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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Epoque contemporaine, #Bad boys, #Politique, #Violence, #Amour, #Europe
Tosca - teatro San Felice - Genova
Tosca - teatro San Felice - Genova

S’il est deux opéras dont la fin (j’allais dire la chute !) est révélatrice de la mise en scène d’ensemble, Tosca est l’un d’eux, Dialogue des Carmélites est l’autre.

Dans le second, chacun attend dans le grandiose Salve Regina final, la manière dont les protagonistes meurent sans qu’il soit besoin de convoquer sur scène, l’échafaud, la guillotine, le panier et la sauce tomate pour faire plus « réaliste ». Dans Tosca, le problème est légèrement différent et pourrait se résumer à « Se jettera-t-elle ou ne se jettera-t-elle pas ? »

L’autre problème de Tosca est la multiplicité des lieux de l’action heureusement contournée par le metteur en scène et scénographe Davide Livermore qui, à l’aide d’un ingénieux plan incliné tournant, nous fait passer d’une pièce à l’autre, d’une scène à l’autre en rendant visible la ronde infernale, la danse macabre qui se joue. Si Davide Livermore déborde d’imagination, il ne parvient pas toujours à maîtriser l’ensemble, amenant parfois sa production à la surcharge comme les vidéos projetées en fond de scène, souvent peu pertinentes ou le mime de l’ange, sorti tout droit d’une rue piétonne d’une zone touristique et dont l’intérêt ne saute pas aux yeux. Tout ceci alourdit le propos plus qu’il ne l’illustre ou l’explique et finit par casser la dynamique d’ensemble.

Le problème de la maîtrise pourrait s’appliquer, infiniment plus légèrement, à la soprano Susanna Branchini. Excellente de bout en bout, avec une énergie qui ne connaît aucun répit, elle est la Tosca, jalouse, énergique, combattive dont un metteur en scène ne peut que rêver. Elle occupe la scène, emplit la salle de sa voix puissante et timbrée. Dans ce rôle, elle est idéale mais sait-elle maîtriser sa puissance ? Excellente occasion d’aller l’entendre à nouveau dans un autre rôle.

Face à elle le baryton Elia Fabbian assure. Si rien ne peut lui être reproché vocalement, il a un défaut majeur dans l’équilibre du plateau, il n’est pas effrayant, il n’impressionne pas et face à une telle Tosca… Rubens Pelizzari a l’élégance du personnage de Mario Cavaradossi et complète en revanche parfaitement par sa maîtrise le caractère volcanique de Tosca

L’ensemble de la production est magistralement conduite par le chef d’orchestre Stefano Ranzani mais la question demeure entière : « S’est-elle jeté ou non ? » … vous ne voudriez tout de même pas que je vous raconte la fin !

Opéra Carlo Felice - Gènes - Teatro Carlo Felice Genova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra Carlo Felice - Gènes - Teatro Carlo Felice Genova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra Carlo Felice - Gènes - Teatro Carlo Felice Genova ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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