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un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #guerre, #Violence, #Amour, #Jalousie, #Bad boys, #Politique
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Et la Marseillaise (d’Hector Berlioz) retentit après une minute de silence, juste avant l’hymne monégasque pour la traditionnelle fête du Prince. Nouveau moment de recueillement en Principauté pour les victimes des attentats de Paris mené solennellement par Jean-Louis Grinda, directeur de l’opéra de Monte-Carlo et conseiller national, accompagné par Patrice Cellario, Conseiller de Gouvernement pour l'Intérieur. A titre personnel, j'aurais préféré Consolation de Franz Liszt, plus approprié, plus neutre mais l’heure n’était pas à la polémique.

La Traviata de Jean-Louis Grinda étant encore dans beaucoup de mémoires, le public attendait donc de découvrir ou de redécouvrir sa Tosca. Indubitablement, Jean-Louis Grinda a opté pour un parti pris cinématographique. D'entrée de jeu, une projection vidéo montrant Tosca en équilibre sur le parapet du château Saint-Ange dialoguera avec une vidéo finale de Tosca en robe rouge sang s’écrasant en contrebas. Le clin d’œil au film de Claude Sautet Les Choses de la vie semble évident : Tosca aura revécu son drame le temps du saut.

Le parti pris plastique ne s'arrête pas à l'ouverture et la clôture du drame : l'atelier de Caravadossi se transforme en tableau vivant que la longueur de la scène du Grimaldi Forum transforme en plan en cinémascope. A l’intérieur de ce tableau vivant, la scène se transforme à vue, le lieu se fait atelier de restauration, la table digne d’accueillir la cène de Léonard de Vinci se transforme en salle de torture, autre manière de se mettre à table.

Tosca étant historiquement marquée, toute transposition historique semble vouée à l’échec. C’est donc par le traitement des personnages que la patte contemporaine du metteur en scène s’est manifestée. Floria Tosca et Mario Caravadossi se noient dans cet espace comme devant une situation dont ils ne sont plus maîtres. Marcelo Álvarez campe un Mario Cavaradossi qui tente de garder la tête froide dans un enchainement qui le dépasse, accueille sans chaleur un compagnon de lutte, reçoit froidement la trahison de Tosca, subit son sort plus qu’il n’en est acteur, il est de ce point de vue un héros de Camus : comme il faut imaginer Sisyphe heureux, il faut imaginer Caravadossi satisfait.

Son attitude pourrait surprendre s’il n’était pas mis en opposition par le traitement de deux autres personnages qui semblent le broyer psychiquement : Bryn Terfel pourrait camper un baron Scarpia, tonitruant, balançant tout sous son impressionnante carrure. C’était l’attendu, Jean-Louis Grinda en a fait un monstre froid, mordant, cynique, sorte de chat jouant avec sa proie (Martina Serafin hélas parfois stridente en Floria Tosca). Ce personnage cynique s’accompagne d’ailleurs par un très inspiré Rodolphe Briand en Spoletta, copie conforme de son Scarpia de mentor, agissant à l’économie de gestes dans un cynisme de bon aloi qui rend la situation d’autant plus glaçante que l’horreur est rabaissée au rang de la normalité.

Daniel Oren devait assurer la direction musicale, ce fut au final un Carlo Montanaro très en forme qui dirigea l’orchestre transformant cette soirée qui devait être festive en un événement hommage de qualité.

Tosca - Opéra de Monte-Carlo - Mise en scène : Jean-Louis Grinda ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTosca - Opéra de Monte-Carlo - Mise en scène : Jean-Louis Grinda ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTosca - Opéra de Monte-Carlo - Mise en scène : Jean-Louis Grinda ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tosca - Opéra de Monte-Carlo - Mise en scène : Jean-Louis Grinda ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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