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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Afrique, #Europe
"Lola Pater" de Nadir Moknèche

"Lola Pater" de Nadir Moknèche

Pas de chance pour le film Lola Pater vu dans la même journée que 120 Battements par minute de Robin Campillo. Passer après ce qui est un des meilleurs films de l’année c’est un peu passer un oral après le premier de la classe… le handicap est lourd.

Dans son film Lola Pater, le réalisateur Nadir Moknèche questionne à la fois la paternité et l’identité sexuelle. Comme dans Le Fils de Jean de Philippe Lloret, la mort de la mère amène évidemment la question du père disparu. Si Philippe Lloret nous embarque au Canada pour rechercher un père qui n’est pas celui attendu, la quête de Zino dans Lola Pater ne l’amène pas en Algérie mais dans le sud de la France. Le père n’est pas non plus celui attendu : il se nomme désormais Lola.

Allier dans le même film quête du père et quête de son identité sexuelle était un pari assez gonflé et Nadir Moknèche n’y va pas de main morte quitte à bousculer certaine idées reçues. L‘ensemble souffre cruellement de rythme et de réelles surprises. C’est quelquefois extrêmement maladroit, pas toujours très loin du poncif à certaines reprises mais l’idée est originale, l’histoire se tient et le pari est presque réussi.

Tewfik Jallab dans le rôle de Zino crève l’écran. Il porte réellement le film, incarne à la perfection ce jeune adulte qui voit ses repères, son monde, ses certitudes, ses rêves, son père fantasmé  s’effondrer en l’espace de quelques mois. Tout son jeu est au service de ce personnage plein de doute, en plein désarroi. Il a d’autant plus de mérite qu’en face Fanny Ardant en fait des tonnes. Si elle a tous les atouts du rôle, son manque de naturel, son maniérisme empêche de croire de manière récurrente à son personnage… dommage !

 

« Lola Pater » - Comédie dramatique de Nadir Moknèche avec Fanny Ardant, Tewfik Jallab, Nadia Kaci – France, Belgique - Date de sortie : 9 août 2017 – Durée : 1h 35’

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Il existe différentes manière d’aborder un film. Tout dépend de notre état d’esprit, notre humeur, notre vécu, nos traumatismes, nos souvenirs.  Pour la génération née à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, pour peu qu’ils soient passés directement de l’adolescence aux années SIDA, le risque de prendre le film de Robin Campillo 120 Battements par minute en pleine face est bien réel. Les comédiens ont leur âge, ils dansent sur leur musique, ils gueulent faux Tell me why ou Runaway Boy plus fort que les Bronski Beat voire ils ont soigné leurs malades, accompagné leurs amis ou sont passés directement dans la discothèque à peine sorti de l’enterrement… comme dans le film qui restitue bien ces années où la jeunesse  danse sur un volcan. Déjà morts, encore vivants a titré Emmanuel Burdeau dans son article sur Médiapart… c’est exactement cela.

La grande force de frappe du film de Robin Campillo tient à cette fidèle restitution des années de plomb, celle où la vie devient dans certains groupes notamment chez les accompagnants une partie réelle de chaises musicales : à chaque fois l’un se retrouve sur le carreau… Déjà morts, encore vivants. Ce réalisme des RH (réunions hebdomadaires)interminables, des engueulades à répétition, de la déchéance des corps, des soutiens à apporter, des tensions à supporter, des nécessaires moments de décompression en groupe au son de la house music omniprésente, des pouvoirs publics qui semblent tétanisés, de ces mères aimantes qui accompagnent dignement leur enfant, tout ceci renforce le lien émotionnel qui entoure le film, de son filigrane militant qui enveloppe les activistes d’Act Up-Paris. 

