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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
[Théâtre – C.N.C.D.C Châteauvallon – Ollioules] Vite, vite ! Un Gros Câlin

Je me souviens encore d’un quotidien régional qui barrait sa Une avec un titre « Emile Ajar, c’était Romain Gary !» et le lycéen que j’étais avait parcouru avec avidité cette historie de dédoublement artistique de la personnalité en profitant dans la foulée pour avaler Gros-Câlin comme le python du même nom voulant avaler Blondine.

Gros-Câlin est un python adopté par Gros-Câlin alias Monsieur Cousin, le narrateur solitaire qui vit dans son modeste « deux pièces » parisien sous la protection tutélaire de deux personnages historiques Jean Moulin et Pierre Brossolette. Monsieur Cousin est amoureux de la Guyanaise Mademoiselle Dreyfus, collègue de bureau mais ne sait comment déclarer sa flamme d’autant qu’il ne la croise que dans l’ascenseur du bureau. Monsieur Cousin a un autre problème existentiel inextricable : comment nourrir Gros-Câlin son python avec Blondine la souris et ses amies quand on s’est attaché à toute cette faune ?

Le texte est un long monologue qui, sous une apparence loufoque, aborde le problème de la solitude en milieu urbain. Il ne pouvait que séduire des metteurs en scène tant il semble écrit pour être porté. Mais il offre également une grande difficulté : comment rendre sur scène la complexité des choses simples ?

Dans une scénographie très sobre et vêtu d’une sorte de négligé … négligé, le comédien Jean-Quentin Châtelain incarne pendant une heure vingt un Monsieur Cousin à l’accent suisse très convaincant. Mue après mue, Monsieur Cousin dans un texte adapté pour la scène par Thierry Fortineau, soliloque de Mademoiselle Dreyfus à Gros-Câlin sans oublier Blondine, en passant par le collègue employé de bureau ou les prostituées, qui tour à tour tentent de calmer chacun à sa manière, les errances, la solitudes et la vulnérabilité de Gros-Câlin Cousin.

La mise en scène, dépouillée de tout artifice, de Bérangère Bonvoisin fait ressortir le texte d’Emile Ajar-Romain Gary. Pouvoir captiver une salle avec une telle économie d’effets est une réelle performance artistique que nombre de metteurs en scène, avides d’accumulations ou de comédiens, gourmands en geste parasites, devraient méditer.

Gros Câlin  © C.N.C.D.C. ChâteauvallonGros Câlin  © C.N.C.D.C. Châteauvallon

Gros Câlin © C.N.C.D.C. Châteauvallon

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