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un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amour, #Jalousie
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Pour son ouverture de saison, l’opéra de Nice joue une valeur lyrique sûre absente pourtant depuis quinze ans de la scène niçoise : La Traviata de Giuseppe Verdi. Difficile de rater une telle œuvre diront certains, difficile de réussir une œuvre aussi souvent montée objecteront d’autres. Sur le papier, la Traviata de Nice avait tout pour réussir : Philippe Auguin à la baguette pour sa première Traviata, Pascale Chevroton à la mise en scène contemporaine de l’œuvre, un plateau composé de Cristina Pasaroiu dans le rôle de Violetta, le baryton Vittorio Vitelli en Giorgio Germont, père d’Alfredo, lui-même tenu par le ténor Giuseppe Varano, présenté comme un habitué du rôle.

Cruelle déception pour cette proposition qui ne tient pas le passage du papier à la scène, qui s’abime entre sa conception et sa représentation. Il reste au final peu de choses à sauver de cette soirée étrange où le spectateur sans réellement regarder sa montre s’est souvent demandé s’il y avait un pilote dans l’avion.

La conception même de Pascale Chevroton déçoit dès l’ouverture du rideau : la mise en abyme, le théâtre dans le théâtre, saute immédiatement aux yeux avec des loges d’opéra occupées par le chœur qui assistera, voyeur, à la longue déchéance de l’héroïne. Le procédé auquel a été rajouté un flash back finit par faire éculé. La conception de Pascale Chevroton passe ainsi de poncifs mille fois vus (la Traviata affriolante, fort dévêtue, la Traviata première communiante, la Traviata qu’on veut payer… par chèque) au contresens le plus total. S’il est permis d’imaginer Giorgio Germont attiré par les charmes de Violetta aux tous premiers instants de la rencontre, il devient contraire au texte et à son esprit qu’il lui saute dessus à la fin de l’entretien. C’est pourtant ce qui est donné à voir. Le dédoublement de Traviata au dernier acte aurait pu être un élément intéressant mais il arrive trop tard.

Si l’orchestre philharmonique de Nice est toujours performant, que dire des tempi lents imposés à l’œuvre par Philippe Auguin, plombant la liesse générale des moments de fêtes et transformant certains airs en une sorte de complainte russe particulièrement hachée. Même la vidéo de Paulo Correia, pourtant très inspiré d’habitude, semble léthargique.

Vittorio Vitelli campe fort heureusement un Giorgio Germont qui évite à la production un naufrage total et Cristina Pasaroiu, prend de l’aisance à mesure des scènes et des actes et termine par un merveilleux Addio del passato. Reste le cas du ténor Giuseppe Varano annoncé comme souffrant : est-ce la maladie qui le fait marquer autant ? En tout cas, le bruit s’est rapidement répandu dans le milieu que nul n’avait entendu le son de sa voix depuis le début des répétitions. Etait-il déjà souffrant auquel cas il eût été plus judicieux de procéder à son remplacement. Après tout, Georges Petean a merveilleusement interprété au pied levé, certes dans une production qu’il avait jadis fréquentée, Rigoletto à Antibes et Manon Feubel s’est lancée à l’aveugle et au dernier moment dans un remplacement-sauvetage de Donna Leonora dans la Force du destin à Monaco. Remplacer un ténor souffrant dans un rôle autant joué qu’Alfredo Germont ne semblait pas impossible. D’autant que la prestation de Giuseppe Varano au troisième acte est carrément fausse, ce qui pour un spécialiste du rôle même souffrant confine au scandale.

Restent fort heureusement, les seconds rôles Karine Ohanyan en Annina, Frédéric Diquero en Gastone, Thomas Dear en Baron Douphol ou Ahlima Mhamdi en Flora Bervoix. Un grand merci à eux, pour leur investissement, leur présence, leur générosité. Bref, un grand merci à eux pour avoir contribué à sauver Traviata !

Opéra de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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