Mais ce n’est pas un film militant auquel cas il ne s’adresserait temporairement qu’à quelques dinosaures encore vivants. C’est un film, une œuvre, sans doute une grande qui relate avec sa chronologie, son histoire, ses partis pris, la vie de ces activistes qui ont fait prendre un tournant à toute la société occidentale. Le film débute par une RH avec accueil des nouveaux, sorte de rentrée des classes et se termine avec la mort ou plutôt par un dernier geste héroïque post-mortem comme un pied de nez à la mort. Dans l’intervalle c’est le combat, le combat entre l’entrée dans la vie, dans le groupe et l’issue fatale. Si le film colle au réel, il se construit comme une décantation, il va du général au particulier, des réunions hebdomadaires agitées à la relation plus apaisée entre Nathan et Sean. Comme la maladie, le film isole les éléments. La mise en place des personnages au début du film joue sur les temporalités : on passe d’aujourd’hui à hier avec une voix tantôt off tantôt in qui récapitule. Le passé, le présent et le futur se confondent déjà dans cette urgence de la vie, dans cette urgence à agir. Pour bien marquer l’hétérogénéité d’Act Up-Paris, Robin Campillo multiplie les points de vue en début de film : la poche de sang  qui s’écrase sur le visage d’un représentant officiel est vue de différentes manières, véritable métaphore des discussions à couteaux tirés à venir.

Le film joue avec son propre sujet. Le film suit des activistes, il les repoussera dans les derniers retranchements sans fard en jouant sur les points forts, les point faibles, les contradictions, les prises de tête, les prises de risques, les dérapages du groupe. Act Up-Paris joue sur les symboles, la communication, le film fera de même : il est à la fois œuvre majeure, outils de communication pour un réveil des consciences et élément d’une mémoire collective. Act Up-Paris  manie à la perfection la performance, le culot, la spontanéité, le film jouera avec une certaine crudité des images, la crudité des situations, la crudité des slogans. En fait, Robin Campillo réussit avec un funambulisme entre supportable et insupportable, communication et respect, activisme et écoute à restituer les mentalités collectives du groupe qui, devant l’urgence, s’essaie à toutes les tactiques.

Enfin le film est porté par une pléiade d’actrices et d’acteurs, chacun pleinement investi dans son personnage de fiction lui-même synthèse de situations réelles. Non seulement ces jeunes sont forts en gueule à la manière d’Adèle Haenel qui semble avoir fait reprendre du service à son personnage de Madeleine Beaulieu dans les Combattants mais ils engagent aussi tout leur corps dans la bataille. Antoine Reinartz (Thibault) incarne la communication, la force de frappe sans laquelle Act Up-Paris n’aurait eu cet écho. Tout en lui communique, quelle que soit la situation : il cristallise donc contentements et mécontentements, rancœurs et admiration.  Nahuel Pérez Biscayart, fantastique dans le rôle de Sean sera le maître du temps c’est par son corps supplicié que défileront les quelques mois qui lui restent à vivre passant de la trémoussante pom-pom girl à un corps supplicié par le sarcome de Kaposi. Arnaud Valois incarne Nathan qui dans la Bible est un prophète, un annonciateur. Il est tout aussi lumineux, joue en revanche sur l’ambiguïté de sa gueule d’ange : ange gardien ou ange de la mort ? Il est à l’image du film, de nous, des personnages, d’Act Up-Paris, génialement ambivalent.

Déjà morts, encore vivants disait d’eux Emmanuel Burdeau… et nous spectateurs à la fin du film sommes toujours vivants… et encore plus qu’avant !

 

 

« 120 Battements par minute » - Drame de Robin Campillo Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz – France - Date de sortie : 23 août 2017 – Durée : 2h 20’

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Urbanisme, #Tourisme, #Politique, #guerre, #Moyen âge
Fougères- Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Fougères- Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Du premier royaume breton fondé par Nominoë vers 840 au mariage de Claude de France, fille d’Anne de Bretagne, avec le roi de France François Ier, la Bretagne indépendante et fière l’être a constitué un système défensif du nord au sud dans les marches bretonnes, zone de contacts entre le duché indépendant et le Royaume de France en construction.  Encore lisible aujourd’hui, il se matérialise par une série de châteaux et autres fortifications qui ont résisté au temps et à l’urbanisme. Toutes ces villes résonnent encore de noms illustres : Gilles de Rais, Olivier de Clisson, Bertrand du Guesclin, Anne de Bretagne qui nous replongent dans nos souvenirs d’enfance. De Clisson à Fougères en passant par Vitré ou Guérande, quatre vile témoigne de manières diverses de ce glorieux passé.

