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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Epoque moderne, #Europe, #Amour
[Théâtre - Anthéa - Antibes] Première classique au nouveau théâtre d’Antibes : "Le Jeu de l’amour et du hasard"

Pour le premier spectacle d’Anthéa-Antipolis après l’inauguration, Daniel Benoin a pris le parti de la double référence. Référence au répertoire avec Le Jeu de l’Amour et du hasard de Marivaux et référence à la maison du théâtre : la Comédie française. Un classique après Traviata, opéra parmi les plus célèbres, la formule est habile pour attirer un public à découvrir la salle et à se l’approprier.

La comédie de Marivaux est un spectacle créé en octobre 2011 à la comédie française par Galin Stoev. La distribution est légèrement différente de la création (Silvia, Mario et Monsieur Orgon changent de tête). Sur une partie de la scène, la scénographie est composée de plusieurs cubes de verre créant autant de petites pièces dans lesquels on peut déambuler. Dans chacune de ces alvéoles se trouve une chaise, les pièces se répondent soit en mimétisme soit en opposition : à l’évidence, la scénographie va favoriser les jeux de miroir et les faux-semblants.

Les costumes sont de plusieurs ordres. Si Lisette et Arlequin portent un costume marquant une époque avec une « perruque pièce montée très XVIIIème » pour Lisette, Dorante est en tenue plus moderne, de même que Silvia qui s’affiche en soubrette. Quant à Mario, sorte de petit génie de la domotique et des machines à exploser, il est affublé d’une tenue de dandy vaguement homosexuel.

Nous sommes dans un entre-deux qui va s’installer pendant toute la pièce, comme si la mise en scène prenait un tour qu’elle hésitait à emprunter jusqu’au bout. La scénographie, mobile, ne sert finalement pas à grand-chose, les jeux de miroirs potentiels ne sont jamais exploités, les machines inventées par Mario tiennent du sur-ajout, le jeu des comédiens hésite entre caricature, trait forcé et postures d’une autre époque. Léonie Simaga campe une Silvia difficilement audible au début de l’action.

Heureusement, Suliane Brahim et, dans une moindre mesure, Pierre Louis-Calixte donnent à Lisette et Arlequin une épaisseur et un sens qui ne se départira pas tout au long de la pièce : ils s’empêtrent dans leurs costume, en font des tonnes pour paraître en vain plus crédibles que nature, donnent à leurs dialogues l’authentique faux des parvenus, ils poussent leur personnage à l’extrême et sauvent l’ensemble.

Je suis finalement sorti de là avec un sentiment identique au parti pris de mise en scène ... hésitant !

Le Jeu de l’amour et du hasard – Comédie à la française en trois actes et en prose de Marivaux - Mise en scène et scénographie : Galin Stoev avec la troupe de la Comédie-Française – Costumes : Bjanka Adžic Ursulov – Lumière - Elsa Revol - Musique originale : Sacha Carlson

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