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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour, #opérette, #Europe, #Patrimoine
"Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Au commencement, il y eut le désormais incontournable Palazzetto Bru Zane qui proposa à Pierre-André Weitz la mise en scène des Chevaliers de la Table ronde de Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé. Contemporain d'Offenbach, Hervé est considéré come un des pères de l'opérette et pourtant le public n’a retenu de lui que Mam’zelle Nitouche, popularisée par le cinéma et  que le même Pierre-André Weitz décide de mettre en scène également.

Mam'zelle Nitouche est une opérette ou comédie-vaudeville en trois actes et quatre tableaux sur un livret d’Henri Meilhac et Albert Millaud mise en musique par Hervé et créée au Théâtre des Variétés à Paris le 26 janvier 1883. Elle suit les frasques de l'organiste Célestin, professeur de musique au couvent des Hirondelles qui se transforme en Floridor (Hervé se prénomme Louis-Auguste-Florimond), compositeur à succès de musique légère la nuit. Une de ses élèves la jeune Denise de Flavigny devient à son tour Mam'zelle Nitouche, chanteuse à succès séduisant sous ce déguisement son propre fiancé, le lieutenant des dragons Fernand de Champlatreux.

Comme l’a déclaré un jour Jalil Lespert lors du tournage de Pas sur la Bouche d’Alain Resnais, face à ce type d’ouvrage, « il faut en faire des caisses ». Et Pierre-André Weitz ne s’en est pas privé. Prenant appui sur une tournette qui permettra tout au long du récit de jongler avec les trois lieux de l’action : le pensionnat, la scène et ses coulisses, elle symbolise ce tourbillon de la vie ; elle deviendra d’ailleurs le carrousel, le manège de la vie sur laquelle les personnages apparaitront et disparaitront. 

Et pour imprimer du rythme à l’ensemble, Pierre-André Weitz joue à plein avec les dualités omniprésentes dans l’ouvrage : double vie de Célestin, double vie de Denise de Flavigny, double vie de Fernand de Champlatreux qui, quoique fiancé se retrouve au cabaret, dualité frère-sœur (Mais c’est mon frère, ma sœur ! s’exclame la supérieure), dualité renforcé par le duo Olivier Py/Miss Knife jouant le double rôle de Loriot et de la Supérieure empruntant au passage voix et diction à l’inénarrable Micheline Dax.

Ce personnage haut en couleur tranche avec la rigueur de Sandrine Sutter dont chacun regrette que le rôle ne soit pas un rôle chanté quoique ses talents de comédienne en fassent une sœur revêche et rigoriste à souhait. Damien Bigourdan omniprésent dans ses deux rôles de Célestin et Floridor se démène sur scène tandis que  Lara Neumann dans le rôle-titre et Samy Camps en Fernand de Champlatreux complètent avec beaucoup de charme et d’énergie un plateau dynamique à souhait. 

Rien n’est négligé, l’ensemble du plateau bouge, chante, boit, rit, danse avec une frénésie communicative multipliant les effets et les excès pour le plus grand bonheur d’une salle qui ne demandait qu’à rire. Seul  Jean-Pierre Haeck à la baguette n’a pas dû s’amuser follement, menacé jusqu’à la dernière minute par une grève potentielle des musiciens qui aurait contraint le public à entendre la musique dans une réduction à deux pianos.

Accueilli par des ouvreuses cocardées et par un coq sur scène, la proposition présentée comme un opéra révolutionnaire, n’aura finalement pas livré tous ses secrets laissant le spectateur à ses conjectures.

Opéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine, #Europe
Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sont-ils venus pour la grande violoniste Anne-Sophie Mutter ? Sont-ils venus pour le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart ? Sont-ils venus pour la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert ? Seraient-ils venus pour Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux ? Toujours est-il qu’il n’y a plus aucune place à la location depuis des semaines pour le concert exceptionnel d’Anne-Sophie Mutter avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Lawrence Foster.

