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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Danse
[Musique - Danse - Opéra de Nice  - Annonce de saison] Opéra de Nice : une création, de la diversité et une grande inquiétude

En termes de calendrier de présentation de saison, l’opéra de Nice arrive bon dernier par rapport aux trois opéras les plus proches (Monaco, Toulon et Marseille), signe que tout n’est pas encore calé comme la distribution de Dreyfus par exemple ou signe que l’élaboration a été âprement discutée ?

C’est la première programmation du nouveau directeur artistique Marc Adam, ancien directeur du Théâtre de la ville de Berne (2007-2012) qui a pris la tête d’un opéra sans direction artistique depuis deux ans provoquant la juste colère de Christian Merlin dans le Figaro le 16 janvier 2012.

Sept spectacles lyriques dont deux en direction du jeune public seront proposés l’an prochain. Première curiosité, c’est en français que sera donné le premier spectacle le Freyschütz de Carl Maria von Weber dans la version française de Berlioz. C’est pourtant Guy Montavon, directeur général du Théâtre d’Erfurt depuis 2002, qui signera, aux côté de Philippe Auguin à la direction d’orchestre, la mise ne scène, après son remarquable Stiffelio à Monaco l’an dernier.

Pour les fêtes, l’opéra de Nice renouera avec l’opérette en donnant La chauve-souris de Johann Strauss Fils sous la direction musicale de Bruno Ferrandis, chef titulaire du Santa Rosa Symphony Orchestra en Californie. Deuxième curiosité, malgré une mise en scène d’Andreas Gergen, directeur du Landestheater de Salzbourg depuis août 2011, la Chauve-souris sera donnée en français. Comme il est d'usage de modifier le livret pour l'adapter à l'actualité en prenant une personnalité pour incarner Frosch, le gardien de prison, le choix s’est naturellement porté sur Noëlle Perna qui devrait faire merveille.

Le répertoire baroque ne sera pas oublié avec Semele de Georg-Frederic Haendel dans une mise en scène de Jakob Peters-Messer sous la direction musicale de George Petrou qui se concentre sur les répertoires baroque, classique et romantique.

Francesco Micheli mettra en scène Adrienne Lecouvreur de Francesco Cilea sous la direction musicale de Roland Böer qui a dirigé à la Scala, à l’opéra du Rhin de Strasbourg ou au Deutsche Oper de Berlin.

Enfin, la création mondiale Dreyfus sur une musique de Michel Legrand et un livret de Didier van Cauwelaert sera mise en scène par Daniel Benoin et dirigée par Jérôme Pillement, chef réputé pour la musique française. La création mondiale totalisera à elle seule autant de représentations que les quatre autres opéras réunis. Beau pari pour une création du XXIème siècle !

Les deux propositions lyriques pour le jeune public sortent des sentiers battus : Brundibár de Hans Krása sur un livret d’Adolf Hoffmeister présente la particularité d’avoir été créé au ghetto de Terezin (ex- Theresienstadt), le 23 septembre 1943. La mise en scène sera assurée par Stefania Bertini. La Compagnie Auteuil Zéro 4 Virgule 7 de Grégory Cauvin proposera Hoffmann 3 contes d’après l’œuvre de Jacques Offenbach avec transcription au piano et au violon.

Outre la manifestation « c’est pas classique », seize concerts avec l’orchestre philharmonique de Nice seront programmés dont six par le titulaire Philippe Auguin. Deux concerts de l’ensemble Apostrophe dirigé par Mark Foster et un concert dans le cadre des Manca 2013 dirigé par Jean Deroyer complèteront la saison.

Sept autres chefs seront invités : deux chefs, l’un autrichien Helmut Froschauer, l’autre formé à Vienne, Lorenzo Viotti dirigeront les deux concerts du nouvel an à Acropolis et à … Tourettes-Levens. Gyorgy G. Rath, acclamé pour sa direction de Madama Butterfly l’an dernier, reviendra pour diriger l’orchestre dans les œuvres de ses compatriotes Bartok et Kodaly. Le directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Marseille, Lawrence Foster, viendra en voisin. Le norvégien Eivind Gullberg Jensen, le canadien Derrick Inouye et l’autrichien Léopold Hager pour Mozart et Richard Strauss complèteront le tableau.

