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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Europe, #Epoque moderne, #Mythe
[Musique - Printemps des Arts - Auditorium Rainier III] Barbe-bleue fait toujours peur

Pour l’opéra de Bela Bartok, le Château de Barbe-bleue donné en version de concert vendredi soir dans le cadre du Printemps des arts, il semblerait que le public ait adopté le début de la moralité du conte originel de Charles Perrault : « La curiosité, malgré tous ses attraits, coûte souvent bien des regrets ».

Tiers de salle à l’auditorium Rainier III pour écouter l’orchestre de Nice dirigé par Philippe Auguin, Matthias Goerne dans le rôle de Barbe-bleue et Michelle deYoung dans le rôle de Judith.

Entre le conte de Perrault et le texte théâtral de Dea Loher Barbe-bleue espoir des femmes, paru en 2001 en France, la figure et la fin de Barbe-bleue fluctuent énormément avec les époques allant du monstre sanguinaire à un actuel chausseur pour dame. Le Barbe-bleue de Bela Bartok présente lui aussi ses caractéristiques propres.

L’opéra en un acte d’une heure est précédé d’un prologue parlé, exécuté pour la circonstance par Sunnyi Melles. Contrairement au lieu originel du conte, le château se compose d’un hall qui distribue sept pièces à travers sept portes comme les sept péchés capitaux : les deux premières salles sont celles de la force (salle d’armes et salle des tortures), les trois suivantes, celles de la puissance (Trésors, vaisselle et mobilier, terres). Elles sont toutes maculées de sang.

L’avant-dernière pièce est celle des larmes. La dernière est celle de la claustration car contrairement au conte, point de sœur Anne, point de secours ni de salut en vue.

Je connaissais Matthias Goerne, je découvre Michelle deYoung. L’orchestre de Nice, très en retrait dans Traviata à Antibes, trouve toute sa puissance et toute sa précision sous la direction au millimètre de Philippe Auguin. La musique, la puissance de la voix de Michelle deYoung notamment, contribuent à faire monter l’angoisse. Nous sommes coincés dans ce hall imaginaire et la seule écriture musicale nous fait monter l’adrénaline. C’est la première fois qu’une version de concert d’un opéra me transporte à ce point !

Cher maître Perrault, désolé de vous contredire mais j’ai décidé de modifier légèrement votre moralité. « La curiosité, malgré tous ses dangers, coûte souvent bien des plaisirs » me semble ce soir bien plus approprié.

Le Château de Barbe-Bleue op. 11, BB 62 de Bela Bartok –Version de concert - Orchestre Philharmonique de Nice sous la direction de Philippe Auguin avec Matthias Goerne, baryton, Michelle DeYoung, mezzo-soprano et Sunnyi Melles, récitante

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