Guérande à l’intérieur des terres bretonnes est l’exemple parfait de la ville close non loin des marais salants qui ont contribué à sa fortune. Guérande a conservé son kilomètre et demi de remparts percés de quatre portes et quelques poternes. L’intérieur de la ville close abrite les ensembles religieux de la collégiale Saint-Aubin et la chapelle Notre-Dame-la-blanche. L’intérieur des remparts n’a pas échappé  au développement  du commerce touristique mais le site n’est pas encore trop pollué.  

Même si les halles et le vieux pont sont des merveilles, Clisson est surtout connu pour son imposante forteresse. Édifiée par les puissants seigneurs de Clisson du XIème siècle jusqu'au XVème siècle, le château sera renforcé par le duc de Bretagne François II qui fera bâtir une seconde enceinte munie de nombreuses tours défensives couvrant la partie ouest, plus exposée que l’autre protégée par la vallée de la Sèvre nantaise.

Plus au nord, la ville de Vitré, s’est développée sur un site défensif constitué d’un promontoire rocheux qui domine la vallée de la Vilaine. La ville s’est entourée d’une seule enceinte au XIIIème  siècle. Même si elle subsiste par endroits, l’enceinte a souffert du percement de voies dans le centre historique et de l'arrivée du train au milieu du XIXème siècle. Le château triangulaire est bâti sur le sommet de l'éperon rocheux, entouré de fossés secs. Il constitue une place forte dans la place forte et abrite aujourd’hui la mairie. Vitré a conservé, malgré les changements urbanistiques récents, des traces de son glorieux passé : Vitré compte 72 monuments historiques et 99 bâtiments inventoriés.

Enfin Fougères impressionne. Même si elle n’abrite que 24 monuments historiques et 87 bâtiments inventoriés, une paille par rapport à Vitré, l’étendue du secteur patrimonial est une curiosité à elle seule. Le château de Fougères occupe une superficie de deux hectares. Constitué de trois enceintes en bon état de conservation, il laisse apparaître treize tours encore debout dont certaines se visitent. Mais le château et sa ligne défensive ne doivent pas occulter d’autres richesses comme le premier beffroi jamais construit en Bretagne  en 1397 par des drapiers en goguette de retour des Flandres ou la porte Notre-Dame,  seule porte fortifiée de la ville qui subsiste encore présentant tous les éléments de défense : douves, meurtrières, mâchicoulis…

Témoins de leurs heures de gloire passées, ces villes ont décidé de s’engager dans une  démarche d’avenir avec la candidature à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO… évidemment !

Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Moyen âge, #Epoque moderne, #Politique, #Tourisme, #guerre
Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Envie de visiter quelques châteaux renaissance mais affolé par les hordes touristiques, leur guide et leur parapluie de reconnaissance ? Une seule solution : privilégier les châteaux à l’écart des grandes destinations des brochures comme le château de Baugé-en-Anjou dans le Maine-et-Loire ou le château du Lude dans la Sarthe.

En 1454, à la fin des troubles de  la guerre de Cent Ans, René Ier d'Anjou hérite des ruines du château de sa mère Yolande d’Aragon dans la cité du Vieil-Baugé. Les hostilités s’éloignant, les progrès de l’artillerie rendant inutiles ces vieilles forteresses, René Ier d'Anjou fait construire un pavillon de chasse aux dimensions d'un manoir seigneurial, sur les plans de son architecte Guillaume Robin. Ce château, achevé en 1465, encore visible aujourd’hui abrite un musée.