Les amoureux de la musique de notre temps auront été ravis d’entendre  Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux, commande de l’Orchestre Philharmonique de Londres, composé au début de notre siècle, dont Anne-Sophie Mutter est dédicataire. Cette pièce, créée le 28 avril 2002 au Royal Festival Hall de Londres par Anne-Sophie Mutter elle-même et le London Philharmonic Orchestra sous la direction de Kurt Masur, n’est pas une première en Principauté car interprétée par David Lefebvre et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la baguette de Lawrence Foster il y a cinq ans.

Pour récompenser les amoureux de la musique patrimoniale qui ont attendu bien sagement pendant ces dix minutes contemporaines, deux valeurs sûres :  le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart et la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert. Comme le violon a l’air d’une simplicité extrême avec Anne-Sophie Mutter. C’est le secret des Grand-e-s de nous faire apparaître comme simples des gestes qui ont demandé des années de travail assidu et acharné. Quoiqu’elle joue, le calme visiblement imperturbable d’Anne-Sophie Mutter, sa parfaite maîtrise impressionnent une grande partie du public tout en laissant certains autres de marbre.

Sans doute l’interprétation de la symphonie de Franz Schubert a-t’elle été remarquablement dirigée par Lawrence Foster et brillamment interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo mais placée en seconde partie après une telle prestation, elle a semblé passer inaperçue ; Anne-Sophie Mutter avait mis au prélable presque tout le monde Sur le même accord.

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine, #Amérique latine, #Europe
Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Dans le cadre de ses activités, l’association pour la Promotion et le Développement de l’Accordéon et du Bandonéon, rarement à court d’idées, a accueilli salle Michel Daner à Beausoleil le samedi 30 septembre 2017 l’ensemble ATriango pour un concert intitulé Aux Couleurs du Pays. Ce trio composé d’Ariane Granjon au violon, Javier Estrella aux percussions et de Max Bonnay à l’accordéon et au bandonéon est original à plus d’un titre.

La première originalité de ce trio tient à sa composition même. Si le public est habitué aux ensembles piano, cordes et accordéon/bandonéon, l’alliance des percussions avec le violon, l’accordéon et le bandonéon est nettement plus rare. Partant de ce constat, rares sont les œuvres écrites pour ce type de formation et c’est donc à un gigantesque travail d’arrangement préalable qu’a dû se livrer le trio.

La seconde originalité de la soirée est venue du programme lui-même ; Aux couleurs du pays aurait pu s’appeler également Aux couleurs des époques tant la proposition est un voyage dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace d’abord car si certains compositeurs sont latino-américains (Astor Piazzola, Paquito D’Rivera), d’autres sont issus d’Espagne (Manuel de Falla) et même d’Europe de l’Est (Bohuslav Martinu, Igor Stravinsky) quand d’autres encore ont un pied en Amérique latine, un pied en Europe (Gustavo Beytelmann, Lalo Zanelli). Mais le temps s’invite aussi dans ce voyage entre compositeurs nés au XIXème siècle (Manuel de Falla, Igor Stravinsky) et compositeurs encore en activité (Paquito D’Rivera, Gustavo Beytelmann, Lalo Zanelli).

Enfin la dernière originalité du trio et de ce concert réside en sa capacité à faire entendre un programme exigent, en l’interprétant magistralement tout en accompagnant le public pas à pas soit en présentant les compositeurs soit en distillant une histoire de la musique, des instruments ou du trio lui-même. Et encore merci pour cette triple originalité.  

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine, #Danse
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinq jours après le Concert de Gala des Amis de l'Orchestre avec  Evgeny Kissin au Piano sous la direction de Lawrence Foster, le concert d’ouverture de la saison de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo  lui répondait avec un autre pianiste de renom : Boris Berezovsky sous la direction du Maître des lieux : Kazuki Yamada. La saison 2017-2018 de l’Orchestre philharmonique de la Principauté s’annonçait donc sous les meilleurs auspices.

