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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Epoque contemporaine, #Amour, #Extrême orient, #Racines, #Religion, #Politique, #guerre
[Musique – Opéra de Toulon] Lakmé : la fée Clochette et ses amis

Si vous ne connaissez pas Lakmé de Léo Delibes qui pourrait, grossièrement résumé, être un Roméo et Juliette oriental ou une Madama Butterfly indienne, vous avez tout intérêt à aller le découvrir dès que vous le pourrez. Lakmé est un opéra musicalement réussi avec une vraie interrogation sur le colonialisme, d'autant qu'il a été écrit à une époque où la IIIème République civilisatrice prenait possession de l'Indochine.

Comme c'est un opéra en grande partie intimiste (les premier et troisième actes), évitez les représentations à inutile surcharge (les éléphants, les portiques, les temples). Comme c'est un opéra à texte, privilégiez un plateau francophone ou, à tout le moins, un plateau à l'élocution déliée.

Pour la gaudriole, vous pourrez toujours vous mettre en joie avant ou après le spectacle avec Florence Foster-Jenkins (voir lien ci-dessous), célèbre casserole américaine de la première moitié du XXème siècle qui a sévi dans des grands théâtres d'opéra (payés grâce à sa richissime condition) avec ses trois "tubes" fétiches : Mein Herr Marquis extrait de la Chauve-Souris de Johann Strauss, l'air de la Reine de la nuit de la Flûte enchantée de Mozart et ... l'air des clochettes tiré de Lakmé de Léo Delibes.

En revanche, aucune mauvaise surprise à attendre de la production de Lakmé à Toulon avec récitatifs chantés, dans une mise en scène de Lilo Baur avec un plateau entièrement francophone. Merci à Claude-Henri Bonnet, directeur de l'opéra de Toulon, d'avoir pu nous faire apprécier grâce à ses choix judicieux, la musique et le propos.

La scénographie évolutive du spectacle combine éléments figuratifs plutôt lourds (le talus du premier acte et la ville mobile du second acte) et des éléments plus symboliques (l'enchevêtrement des cordes-lianes du troisième acte). Même si l'ensemble peut surprendre, il est efficace.

Dans ce décor et sous la baguette de Giuliano Carella, se meut un duo de rêve : Sabine Devieilhe (Lakmé) dont la carrière s'affirme de plus en plus et Jean-François Borras (Gérald) qui connaît depuis trois ans une ascension fulgurante dans toutes les grandes maisons d'opéra de Vienne à New-York. S'il avait fallu compléter le trio de Lakmé, j'aurais préféré entendre Laurent Alvaro dans Nilakanta plutôt que Marc Barrard qui pose un Nilakanta intéressant mais beaucoup moins effrayant que celui que Laurent Alvaro avait campé à Monaco. Mais je me livre vraiment à du pinaillage tant le plateau est convaincant, équilibré et juste avec Laure Ugolin et Loïc Félix en Malika et Hadji ou encore l'excellent Christophe Gay en Frédérick et la non moins performante Cécile Galois en Miss Bentson.

Même le ballet, rondement mené par trois danseuses seulement, donne du sens à l'ensemble.

Tout aurait pu aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si le public comme à son habitude dans cet opéra ne s'était pas allé à applaudir au premier coup de percussion ... en plein milieu de l'air des clochettes. Mais cet enthousiasme regrettable témoigne sans doute d'un hommage empressé ... il est finalement bien plus pardonnable pour cette représentation que ne l'aurait été un injuste silence blasé.

Lakmé-Opéra de Toulon - Octobre 2014

Lakmé-Opéra de Toulon - Octobre 2014

Lakmé-Opéra de Toulon - Octobre 2014

Lakmé-Opéra de Toulon - Octobre 2014

Lakmé-Opéra de Toulon - Octobre 2014

Lakmé-Opéra de Toulon - Octobre 2014

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