Quelques dizaines de kilomètre plus loin, pour les mêmes raisons, le château du Lude se transforme.  A l’origine du château du Lude se trouvent les Normands et leurs incursions au IXème siècle. Pour s’en prémunir, le fort de la Motte au Lude aux confins du Maine, de l'Anjou et de la Touraine est édifié. Reconstruit un peu plus loin, une forteresse médiévale nouvelle sort de terre et se complexifie entre le XIIIème et le XVème siècle. Les soubassements de ce château, comme les douves sont encore visibles en regardant l’architecture générale. Jean de Daillon, propriétaire des lieux au XVème siècle fait appel à l’architecte Jean Gendrot qui rénove entièrement le vieux château et le transforme en un logis de plaisance dans le style de la Renaissance. Le château d’agrément semble ainsi posé sur la fortification médiévale.

Le château du Lude est un château privé habité par la même famille depuis 260 ans. C’est sans doute ce qui rend la visite originale. Ici les visites se font librement, certaines parties sont entièrement privées mais les extérieurs et une partie des intérieurs sont visibles.  Les extérieurs (douves, cuisines, souterrains, caves, grenier à grain et sa magnifique charpente) méritent à eux-seuls la visite. Le grand intérêt de ce château est qu’il vit. Les pièces visitées sont des pièces à vivre dont il est facile d’imaginer qu’elles se couvrent dans la matinée de tapis et cordes pour préserver l’ensemble et qu’elles sont rendues le soir à la vie familiale.

Mais le plus grand intérêt de ces deux châteaux est ailleurs. Loin des circuits touristiques traditionnels, ils sont peu visités ce qui laisse aux curieux toute latitude pour pouvoir savourer en paix, loin des selfies, la sérénité du Val de Loire louée par la pléiade.

Châteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et SartheChâteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et Sarthe
Châteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et SartheChâteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et Sarthe

Châteaux - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et Sarthe

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Moyen âge, #Politique, #Tourisme
Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. Les guides touristiques pourrait faire leur cette formule de Mathieu (Mathieu 7, 13-14) car annoncer trois châteaux et ne se consacrer qu’à un seul pose problème au point que certains se demandent même si les trois châteaux annoncés ne sont pas trois châteaux en un.

Aux confins du Maine, à proximité de la puissante Normandie et ses ducs puis à la jonction des fiefs anglais et français, la contrée fut une zone de contacts pas toujours sympathiques entre Anglais et Français pendant la guerre de Cent ans pus entre Catholiques et Protestants pendant les guerres de religion.  La région a donc conservé des traces de sa ceinture défensive et la particularité de Lassay-les-Châteaux est d’en conserver trois à quelques kilomètres de distance. 

Les guides ne parlent que de lui ! LE château de Lassay-les-Châteaux : une imposante forteresse en forme d'octogone irrégulier  avec huit tours dont deux au châtelet construite à la fin de la Guerre de Cent ans. Comme le château de Bonaguil dans le Lot et Garonne qui ne servit jamais, la forteresse née trop tard pour être pleinement opérationnelle, ne fut pas détruite par l’usage militaire. Éloignée des grands centres, elle ne servit pas non plus de carrière sous la Révolution. Appartenant au domaine privé, le château classé depuis les origines ou presque ne se découvre qu’en visite guidée.

Le second château est un peu à l’écart et pour peu que le visiteur n’insiste pas, il passe à côté d’un deuxième édifice en plus mauvais état : le château de Bois-Thibault. Sur les guides, il tient en trois lignes. Reconstruit lui aussi après la guerre de Cent ans, il fut habité jusqu’en 1830 avant de dépérir. Il ne reste du château que des vestiges classés monuments historiques en 1925, rachetés par la commune de Lassay-les-Châteaux. Le site est ouvert gratuitement au public grâce à l’action de bénévoles qui s’ingénient à le réanimer.

Le troisième château, troisième volet de la chasse au trésor est inaccessible à quiconque ne sait pas lire correctement une carte. Perdu dans la campagne mayennaise, implanté sur une propriété agricole gardée par un chien, il s’observe de la route. C’est évidemment celui qui est le plus abimé mais c’est également celui qui procure le plus de plaisir car comme le dit Milan Kundera dans La plaisanterie : On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité.

Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #Moyen âge, #arts appliqués, #Religion
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse - Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Conservée au centre Guillaume le Conquérant où elle trône en maîtresse, qui lui est entièrement dédié, la Tapisserie de Bayeux ou Tapisserie de la reine Mathilde ou  Telle du Conquest est une broderie ou tapisserie aux points d'aiguille du XIème siècle contant les démêlés entre le roi d'Angleterre Édouard le Confesseur et  Guillaume le Conquérant pour le trône d’Angleterre que la bataille d'Hastings en 1066 allait trancher. Longue de 70 mètres sur 50 centimètres de haut, elle est l’un des plus anciens témoignages ouvragés.

Abritée dans son écrin, une galerie en équerre construite en 1952 qui ferme la cour seigneuriale du château d'Angers, la tenture de l'Apocalypse ou tapisseries de l'Apocalypse ou encore l'Apocalypse d'Angers est désormais protégée de son pire ennemi, la lumière à une température constante (19 °C), avec un éclairage limité à 40 lux et un degré d'hygrométrie maîtrisé. Si elle n’est pas la plus ancienne elle est assurément la plus vaste des tapisseries et évoque comme son nom l’indique l’Apocalypse de Saint-Jean.

A l’origine, la tenture Commandée en 1373 par le duc Louis Ier d’Anjou, mesure environ cent-quarante mètres de long et six mètres de haut, et couvre une surface totale de 850 m2. Elle se compose de six pièces ou tableaux mesurant chacun vingt et un mètres de long. La tenture est utilisée pour des occasions solennelles comme en 1400 où elle sert de décor au mariage du duc Louis II à l'archevêché d'Arles. Elle est ensuite donnée par le roi René à la cathédrale Saint-Maurice d'Angers au XVème siècle, où elle est exposée dans la nef ou le transept lors de grandes fêtes religieuses dont la Saint Maurice, patron du lieu.

Encombrante, elle est mise en vente en 1782 mais ne trouve pas preneur. Elle survit aux troubles révolutionnaires  en étant découpée puis utilisée comme couverture, protection pour les orangers en hiver, doublures de rideaux ou garnitures d'écuries. Rachetée par morceaux au XIXème par la cathédrale d’Angers, elle subit des premières restaurations mais malgré un lent travail de collecte, seuls une centaine de mètres sur les cent-quarante mètres de sa longueur d'origine et soixante-quinze tableaux dont sept partiels sur les quatre-dix d’origine sont parvenus jusqu’à nous.

Mais même amputée, découpée, reconstituée, passée, sous-éclairée par nécessité, la tenture de l'Apocalypse tout comme la Tapisserie de la reine Mathilde ou encore la Tapisserie du Livre de Judith de la cathédrale de Laval, demeurent des pièces incontournables qui continuent à nous faire méditer sur la conservation, la préservation, l’exposition au public d’ouvrages qui visiblement n’ont jamais eu l’intention de mourir sous la folie des hommes.

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cité Plantagenêt - Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Certains se rendent au Mans pour les 24 heures du même nom, d’autres moins férus de sport mécanique, y séjournent pour s’empiffrer de rillettes mais il serait bon que les touristes délaissent les surpeuplés Saint-Malo et La Rochelle pour une ville nettement plus intéressante, se détachent des pseudo-reconstitutions en toc du Puy-du-Fou pour aller faire fonctionner leurs méninges devant du patrimoine pluri-centenaire que leur imaginaire pourra reconstruire à l’envi.

Dans un espace de neuf ha, la Cité Plantagenêt du Mans vous renvoie non seulement à l’époque de Robin des bois mais également à celle des Romains. De l’époque romaine, Le Mans a conservé une partie de l’enceinte gallo-romaine, renforcée au Moyen-âge et miraculeusement sauvegardée sans doute parce qu’elle épousait les formes topographiques de la vieille ville… Point de périphérique à construire sur les remparts !

