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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Amour, #Epoque contemporaine, #Europe
[Cinéma - Festival de Cannes - Un Certain regard] Le nucléaire divise encore

Les films, qui ont pour toile de fond l'industrie nucléaire, sont nombreux : avec Le Syndrome chinois de James Bridges en 1979 ou, plus ironiquement, avec Les Saisons du plaisir de Jean-Pierre Mocky en 1987, le nucléaire était vu de l'extérieur à travers ses accidents. Le Mystère Silkwood de Mike Nichols en 1983 nous avait fait entrer à l’intérieur d’un périmètre de dangerosité.

Après Belle Epine présenté à la Semaine de La Critique en 2010, Rebecca Zlotowsky nous fait pénétrer avec Grand Central au cœur des réacteurs. En prenant appui sur une histoire de camaraderie de travail et de relation amoureuse, la réalisatrice nous entraîne dans les méandres peu glorieux de la sous-traitance nucléaire.

Certains sujets divisent l’opinion en deux camps irréductibles (les « pro » et les « anti ») voire génèrent une mauvaise foi, à grand coups de communiqués de presse, au point de gêner toute action de réflexion. Rebecca Zlotowsky joue avec cette approche en bâtissant son film sur les castes et le mensonge ou le travestissement de la vérité.

Plusieurs castes s'affrontent dans le film : les anciens et les nouveaux, les contaminés et les autres, les agents EDF et les ouvriers de la sous-traitance «payés plus parce qu’ils encourent moins de risques et qu'ils ont l'électricité gratuite», dira un employé de la sous-traitance. D’ailleurs, ne mélangeons pas tout, deux parkings coexistent pour séparer les «intouchables», les potentiels contaminés, des autres. Les ouvriers descendent dans les réacteurs comme les ouvriers du XIXème descendaient dans les puits de mine, la dose remplace le grisou, la grève est impossible, elle n'a même plus à échouer.

Concernant les mensonges, tous les protagonistes s'arrangent comme ils peuvent avec la réalité. Gary (Tahar Rahim) ment sur sa contamination pour ne pas être renvoyé, Karole (Léa Seydoux) trompe son futur mari puis trompe son amant pour finalement peut-être se tromper elle-même, Olivier Gourmet révèle à la fin du film que sa femme dont il parle si souvent s'est fait la malle depuis longtemps et finalement Rebecca Zlotowski ne nous manipulerait-elle pas elle-même en faisant résonner en fin de film les sept coups de la sirène d'alarme annonçant un accident nucléaire majeure ?

"Grand Central" - Film de Rebecca Zlotowski - France – 2013 – 1 h 30 – Sortie en France 28 août 2013

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