Le programme proposé par Boris Berezovsky comprenait le Concerto n°1 pour piano de Frantz Liszt et Totentanz, l’une des pièces les plus difficiles du répertoire. Consciencieusement installé, le public attendait donc ce moment en toute confiance, la réputation de Boris Berezovsky n’étant plus à faire. Et pourtant… certains, peu nombreux il est vrai, ont frémi dès les premières mesures : l’entame est plutôt brouillonne, pas inintéressante mais brouillonne. Fort heureusement, très rapidement,  à peine quelques mesures plus loin, Boris Berezovsky avait repris le total contrôle de son concert et nous réservait une prestation qui restera dans les annales de l’orchestre.

Pour ceux qui commencent à connaître Kazuki Yamada, rien d’étonnant que la prestation lisztienne de Boris Berezovsky soit encadrée par deux chefs d’œuvres de la musique française que le maestro a ramenée avec lui lors de sa nomination. En forme de mise ne bouche,  Gigues la première des trois Images pour orchestre écrites par Claude-Achille Debussy au début du siècle fascine toujours plus de cent ans après sa création. Les amateurs de musique française et de Claude Debussy en particulier ont simplement regretté qu’Iberia et Rondes de Printemps les deux autres Images n’aient pas accompagné Gigues.

Comme les Images pour orchestre sont les dernières œuvres de Claude Debussy avant les compositions destinées au ballet, Daphnis et Chloé, symphonie chorégraphique pour chœur et orchestre de Maurice Ravel semblait s’imposer naturellement pour compléter un programme riche en surprises.  Si Kazuki Yamada aime la musique française, elle lui  sied à ravir et ce concert d’ouverture l’a une nouvelle fois démontré.

Et ces trente seconde d’angoisse n’auront donc servi qu’à épicer deux heures de pur bonheur.

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOrchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOrchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Cinéma, #Europe, #environnement, #Nature
« Petit Paysan » d’Hubert Charuel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Petit Paysan » d’Hubert Charuel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Il rêve. Mais à quoi peut rêver Pierre, la trentaine, éleveur dans ces régions de l’Est de la France durement touchées par la déprise rurale et où le Front national prolifère ? Mais à l’épidémie potentielle qui ruinerait ses espoirs, son entreprise, son mode de vie, ses choix. Là s’arrêtera la comparaison avec le film précédent  Patti Cake$ même s’ils débutent tous les deux par le même procédé stylistique.

Ils débutent effectivement par un rêve heureux ou malheureux mais prémonitoire. Mais là où Patti Cake$ peine à convaincre faute d’une ligne et d’un parti pris forts, Petit Paysan d’Hubert Charuel est un premier film tout en maîtrise. Il a certes des défauts mais sur un sujet aussi brûlant, Hubert Charuel réussit à pousser un cri d’adieu aux campagnes françaises sans sombrer dans le nostalgique « C’était mieux avant » ou dans le réquisitoire.

Pourtant tous les ingrédients qui auraient pu y conduire sont présents dans le film : l’opposition entre deux fermes antagonistes : la traditionnelle et la mondialisée, l’absence totale d’humanité et d’animalité des services vétérinaires, l’absence totale de l’État et des pouvoirs publics face au drame qui se joue laissant un Pierre désespérément seul. Tout y est mais le film en maniant réalisme et mise à distance, en empruntant les codes au drame social et au thriller psychologique évite ces écueils.

La personnalité de Swan Arlaud que le réalisateur filme pas à pas contribue  énormément au succès du film. Isolé dans  sa campagne, isolé dans sa vie, son seul salut semble provenir des réseaux sociaux dont il découvre finalement l‘inanité dans le personnage fantasque incarné par Bouli Lanners. Petit à petit, le film glisse tranquillement vers sa tragique conclusion pendant que les spectateurs espèrent toujours vainement… et c’est aussi un indice de la réussite du film.

