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un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts numériques, #Théâtre, #Danse, #Musique
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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A 18 h 30 pétantes, les premiers invités arrivent, Agnès Roux s’active et Louïe de Finesse fait résonner des airs de guinguette : La Foule, Nini Peau d’chien, Le petit Vin blanc, Les grands Boulevards, Vesoul, la guinguette s’anime et la croisière s’amuse. Devant brioches-pilons, création culinaire d’Agnès Roux Herself, pissaladières, charcuterie, boissons diverses et variées, chacun discute avec ses connaissances, ses inconnus, ses proches et ses lointains.

Les premières nourritures spirituelles composées de quelques vidéos d’art du programme d'imagespassages (arts visuels et numériques contemporains d’Annecy) entrecoupées des interludes de Frédéric Nakache sont à consommer sans modération à la manière du Furby de Jeanne Susplugas, présenté dans ce cadre, jouet en peluche qui engloutit tous les médicaments qu’on lui donne et qui en redemande.

« Ce n’est pas vous qui écrivez pour un blog ? » me demandent Sophie Boursier et Charlotte Lafaye du Collectif Exceedance. Saperlipopette ! Moi qui me pensais à l’abri avec mon air de ne pas y toucher. Règle numéro 1 : se méfier de la jeunesse ! Je suis fort heureusement sorti de ce guêpier dans une sorte de mise en abyme circonstancielle, quand, s’extirpant des anonymes, sept comédiens (Les belles Clara Lefort, Julia Mevel, Eléonore Pasquet, Marina Reynaud, et les non moins beaux Thomas Lesous, Bastien Steenkiste et Tarek Bouhouch) s’animent, se dévêtent, se revêtent. Ballhaüs se met en place ou plutôt s’est déjà mis en place car le nom des invités crié à chaque arrivée, les serpentins qui s’amoncellent, les comédiens déjà dans la place à passer de l’un à l’autre, faisaient déjà partie de l’installation, de la création mais nous n’y avons vu que du feu.

Ballhaüs créé, scénographié et mis en scène par Leslie Bourgeois, fonctionne par bribes, par collages, par scènes successives qui évoquent à la fois, les rave party d’hier, les clubs d’aujourd’hui, les bals populaires d’avant-hier. Ballhaüs évoque également les jeunes qui danse encore, les vieux qui dansent toujours, quel que soit le lieu, quelle que soit l’époque, quelle que soit la musique. Mais Ballhaüs est aussi l’expression du geste amoureux qu’il soit érotique, sentimental, réflexif, sexuel, langoureux, bestial comme l‘expression des ambiances de groupe avec ses ivresses, ses illusions, ses tensions, ses joies, ses peines, ses désillusions. Ballhaüs fait évidemment penser au Bal d’Ettore Scola mais s’y rajoute une proximité intrusive très agréable, une énergie débordante et un montage de textes savamment composé qui marque les époques comme les anti-bustes des danseurs ponctuaient les époques dans le film.

Le texte projeté si proche de nous, la parole si proche de nos oreilles nous plongent dans le quotidien d’hier, d’aujourd’hui, de demain. Le spectateur passe d’auteurs en dramaturges comme il passe de conversation en conversation dans les lieux publics. "La valse, c'est le maintien du couple. C'est l'ange gardien du ménage" entend-il sans se douter qu’il côtoie jacques Gamblin et Le Toucher de la hanche. « M’inquiéter quand tu es en retard et m’émerveiller quand tu es en avance et te donner des tournesols et aller à la fête et y danser à en devenir bleu » s’exclame alors « A », personnage tout droit sorti de Manque de ma très regrettée Sarah Kane. « Ritter Hans von Wittenstein zu Wittenstein » se présente enfin martialement Tarek Bouhouch devant l’Ondine de Jean Giraudoux.

Si leur voix font résonner dans cet extérieur sonore des poètes comme Jacques Prévert (Je suis comme je suis) ou Pablo Neruda (Le Tigre), des dramaturges comme Howard Barker (L’extase de la femme muette) ou Anja Srnec Todorovic (Respire!), les sept comédiens dirigés au millimètre par Leslie Bourgeois font résonner leur corps fougueux dans un espace contraint avec une virtuosité impressionnante avant d’inviter évidemment les spectateurs à une dernière valse.

Ne voulant pas faire tapisserie, Agnès Roux reprend la main dès le dernier pas dansé et, devant une vidéo de circonstance de Loic Delucis (si ma mémoire est bonne), nous invite à déguster quelques choux à mains nues... histoire d’achever notre goguette d’anniversaire en guinguette du même nom.

Joyeux anniversaire, cher Logoscope… longue vie à toi et à l’année prochaine pour tes 19 ans.

Le Logoscope - Guinguette d'anniversaire - Agnès Roux - Louïe de Finesse - Mimoza Koïke -  Les comédiens de Ballhaüs ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Guinguette d'anniversaire - Agnès Roux - Louïe de Finesse - Mimoza Koïke -  Les comédiens de Ballhaüs ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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