 Du Moyen-âge, la ville transpire la présence des Plantagenêts à tous les coins de rue. Normal ! Geoffroy Plantagenêt comte d’Anjou et du Maine par mariage aura pour fils Henri II d’Angleterre le père de Richard Cœur de Lion contemporain réel de l’imaginaire Robin. L’épouse de Richard Cœur de Lion, la Reine Bérangère fondatrice de l‘abbaye de l’Épau est présente à travers la maison qui porte son nom mais qu’elle n’a jamais dû visiter dans la mesure où elle lui est antérieure de deux siècles. Visiblement au Mans, c’est comme au Far West, lorsque la légende dépasse la réalité, on écrit la légende.

Bien plus contemporaine des Plantagenêts, la Cathédrale Saint-Julien est absolument impressionnante et il est même curieux qu’elle ne soit jamais citée avec les autres joyaux gothiques de la même période. Visible de toute part, elle abrite un volume sous voûte absolument impressionnant. Le dégagement fait voir son chevet et ses entrelacs d’arcs-boutants abritant ça et là des statues.

Le Mans est décidément la ville où il fait bon de flâner le nez en l’air sur les pavés car dans ce périmètre, les maisons du XVème et les palais renaissance rivalisent entre eux. Seul bémol, la Nuit des Chimères, spectacle sons et lumières qui transforme pavés et façades de monuments historiques en écrans de projection. Là est justement le problème ! Ils servent de support à des images et à rien d’autre comme un simple écran. Les projections ne font rien ressortir du monument contrairement à la mise en valeur par la couleur de la façade de la cathédrale de Poitiers par exemple.

Le Mans est depuis longtemps labellisée "Ville d'art et d'histoire" et souhaite poursuivre la valorisation de sa cité Plantagenêt en se portant candidate au patrimoine mondial de l'Humanité auprès de l’UNESCO. Qui vote pour ?

Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Qui veut comprendre la subtilité monastique du Moyen-âge peut se rendre dans la Sarthe et aller à la rencontre de deux abbayes si proches et si lointaines à la fois : l’abbaye de Solesmes et l’abbaye de l’Épau. L’une vit encore au rythme des laudes, sexte, none, vêpres et complies tandis que la seconde a adopté un rythme plus touristique. Si elles sont toutes deux bénédictines, la clunisienne Solesmes est encore habitée par les moines tandis que la cistercienne abbaye de l’Épau appartient désormais au conseil général de la Sarthe.

La plus ancienne est l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes dont les origines remontent à 1010. La charte de fondation est confirmée le 30 mars 1073 par Guillaume le Conquérant, suzerain du nouveau seigneur de Sablé, Robert le Bourguignon. Le Templier Robert de Sablé, seigneur de Sablé, grand-maitre de l'Ordre du Temple et compagnon de Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade lui fait don d’une partie des redevances. La  dalle funéraire de ce généreux bienfaiteur est d’ailleurs toujours  visible dans l'église abbatiale.

L'abbaye de l'Épau est en revanche fondée en 1229 par la reine Bérangère veuve de Richard Cœur de Lion décédé trente ans pus tôt. Agée de 59 ans âge respectable pour l’époque, elle cherche à s’attirer avant de succomber les grâces du Très Haut qui la fera d’ailleurs passer de vie à trépas l’année suivante lui permettant de rester définitivement dans l’abbaye qu’elle a fondée.

La révolution vide les lieux de ses occupants : l’abbaye de Solesmes devient la maison de campagne d'un certain Henri Lenoir de Chantelou tandis que l’abbaye de l’Épau est transformée en gigantesque hangar agricole. Le cloître disparaît vers cette époque.

L'abbaye de l’Épau qui a failli disparaitre à plusieurs reprises se trouve définitivement sauvée par le conseil général de la Sarthe qui l’acquiert en 1958. L’abbaye de Solesmes connaît une autre trajectoire. Le 11 juillet 1833 la vie monastique reprend au prieuré de Solesmes grâce à un groupe de jeunes prêtres du diocèse du Mans emmenés par l'abbé Prosper Guéranger. Ré-expulsés au moment de la séparation de l’Église et de l’État, les moines ont la permission de revenir au cours de l'année 1922 accueillant plusieurs personnalités par la suite notamment le poète Pierre Reverdy.