 

 

« Petit Paysan » - Drame d’Hubert Charuel avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners – France - Date de sortie 30 août 2017 – Durée 1h 30min

Nice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Amérique du Nord
" Patti Cake$ "  de Geremy Jasper ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

" Patti Cake$ " de Geremy Jasper ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Elle rêve. Mais à quoi peut rêver Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, 23 ans, serveuse dans un bar miteux dans sa petite ville du New Jersey ? Mais de devenir une star pardi ! Et pas n’importe quelle star, une star qui se jette dans le public en délire qui l’acclame sous le feu des projecteurs. Ce qui pourrait n’être qu’une entame banale finit pourtant par symboliser le film tout entier.   

En plus d’être évidemment serveuse dans un bar évidemment miteux, Patti Cake$ doit s’occuper de sa grand-mère à la santé évidemment chancelante dont la couverture santé ne tient qu’à un évident fil. De plus, elle doit supporter une mère chanteuse évidemment ratée et évidemment instable. Et certains critiques parlent encore d’un film qui piétine les clichés…

Tant d’évidences pourraient être un prétexte à montrer l’Amérique sans le rêve, l’Amérique sans le  « way of live », les États-Unis des déclassés, les États-Unis qui n’ont plus que leur rêve pour survivre sauf que le plus « feel good movie »  de l’année vient nous parachever l’évidence avec un « happy end » à la conte de fée qui contredit tout le propos. Certes Patti Cake$ se fait lourder de son travail, perd la couverture santé de sa grand-mère, part dans un concours musical fort mal outillée, le perd mais récupère tout à la fin : sa mère, l’argent, le contrat avec une maison de disque … tout !

La musique aurait pu sauver l’ensemble mais même sur ce chapitre, le film ne nous livre uniquement ce que la création musicale peut produire de plus vulgaire. Loin de la performance cinématographique et musicale de Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami, sorti l’an dernier le rap et le slam de Patti Cake$ dans ses « battles » sur parking deviennent une performance carrément en dessous de la ceinture. Verbiage d’insultes et de grossièretés, il ne sauve pas l’ensemble.

 

 « Patti Cake$ » - Drame musical de Geremy Jasper avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay – États-Unis - Date de sortie 30 août 2017 – Durée : 1h 49min

Nice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Afrique, #Europe
"Lola Pater" de Nadir Moknèche

"Lola Pater" de Nadir Moknèche

Pas de chance pour le film Lola Pater vu dans la même journée que 120 Battements par minute de Robin Campillo. Passer après ce qui est un des meilleurs films de l’année c’est un peu passer un oral après le premier de la classe… le handicap est lourd.

Dans son film Lola Pater, le réalisateur Nadir Moknèche questionne à la fois la paternité et l’identité sexuelle. Comme dans Le Fils de Jean de Philippe Lloret, la mort de la mère amène évidemment la question du père disparu. Si Philippe Lloret nous embarque au Canada pour rechercher un père qui n’est pas celui attendu, la quête de Zino dans Lola Pater ne l’amène pas en Algérie mais dans le sud de la France. Le père n’est pas non plus celui attendu : il se nomme désormais Lola.

Allier dans le même film quête du père et quête de son identité sexuelle était un pari assez gonflé et Nadir Moknèche n’y va pas de main morte quitte à bousculer certaine idées reçues. L‘ensemble souffre cruellement de rythme et de réelles surprises. C’est quelquefois extrêmement maladroit, pas toujours très loin du poncif à certaines reprises mais l’idée est originale, l’histoire se tient et le pari est presque réussi.

Tewfik Jallab dans le rôle de Zino crève l’écran. Il porte réellement le film, incarne à la perfection ce jeune adulte qui voit ses repères, son monde, ses certitudes, ses rêves, son père fantasmé  s’effondrer en l’espace de quelques mois. Tout son jeu est au service de ce personnage plein de doute, en plein désarroi. Il a d’autant plus de mérite qu’en face Fanny Ardant en fait des tonnes. Si elle a tous les atouts du rôle, son manque de naturel, son maniérisme empêche de croire de manière récurrente à son personnage… dommage !

