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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Extrême orient, #Violence, #Epoque contemporaine
[Cinéma - Mercury - Nice ] « Only God forgive » : comme un petit grain de … sabre.

Vous aimez les films de genre ? Vous allez être servis. Nicolas Winding Refn, présent en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, est de retour deux ans après Drive pour Only God forgive.

Le scénario ? Du papier à cigarettes, une histoire de vendetta mutuelle entre des ressortissants américains (une mère et deux frères) et un flic à la retraite sur fonds de trafic de drogue et de boxe thaï qui sert de couverture. Scénario squelettique car l’intérêt est ailleurs : c’est dans le traitement du sujet que le film prend de la hauteur.

Du film de genre, nous commençons par le film d’action, pour prolonger par le film documentaire, sur la prostitution de vitrine, avant de venir au thriller pour atterrir sur le film de sabre. Tout y passe, de la poursuite au mitraillage général dans un restaurant, de la castagne à la subtilité des tortures asiatiques, de la douceur orientale à la prostitution pour mineure, de l’arme à feu au sabre, de la douceur orientale à l’hémoglobine. Il est possible également d’inclure le péplum dans la liste car deux frères en concurrence qui mettent le monde cul par-dessus tête, ça ne ferait pas un peu « sang des Atrides » ? Ce ne sera pas la seule référence à l’antiquité du reste.

Certains ont reproché au film, et ce n’était pas sous leur plume un compliment, son maniérisme. Si on considère le maniérisme comme un jeu artistique et subtil de l'emprunt, une sorte de filiation avec la création artistique de la période précédente alors Only god forgive est effectivement un film maniériste. On retrouve des clins d’œil à David Lynch, des résonnances de David Cronenberg, des ondes de Quentin Tarantino, notamment Kill Bill à moins que ce ne soit l’effet sabre qui fasse effet mais dans une version personnelle, travaillée, beaucoup plus compliquée qu’en apparence.

L’esthétique des décors dans un premier temps campe l’ambiance avec, dans de nombreux plans, la reprise-lumière du drapeau thaïlandais et son bleu blanc rouge. La symbolique des plans ensuite, certains plans (le diner de famille au restaurant, l’accueil à l’hôtel du policier en retraite) font de la mère une figure centrale qui sépare le plan en deux parties symétriques ou plutôt quasi-symétriques avec ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle pour son fils Billy (voir ci-dessous).

L’atmosphère ensuite, qui nous fait changer de registre dès que notre confort de spectateur semble avoir trouvé ses marques et ce surgissement de violence après des séquences ouatées, qui finissent par nous transmettre une appréhension à chaque instant de calme.

Enfin, ce travail sur les personnages, le bellâtre Julian (Ryan Gosling) qui n’a jamais l’air à sa place et dont le côté « bogosse » compense les accès violents. La mère (Kristin Scott Thomas) sorte de Koré vieillissante, sorte de Gorgone, vipérine à souhait, sorte de Médée sacrifiant ses enfants pour ses hommes perdus (son mari et son fils préféré) dans le trafic. Et pour finir la galerie de portraits, le policier à la retraite dit l’Ange de la vengeance (Vithaya Pansringarm), personnage énigmatique capable de passer du karaoké au découpage au sabre, vengeur surgissant de nulle part, sans statut, il pourrait presque sembler irréel, au dessus des hommes sauf que … only god forgive.

« Only God forgive » - Film de Nicolas Winding Refn - France Danemark - Thriller dramatique - 2013 - 1 h 30

Only God forgive : "ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle"Only God forgive : "ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle"

Only God forgive : "ce petit quelque chose d’asymétrique qui marque sa préférence maternelle"

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