L’une comme l’autre, les deux abbayes ont une mission culturelle désormais assumée dans le siècle : celle de Solesmes, haut-lieu du chant grégorien, est également connue pour les nombreux enregistrements de musiques ancienne et baroque. Si elle ne se visite que très partiellement, elle ouvre les portes de son église abbatiale pour une simple visite patrimoniale entre deux offices ou pour lesdits offices. Seul bémol, les moines que le public croise  semblent porter toute la misère du monde sur leurs frêles épaules et ça a l’air plutôt lourd à l’exception de celui qui officie au magasin et qui doit livrer quotidiennement un combat contre le démon  qui le harcèle : l’ordinateur relié à sa caisse enregistreuse.

L’abbaye de L’Épau a choisi une autre voie : des expositions photographiques accueillent le visiteur. Si abondance de biens ne nuisait pas, l’abbaye de l’Épau pourrait sembler de ce point de vue exceptionnelle. Mais le parti pris de l’accumulation d’expositions diverses et variées dans le dortoir des moines, l’église abbatiale, le scriptorium, la salle capitulaire et les jardins frise l’indigestion. Les différentes expositions sont inégales, quelques unes montrent un certain intérêt mais rien ne semble les rattacher au lieu dans lequel elles se trouvent, comme si elles étaient étrangères  en ce monde, comme une greffe qui ne prendrait pas, comme une paire de guêtres à un lapin.

Cependant, ni la mélancolie des moines de l’une, ni la surexposition de l’autre ne sauraient  détourner            le public de ces deux lieux qui invitent au calme, à la retenue et à la méditation.

abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Religion, #arts appliqués, #Arts plastiques, #Moyen âge
Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Yves Morvan dans Des témoins ressuscités publié dans  Monuments historiques en 1995 disait qu’au Moyen Âge, [...] une église... n'était jamais considérée comme achevée tant que la pierre, matériau terrestre, n'avait pas été masquée par un revêtement peint digne de la « Maison de Dieu ». Toutes les églises étaient recouvertes intérieurement de peintures murales ou autres fresques, contrairement aux églises à pierre apparente ou à enduit  de l’époque contemporaine. Dans la Sarthe, l’église d’Auvers-le-Hamon a été parmi les premières en 1903 à dévoiler ses fresques retrouvées sans doute à la faveur de travaux de rénovation. Depuis dans d’autres églises, des fresques ont été également retrouvées, restaurées, conservées et l’église d’Asnières sur Vègre abrite sans doute les plus anciennes.

Retrouver des fresques, c’est aussi entrer en collision avec les mentalités collectives ancestrales.  Contempler des fresques du XIIIème siècle ou du XVème siècle nous replonge dans le quotidien des habitants de la paroisse qui, ne sachant fort majoritairement ni lire ni écrire, avaient besoin de décrypter un certain nombre d’informations sur les frontons, sur les tympans, sur les chapiteaux, sur les murs. Ainsi étaient-ils prévenus des affres de l’enfer, de la vie édifiante des saints, martyrs de préférence ou du fonctionnement normal de la société que le Très Haut leur avait imposée.

Visiblement, le parti pris des artistes de l’église d’Auvers-le-Hamon s’est porté sur l’hagiographie voire la martyrologie : aux côté de Saint-Martin sur son cheval ou de Saint-Cénéré en habit  cardinalice, Saint-André succombe sur sa croix Saint-Mamès se tient les entrailles tandis que Sainte-Apolline fait face à ses arracheurs de dents.  Belle tentative d’embarquer les fidèles dans la voie édifiante des Saints sans leur masquer le risque lié à la mission.