 

« Lola Pater » - Comédie dramatique de Nadir Moknèche avec Fanny Ardant, Tewfik Jallab, Nadia Kaci – France, Belgique - Date de sortie : 9 août 2017 – Durée : 1h 35’

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Il existe différentes manière d’aborder un film. Tout dépend de notre état d’esprit, notre humeur, notre vécu, nos traumatismes, nos souvenirs.  Pour la génération née à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, pour peu qu’ils soient passés directement de l’adolescence aux années SIDA, le risque de prendre le film de Robin Campillo 120 Battements par minute en pleine face est bien réel. Les comédiens ont leur âge, ils dansent sur leur musique, ils gueulent faux Tell me why ou Runaway Boy plus fort que les Bronski Beat voire ils ont soigné leurs malades, accompagné leurs amis ou sont passés directement dans la discothèque à peine sorti de l’enterrement… comme dans le film qui restitue bien ces années où la jeunesse  danse sur un volcan. Déjà morts, encore vivants a titré Emmanuel Burdeau dans son article sur Médiapart… c’est exactement cela.

La grande force de frappe du film de Robin Campillo tient à cette fidèle restitution des années de plomb, celle où la vie devient dans certains groupes notamment chez les accompagnants une partie réelle de chaises musicales : à chaque fois l’un se retrouve sur le carreau… Déjà morts, encore vivants. Ce réalisme des RH (réunions hebdomadaires)interminables, des engueulades à répétition, de la déchéance des corps, des soutiens à apporter, des tensions à supporter, des nécessaires moments de décompression en groupe au son de la house music omniprésente, des pouvoirs publics qui semblent tétanisés, de ces mères aimantes qui accompagnent dignement leur enfant, tout ceci renforce le lien émotionnel qui entoure le film, de son filigrane militant qui enveloppe les activistes d’Act Up-Paris. 

Mais ce n’est pas un film militant auquel cas il ne s’adresserait temporairement qu’à quelques dinosaures encore vivants. C’est un film, une œuvre, sans doute une grande qui relate avec sa chronologie, son histoire, ses partis pris, la vie de ces activistes qui ont fait prendre un tournant à toute la société occidentale. Le film débute par une RH avec accueil des nouveaux, sorte de rentrée des classes et se termine avec la mort ou plutôt par un dernier geste héroïque post-mortem comme un pied de nez à la mort. Dans l’intervalle c’est le combat, le combat entre l’entrée dans la vie, dans le groupe et l’issue fatale. Si le film colle au réel, il se construit comme une décantation, il va du général au particulier, des réunions hebdomadaires agitées à la relation plus apaisée entre Nathan et Sean. Comme la maladie, le film isole les éléments. La mise en place des personnages au début du film joue sur les temporalités : on passe d’aujourd’hui à hier avec une voix tantôt off tantôt in qui récapitule. Le passé, le présent et le futur se confondent déjà dans cette urgence de la vie, dans cette urgence à agir. Pour bien marquer l’hétérogénéité d’Act Up-Paris, Robin Campillo multiplie les points de vue en début de film : la poche de sang  qui s’écrase sur le visage d’un représentant officiel est vue de différentes manières, véritable métaphore des discussions à couteaux tirés à venir.

Le film joue avec son propre sujet. Le film suit des activistes, il les repoussera dans les derniers retranchements sans fard en jouant sur les points forts, les point faibles, les contradictions, les prises de tête, les prises de risques, les dérapages du groupe. Act Up-Paris joue sur les symboles, la communication, le film fera de même : il est à la fois œuvre majeure, outils de communication pour un réveil des consciences et élément d’une mémoire collective. Act Up-Paris  manie à la perfection la performance, le culot, la spontanéité, le film jouera avec une certaine crudité des images, la crudité des situations, la crudité des slogans. En fait, Robin Campillo réussit avec un funambulisme entre supportable et insupportable, communication et respect, activisme et écoute à restituer les mentalités collectives du groupe qui, devant l’urgence, s’essaie à toutes les tactiques.

