenir entre autres basse et batterie. Franck Micheletti est connu pour partir du chaos médiatique et sculpter le désordre en direct avec des créateurs venus de tous les horizons. C’est tout l’intérêt de sa démarche qui surprend sans arrêt le spectateur qui se demande pendant les premières minutes où il veut en venir.

La musique est composée, jouée et mixée en direct sur scène par Sheik Anorak, Frank Micheletti,
Benoît Bottex et Jean Loup Faurat, qui interagissent avec un groupe de quatre danseurs : Gabriela Cecena, Idio Chichava, Esse Vanderbruggen et Sara Tan. Dans ses démarches de création, Franck Micheletti fait plancher l’ensemble de l’équipe sur l’actualité et chacun dans sa langue, dans son écriture artistique, de tout son corps et de toute son âme recherche, déniche, débusque l’information pour apporter sa pierre à l’édifice.

Et s’ils exploitent l’actualité comme un matériau, s’ils s’immergent dans les sciences et dans la philosophie, c’est bien par le corps des musiciens et des danseurs que les éléments vont transiter et se transmettre. Est-ce un hasard si tous les spectacles se référant à la COP 21 et au changement climatique sont aussi sonores ? Comme si le grand emballement médiatique par le bruit qu’il engendre masquait complètement les questions réelles de la survie de la planète ? En attendant, les musiciens jouent, créent, rythment. Tantôt, les danseurs sont symétriques, mécaniques et répétitifs comme pour monter le monde taylorisé qui répète les mêmes erreurs en répétant les mêmes modes de production avec les mêmes gestes dans la même non-réflexion. Tantôt, les danseurs sont asymétriques, aléatoires et dé-coordonnés pour montrer le monde tel qu’il est : uns splendide mise en désordre. Et pour symboliser cette Babel médiatique, chacun parle sa langue maternelle, tour à tour, comme autant de discours qui ne passent pas, manière de brouiller encore un peu plus les pistes de rajouter de l’incompréhension à l’incompréhensible.

« Les groupes, les institutions, les artefacts, les interactions, les habitudes, les règles, les tendances, les structures, les systèmes, etc. sont tous emportés dans des processus de transformations qui font parfois débat » précise la note de mise en scène. Tout ceci est visible sur scène dans ce désordre apparent sur scène qui finit par se structurer, se faire clair : nous continuons à danser … sur un volcan.

Stephen Emmott, chercheur en sciences à Cambridge qui étudie les systèmes complexes, notamment le système climatique et les écosystèmes, ainsi que l'impact de l'homme sur la Terre aurait pu résumer le spectacle en une phrase tirée de son livre 10 milliards «J’espère que je me trompe, mais toutes les données scientifiques indiquent que j’ai raison. Je pense que nous sommes foutus. »

Théâtre national de Nice « Bien sûr, les choses tournent mal » - Kubilaï khan investigationsThéâtre national de Nice « Bien sûr, les choses tournent mal » - Kubilaï khan investigationsThéâtre national de Nice « Bien sûr, les choses tournent mal » - Kubilaï khan investigations

Théâtre national de Nice « Bien sûr, les choses tournent mal » - Kubilaï khan investigations

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