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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Amour, #Amérique du Nord
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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« C’est l’histoire d’un meurtre dont on apprend tout à la fin que c’est le jardinier qui a fait le coup » a coutume de dire le plaisantin à propos d’un film dont on ne peut révéler grand-chose sur le propos.

Parler d’un film sans en dévoiler la substantifique moelle est toujours un exercice de style périlleux. C’est pourtant à cet exercice funambule qu’il faut se livrer avec Valley of Love de Guillaume Nicloux et tenter une approche comme on manierait une construction éphémère et fragile.

Valley of Love peut agacer, peut sembler nombriliste, égocentrique. Reposant à la fois sur son duo d’acteurs, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu, sur une histoire des plus simples, « à la recherche du fils perdu », et dans un lieu mythique, la Vallée de la Mort, il a même pu être qualifié de « film-pitch et film-casting à l’état pur » par les Cahiers du Cinéma.

Et pourtant, l’ensemble fonctionne. Le film se construit comme un tableau pointilliste : point après point, le drame, qui a déjà eu lieu, apparaît au spectateur. Le passé se reconstruit lentement et les enjeux du film apparaissent. Cela pourrait finir par tourner en rond si Guillaume Nicloux n’avait eu l’intelligence d’orienter son film, non vers le fantastique comme il semblait en prendre le chemin, mais vers l’allégorique.

Il faut aimer évidemment l’allégorie tant elle transsude in fine de tous les protagonistes, de toutes les situations, de tous les ingrédients, de tout le décor. Le film finit par être son propre miroir et par tracer son sillon sur le signe, la trace et le sens. Qu’est-ce qu’un mythe ? Une œuvre ? Quelle empreinte laissons-nous ? Et impossible d’en dire davantage sans vous révéler… le rôle du jardinier.

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