Enfin le film est porté par une pléiade d’actrices et d’acteurs, chacun pleinement investi dans son personnage de fiction lui-même synthèse de situations réelles. Non seulement ces jeunes sont forts en gueule à la manière d’Adèle Haenel qui semble avoir fait reprendre du service à son personnage de Madeleine Beaulieu dans les Combattants mais ils engagent aussi tout leur corps dans la bataille. Antoine Reinartz (Thibault) incarne la communication, la force de frappe sans laquelle Act Up-Paris n’aurait eu cet écho. Tout en lui communique, quelle que soit la situation : il cristallise donc contentements et mécontentements, rancœurs et admiration.  Nahuel Pérez Biscayart, fantastique dans le rôle de Sean sera le maître du temps c’est par son corps supplicié que défileront les quelques mois qui lui restent à vivre passant de la trémoussante pom-pom girl à un corps supplicié par le sarcome de Kaposi. Arnaud Valois incarne Nathan qui dans la Bible est un prophète, un annonciateur. Il est tout aussi lumineux, joue en revanche sur l’ambiguïté de sa gueule d’ange : ange gardien ou ange de la mort ? Il est à l’image du film, de nous, des personnages, d’Act Up-Paris, génialement ambivalent.

Déjà morts, encore vivants disait d’eux Emmanuel Burdeau… et nous spectateurs à la fin du film sommes toujours vivants… et encore plus qu’avant !

 

 

« 120 Battements par minute » - Drame de Robin Campillo Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz – France - Date de sortie : 23 août 2017 – Durée : 2h 20’

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Fougères- Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Fougères- Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Du premier royaume breton fondé par Nominoë vers 840 au mariage de Claude de France, fille d’Anne de Bretagne, avec le roi de France François Ier, la Bretagne indépendante et fière l’être a constitué un système défensif du nord au sud dans les marches bretonnes, zone de contacts entre le duché indépendant et le Royaume de France en construction.  Encore lisible aujourd’hui, il se matérialise par une série de châteaux et autres fortifications qui ont résisté au temps et à l’urbanisme. Toutes ces villes résonnent encore de noms illustres : Gilles de Rais, Olivier de Clisson, Bertrand du Guesclin, Anne de Bretagne qui nous replongent dans nos souvenirs d’enfance. De Clisson à Fougères en passant par Vitré ou Guérande, quatre vile témoigne de manières diverses de ce glorieux passé.

Guérande à l’intérieur des terres bretonnes est l’exemple parfait de la ville close non loin des marais salants qui ont contribué à sa fortune. Guérande a conservé son kilomètre et demi de remparts percés de quatre portes et quelques poternes. L’intérieur de la ville close abrite les ensembles religieux de la collégiale Saint-Aubin et la chapelle Notre-Dame-la-blanche. L’intérieur des remparts n’a pas échappé  au développement  du commerce touristique mais le site n’est pas encore trop pollué.  

Même si les halles et le vieux pont sont des merveilles, Clisson est surtout connu pour son imposante forteresse. Édifiée par les puissants seigneurs de Clisson du XIème siècle jusqu'au XVème siècle, le château sera renforcé par le duc de Bretagne François II qui fera bâtir une seconde enceinte munie de nombreuses tours défensives couvrant la partie ouest, plus exposée que l’autre protégée par la vallée de la Sèvre nantaise.

Plus au nord, la ville de Vitré, s’est développée sur un site défensif constitué d’un promontoire rocheux qui domine la vallée de la Vilaine. La ville s’est entourée d’une seule enceinte au XIIIème  siècle. Même si elle subsiste par endroits, l’enceinte a souffert du percement de voies dans le centre historique et de l'arrivée du train au milieu du XIXème siècle. Le château triangulaire est bâti sur le sommet de l'éperon rocheux, entouré de fossés secs. Il constitue une place forte dans la place forte et abrite aujourd’hui la mairie. Vitré a conservé, malgré les changements urbanistiques récents, des traces de son glorieux passé : Vitré compte 72 monuments historiques et 99 bâtiments inventoriés.

