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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Proche orient, #Religion, #Adolescence, #Politique, #Cinéma, #Quinzaine des Réalisateurs, #Festival de Cannes
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Que peut-on faire de cinq sœurs nubiles ou en passe de l’être, sans parents, élevées par la grand-mère dans une Turquie orientale, campagnarde et réactionnaire ? Comment les femmes de tout âge s’accommodent ou non de cette situation ? C’est tout l’intérêt du film Mustang de Deniz Gamze Ergüven, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du dernier festival de Cannes et sorti récemment en salle.

Mustang pourrait avoir tous les défauts du premier film : il est prévisible, présente des personnages aux limites du stéréotype, surligne en voix off ce qui se lit aisément à l’écran et pourtant Mustang finit par séduire et par emporter le spectateur.

Il ne faut pas minimiser le rôle des cinq jeunes filles non-professionnelles qui crèvent l’écran par leur joie de vivre, leur rébellion, leur beauté, leur faiblesse, leurs charmes. Leurs ruades donnent non seulement le titre au film mais également l’énergie à l’ensemble. De ce point de vue, Mustang est un film réussi sur l’adolescence, sur la capacité à la révolte de la jeunesse et, comme il se passe en Turquie à notre époque, il est une ode joyeuse au féminisme.

La réalisatrice Deniz Gamze Ergüven joue avec cette réalisation sur-vitaminée comme elle joue avec les symboles : des grands espaces marins dans lesquels il démarre, le film se poursuit inexorablement dans des lieux clos. Si d’aventure (et il y en a), les filles trouvent le moyen de s’échapper, la maison se mue grille après grille en une cage d’abord « claustrante » puis salvatrice.

Le propos se fait allégorique puis politique : chacune des sœurs, chacune des femmes cherchera le moyen de se sortir ou de s’accommoder de cette société machiste. En voie out, sortant d’un poste de radio ou de télévision, les propos, presque la fatwa, de Bülent Arinç, ex-porte-parole du gouvernement, ex-vice-Premier ministre et très proche du président Recep Tayyip Erdogan appelant les femmes à ne pas « rire en public », nous le rappellent clairement.

Face à de telles imbécillités, le spectateur ne peut qu’adhérer à Mustang… et ruer encore et encore !

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