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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
Shakespeare's Sister - Irina Brook - TNN
Shakespeare's Sister - Irina Brook - TNN

La pièce adaptée par Irina Brook, directrice du lieu, s’ouvre et se ferme par la chanson en off de Marie Laforêt Toi, mon Amour, mon ami que François Ozon avait déjà utilisée dans Huit Femmes. Comme la pièce est une adaptation de deux textes l’un de Marguerite Duras La Vie matérielle, l’autre de Virginia Woolf Une chambre à soi, le mélange parait a priori étonnant.

Comme la chanson off est mimée, guitare comprise, par les cinq comédiennes sur scène, je crains le pire d’autant que la plaquette du théâtre débutait la présentation de la pièce par « Dans une cuisine intemporelle… ». Or la cuisine est parfaitement datée fin des années 60, début des années 70 soit après l’arrivée de l’eau courante et avant l’invasion Tupperware et parfaitement localisable : Europe occidentale. Non décidément quelque chose ne colle pas.

Les cinq comédiennes, affairées dès l’entrée en scène, par la constitution d’une soupe portent bien le texte mais semblent prises en étau entre un parti pris qui se cherche : ou alors la mise en scène est réaliste et dans ce cas, mesdames, il va falloir quelques heures de répétition pour manier correctement hachoir mécanique et aiguilles à tricoter ou alors elle est réellement intemporelle et il faut se départir de la cuisine datée, de la trop grande ressemblance d’une comédienne à Marguerite Duras et des chansons qui marquent l’époque.

Inscrire les propos féministes à vocation universelle de Duras et de La Vie matérielle et d’Une chambre à soi dans un lieu aussi emblématique que la cuisine, lieu historique du défoulement féminin, lieu longtemps déserté par les hommes, lieu encore dans certaines sociétés de la libre parole était le postulat idéal rapidement bridé par le focus sur une cuisine occidentale du pré ou du post 68 qui finit par transformer le texte en papotage anecdotique.

Il n’en reste pas moins que le dynamisme des comédiennes, leur sens ravageur de l’humour la qualité du chant quand il est sur le vif, sauvent la pièce d’un naufrage ; c’est drôle, souvent drôle, prévisible comme l’ébauche du striptease sur Déshabillez moi ! de Juliette Gréco mais irrésistible malgré tout.

Et le partage final de la soupe savamment préparée est un régal, qu’elle manque de sel ne me gène pas… la pièce si !

Shakespeare's sister - Irina Brook - TNNShakespeare's sister - Irina Brook - TNN

Shakespeare's sister - Irina Brook - TNN

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