Enfin Fougères impressionne. Même si elle n’abrite que 24 monuments historiques et 87 bâtiments inventoriés, une paille par rapport à Vitré, l’étendue du secteur patrimonial est une curiosité à elle seule. Le château de Fougères occupe une superficie de deux hectares. Constitué de trois enceintes en bon état de conservation, il laisse apparaître treize tours encore debout dont certaines se visitent. Mais le château et sa ligne défensive ne doivent pas occulter d’autres richesses comme le premier beffroi jamais construit en Bretagne  en 1397 par des drapiers en goguette de retour des Flandres ou la porte Notre-Dame,  seule porte fortifiée de la ville qui subsiste encore présentant tous les éléments de défense : douves, meurtrières, mâchicoulis…

Témoins de leurs heures de gloire passées, ces villes ont décidé de s’engager dans une  démarche d’avenir avec la candidature à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO… évidemment !

Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Moyen âge, #Epoque moderne, #Politique, #Tourisme, #guerre
Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Envie de visiter quelques châteaux renaissance mais affolé par les hordes touristiques, leur guide et leur parapluie de reconnaissance ? Une seule solution : privilégier les châteaux à l’écart des grandes destinations des brochures comme le château de Baugé-en-Anjou dans le Maine-et-Loire ou le château du Lude dans la Sarthe.

En 1454, à la fin des troubles de  la guerre de Cent Ans, René Ier d'Anjou hérite des ruines du château de sa mère Yolande d’Aragon dans la cité du Vieil-Baugé. Les hostilités s’éloignant, les progrès de l’artillerie rendant inutiles ces vieilles forteresses, René Ier d'Anjou fait construire un pavillon de chasse aux dimensions d'un manoir seigneurial, sur les plans de son architecte Guillaume Robin. Ce château, achevé en 1465, encore visible aujourd’hui abrite un musée.

Quelques dizaines de kilomètre plus loin, pour les mêmes raisons, le château du Lude se transforme.  A l’origine du château du Lude se trouvent les Normands et leurs incursions au IXème siècle. Pour s’en prémunir, le fort de la Motte au Lude aux confins du Maine, de l'Anjou et de la Touraine est édifié. Reconstruit un peu plus loin, une forteresse médiévale nouvelle sort de terre et se complexifie entre le XIIIème et le XVème siècle. Les soubassements de ce château, comme les douves sont encore visibles en regardant l’architecture générale. Jean de Daillon, propriétaire des lieux au XVème siècle fait appel à l’architecte Jean Gendrot qui rénove entièrement le vieux château et le transforme en un logis de plaisance dans le style de la Renaissance. Le château d’agrément semble ainsi posé sur la fortification médiévale.

Le château du Lude est un château privé habité par la même famille depuis 260 ans. C’est sans doute ce qui rend la visite originale. Ici les visites se font librement, certaines parties sont entièrement privées mais les extérieurs et une partie des intérieurs sont visibles.  Les extérieurs (douves, cuisines, souterrains, caves, grenier à grain et sa magnifique charpente) méritent à eux-seuls la visite. Le grand intérêt de ce château est qu’il vit. Les pièces visitées sont des pièces à vivre dont il est facile d’imaginer qu’elles se couvrent dans la matinée de tapis et cordes pour préserver l’ensemble et qu’elles sont rendues le soir à la vie familiale.

Mais le plus grand intérêt de ces deux châteaux est ailleurs. Loin des circuits touristiques traditionnels, ils sont peu visités ce qui laisse aux curieux toute latitude pour pouvoir savourer en paix, loin des selfies, la sérénité du Val de Loire louée par la pléiade.

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