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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Afrique, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour, #Violence, #Bad boys
[Cinéma - Rialto - Nice] « Tabou » … Coupez !

Comme Vertigo d’Alfred Hitchcock, comme Mulholand Drive de David Lynch ou plus récemment, The Island de Kamen Kalev, Tabou de Miguel Gomez fait partie de ces films coupés en deux. Dans ces films, la narration s’interrompt brusquement pour suivre une autre voie. Dans Mulholland Drive, David Lynch a tellement rebattu les cartes que notre propre reconstruction du récit s’avère compliquée. Dans The Island, Kamen Kalev verse tellement dans l’allégorie que son film devient illisible pour beaucoup.

Tabou est beaucoup plus proche dans sa coupure de Vertigo. La deuxième partie du film d’Alfred Hitchcock est chronologiquement la suite de la première et nous apporte une solution au coup diaboliquement monté. Tabou à l’inverse nous propose un gigantesque flash back qui va nous emmener du Lisbonne d’aujourd’hui au Mozambique de l’ère coloniale quelques décennies plus tôt à travers l’histoire d’Aurora.

Cette plongée dans le passé accentuée par un noir et blanc qui n’a rien de factice, agrémenté d’une bande son entrainante, nous fait découvrir une histoire d’amour et de meurtre. « Une histoire d’amour en Afrique, ça ne vous rappelle rien ? » me direz-vous. Sauf que Tabou, notamment dans sa deuxième partie, en évitant le récit chronologique, en jouant avec les distorsions de la narration et les cassures temporelles, nous envoute d’avantage de minute en minute.

Tabou nous fait découvrir un passé colonial qui nous est étranger mais Tabou nous fait surtout découvrir le plus beau des états … celui des souvenirs d’une passion.

Tabou - Film de Miguel Gomes – Portugal – Allemagne – France – Brésil - 2012 – Numérique - 1h50

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