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un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Epoque contemporaine, #Europe, #Violence, #guerre, #Bad boys, #Cinéma, #Festival de Cannes
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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A quelle caméra se fier dans le film Maryland d’Alice Winocour présenté en sélection officielle dans la catégorie Un Certain Regard ? Celles de la télésurveillance sensées reproduire le réel ou celle de la réalisatrice sensée construire la fiction ? En suivant Vincent (Matthias Schoenaerts), un ancien militaire et Jessie (Diane Kruger), femme d’un riche homme d’affaire libanais, Alice Winocour cherche à brouiller les pistes.

Dès les premières images, la réalisatrice suit Vincent dans le bus, rend compte de son stress post-traumatique, de ses troubles de la perception, le colle, le plaque et l’accompagne dans sa sortie précipitée. Intégrée dans une équipe chargée de la sécurité de la propriété Maryland, résidence d’un riche homme d’affaire libanais, la réalisatrice poursuit son travail de traque, le suit dans ses pulsions, témoigne de sa difficulté à mettre à distance. Mais comme s’il se sentait épié par la réalisatrice, l’homme tout en tension se radoucit et poursuit sa mission.

Dès qu’il est aux commandes des caméras de surveillance, les rôles s’inversent, de traqué par la caméra, il devient traqueur et il retrouve une sérénité : il peut épier, regarder, suivre, surveiller… il se sent en sécurité.

Embauché comme homme à tout faire dans cette résidence, Vincent emmène Jessie et son fils à la plage. Loin des caméras de surveillance, Vincent s’agite à nouveau, est repris par ses tourments, son stress. La réalisatrice le scrute à nouveau en gros plan, dissèque son inquiétude, rappelle ses troubles. La caméra ne donne pas à voir de danger particulier si ce n’est cette voiture entraperçue dans le rétroviseur. A ce moment précis, la réalisatrice le filme dans ce qui apparait comme une réaction paranoïaque.

Coup de théâtre et sursaut du spectateur dans la salle, l’agression surgit. De retour à la résidence, la vidéosurveillance prend la suite sauf qu’elle ne remplit plus son office : elle ne films plus le réel, elle n’est plus efficiente, elle n’alerte plus, elle ne protège plus. La caméra de la réalisatrice reprend alors le dessus pour compléter le portrait de son personnage.

Filmé nerveusement en gros plans, elle le suit dans ces lieux clos, elle le suit dans son combat contre des ennemis invisibles. La caméra filme sa renaissance : l’action.

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