Les solistes annoncés seront d’origines musicales diverses pour des compositeurs qui le seront tout autant : les pianistes Bertrand Chamayou (Beethoven) et Cédric Tiberghien (Ravel), les violonistes Julien Racline (Tchaïkovski) et Franck-Peter Zimmermann (Dvorak), le harpiste Xavier de Maistre (Mozart) et le hautboïste Albrecht Mayer (Vivaldi et Haendel) côtoieront les ténors Herbert Lippert (Richard Strauss) et Adorján Pataki (Kodaly) ou la soprano Amber Wagner (Richard Strauss).

Treize concerts à fréquenter en famille à l’opéra seront programmés le dimanche matin à 11 h 00 et mettront en avant, à chaque représentation, un compositeur et quelques musiciens de l’orchestre.

Pour les concerts hors les murs, cinq concerts de musique de chambre seront programmés au Théâtre de la photographie et de l’Image Charles Nègre le lundi à 12 h 30, quatre se dérouleront au conservatoire national à rayonnement régional les lundis soirs à 20 h 00 et cinq auront lieu au Musée Chagall les lundis soirs à 20 h 00.

Pour les fêtes de fin d’année, un concert jeune public présentera les fabuleuses Fables de Monsieur de la Fontaine avec le chœur d’enfants de l’opéra Nice - Côte d’Azur.

La danse fait un retour remarqué depuis quelques années à l’opéra de Nice. Onze spectacles chorégraphiques seront proposés la saison prochaine. L’événement sera sans doute le Marco Polo de Luciano Cannito avec la participation d’Eric Vu-An. Eric vu-An, directeur de la danse à l’opéra de Nice proposera les deux Pigeons d’après Jean de la Fontaine et Sylvia suite. L’opéra rendra hommage aux chorégraphes anglo-saxons Alvin Ailey pour Night Creatures sur une musique de Duke Ellington et Ben Stevenson pour Three préludes sur une musique de Serguei Rachmaninov. Enfin, Sinfonietta de Jiri Killians sur une musique de Janacek clôturera la saison à l’opéra. Pour promouvoir la danse à l’extérieur, deux dates hors les murs sont prévues avec quatre pièces chorégraphiques présentées sur le plateau du Théâtre national de Nice et trois pièces sur le plateau du Théâtre de verdure.

Tout irait donc dans le meilleur des mondes possibles pour la lisibilité de la maison opéra si nous ne trouvions pas dans la catégorie « autre événement » (sic) une proposition de l’association Contre Ut présidée par Melcha Coder dans le cadre du XIIème festival d’opérette. Melcha Coder, par ailleurs présidente de l’association pour le rayonnement de l’opéra de Nice (ARON), présente La Vie parisienne de Jacques Offenbach. Outre la confusion des genres, dans la mesure où on ne comprend plus qui aide à faire rayonner quoi, l’encadrement professionnel de la production laisse perplexe. J’ai peu d’inquiétude pour la direction musicale de Philippe de Chalendar, pour l’excellent Philippe Ermelier qui se produit régulièrement sur les scènes françaises et monégasques ou encore pour Pauline Courtin qui a travaillé avec Yves Beaunesne ou Laurent Pelly. J’ai davantage de doutes, en revanche, sur le reste de la distribution composée de chanteurs qui tournent peu, pas ou plus, qui ne sont pas dans leur registre ou qui sont clairement dans le champ de la pratique en amateur. J’ai encore plus d’inquiétudes sur la mise en scène confiée à Serge Manguette, inconnu du monde professionnel de l’opéra, avec des costumes (d’époque) de la Maison Grout de Bordeaux.

Mélanger ainsi les genres, les styles et les statuts, c’est mettre tout le monde en danger, l’opéra en tête. Après l’article incendiaire «Gâchis désastreux» à l'Opéra de Nice du Figaro le 16 janvier 2012, cet épisode ne va-t-il pas contribuer à brouiller davantage les cartes ?

Opéra de Nice - Intérieur ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Opéra de Nice - Intérieur ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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