Autre option pour les artistes de l’église d’Asnières sur Vègre, le mur du fond de l’église, celui qui est visible lorsque les fidèles quittent l’édifice présente trois visions de l’enfer : le Cerbère à trois têtes menace les âmes, le Léviathan avale les autres tandis que d’autres encore cuisent à petit feu dans un gros chaudron. Sur le mur de droite, la société médiévale idéale  selon Adalbéron de Laon représentée dans l’ordre de lecture : les Oratores (ceux qui prient), les Bellatores (Ceux qui combattent) et les Laboratores (ceux qui travaillent) rappelle à chacun sa place… son ordre.

Si d’aventure certains fidèles remontés contre cette société imposée avaient eu quelques fugaces idées de révolte, la lecture du mur du fond était sensée les ramener à coup sûr à des pensées plus…chrétiennes.

Asnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

A l’époque industrielle, l’île de Nantes à quelques encablures du centre au-delà du bras de la Loire constituait un grand espace logistique et industriel. Un quartier industriel s’est d’abord développé au XIXème siècle à l’ouest de l’île autour du port reposant sur la construction navale (chantiers navals de Loire et de Bretagne), le raffinage alimentaire (l’usine Say devenue Béguin-Say en 1973 spécialisée dans la raffinerie du sucre venant des Antilles), l’emballage et la papèterie.

Monstre industriel, les chantiers navals employaient 8000 salariés et génèraient indirectement 25 000 emplois en 1950. Mais l’industrie nantaise subit la concurrence internationale comme de nombreuses villes et lors de la fermeture des chantiers navals Dubigeon en 1987, l’île devient une de ces friches industrielles qui dégradent l’image d’une ville.

Cependant, la situation de l’île qui se trouve au centre géométrique de l’agglomération et dans la continuité directe du centre ancien présente un intérêt. De plus, la situation fluviale permettant l’aménagement des rives devient un atout dans un contexte de réappropriation des bords de fleuve par les piétons et de reconnexion entre la ville et le fleuve.

Outre l’installation du Conseil régional, la construction d’un quartier d’habitation à l’Est de l’île et la préservation d’un vaste îlot sauvage à la pointe Est, les friches industrielles se sont redynamisées à grand renfort de projets émanant d’acteurs locaux. Parmi eux, beaucoup concernent l’art et la culture.

Le quai des Antilles date de 1901. Sa fonction première dès 1929 est d’accueillir les bananes débarquées de Guadeloupe, Guinée et Côte d’Ivoire. 93 grues,  6 km de quais débarquaient 3 millions de tonnes de marchandises jusqu’à ce que l’activité se délocalise vers Saint-Nazaire. Réhabilitée dès 2006, le projet a conservé chacun des hangars transformés en restaurants, bars, discothèques, salles d’exposition. Coincés entre deux grues rescapées dont la grue Titan représentant le passé, les hangars font face aux anneaux  de Daniel Buren qui représentent le contemporain.

A deux pas de là, au centre de la grande halle-verrière des chantiers navals, deux créateurs François Delarozière et Pierre Orefice construisent les Machines de l’île, véritable monde fantasmé à la croisée des mondes inventés de Jules Verne, de l’univers mécanique de Léonard de Vinci et de l’histoire industrielle de Nantes. Ainsi le Grand Eléphant, une Raie Manta, le Serpent des Mers et d’autres  embarcations incroyables sont venus peupler l’île. Les deux concepteurs ont également fait le choix de montrer l’intégralité du processus de création, présenté par leurs soins, depuis les premiers dessins de François Delarozière jusqu’à la balade en dos d’éléphant mécanique dans les anciennes Nefs Dubigeon.

A nouveau projet d’aménagement, nouveau projet fou de nos deux compères : l'Arbre aux hérons dans la carrière Miséry devrait voir le jour en 2021. D'ici 20 ans, l'ancien quartier des conserveries doit accueillir 1500 nouveaux logements et 70 000 m2 d'espaces économiques supplémentaires. Comme le Grand Éléphant sur le parc des Chantiers en 2007, l'arrivée de l'Arbre aux hérons dans la carrière Miséry marquera le renouveau du Bas-Chantenay.

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