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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Violence, #Bad boys, #Europe, #Epoque contemporaine
[Cinéma - Festival de Cannes 2013 - Semaine de la Critique] "Salvo" : sauvé ? Pas si sûr

Les premières scènes du film sont troublantes … pour un voyant. Mais n’importe quelle personne ayant ou ayant eu de graves insuffisances ophtalmiques identifient immédiatement le rideau bleu qui bouge au gré du vent. Les autres devront patienter avec la mise au point qui se fait lentement.

Le point de vue du malvoyant, voila l’un des excellents partis pris esthétiques de ce film qui éclipse un scénario qui peut certaines fois se montrer maladroit. Salvo Mancuso, tueur de la mafia sicilienne, élimine le frère de Rita devant ses yeux … aveugles ou en tout cas malvoyants. Il lui laisse la vie sauve et la séquestre tout en annonçant sa mort au petit clan qu’il fréquente.

Qu’elle recouvre la vue est beaucoup dire, elle voit des ombres, des lumières, elle est particulièrement photophobe, se concentre sur des apparences, des fulgurances visuelles et pour renforcer son isolement, les deux réalisateurs, Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, ont multiplié et amplifié les son « out », comme un mal-voyant peut les entendre en s’y raccrochant. Du coup, les scènes de violence et de meurtres se retrouvent mises à distance, « simplement » audibles.

Mais ce n’est pas le seul intérêt du film. La présentation de membres éminents de la mafia comme autant de solitudes, « vivant comme des rats au point de se demander si la vie vaut la peine d’être vécue » comme l’explique le petit baron de la mafia local, est soulignée par des sur-cadrages qui reviennent assez souvent et un clair-obscur de tous les instants.

Ces personnages, tous éternellement traqués, tous en sursis, sont filmés en gros plan, voire en très gros plan, par une caméra qui colle les personnages, comme s’ils ne pouvaient échapper à l’œil qui les surveille, qui les guette, qui les épie.

Film surprenant, Salvo travaille les codes du genre, alterne rythme lent et scènes d’actions et met en scène un réel langage cinématographique. Cela devient tellement rare que les faiblesses de scénario semblent mineures.

"Salvo"– Film franco-italien de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza - 2013 - 1H43 - VO Italien

[Cinéma - Festival de Cannes 2013 - Semaine de la Critique] "Salvo" : sauvé ? Pas si sûr[Cinéma - Festival de Cannes 2013 - Semaine de la Critique] "Salvo" : sauvé ? Pas si sûr

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