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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Religion, #Tourisme, #Moyen âge
Fribourg-in-Brigsau - Cathédrale ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Fribourg-in-Brigsau - Cathédrale ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Au pays de Till Eulenspiegel ou Till l’Espiègle, fallait-il s’attendre à autre chose ? Certes Fribourg-en-Brisgau n’est pas au Nord de l’Allemagne et Till l’Espiègle est plus tardif mais sans doute ses ancêtres sculpteurs ont-ils dû œuvrer pour la Cathédrale de Fribourg-en-Brisgau. 

La Cathédrale de Fribourg-en-Brisgau de style gothique a été remanié à toutes les époques comme tous les bâtiments historiques. La tour dont les pans se recoupent en arêtes vives est une des rares tours allemandes achevée au Moyen-âge. Cette tour de façade s’élève au-dessus d’un porche qui abrite des statues et un tympan qui représente entre autres le Jugement dernier. Rien là de très espiègle me direz-vous fort justement. 

Le porche se compose de 418 statues de la fin du XIIIème siècle qui sont peintes. Tous les éléments qui composent le porche sont des éléments qui apparaissent dans le tympan de la Berner Münster mais dans un ordre autre. Le Christ est omniprésent dans sa rédemption : il trône en majesté dans la partie supérieure du Tympan, il est en croix au centre et les scènes de sa passion se mêlent aux scènes de Jugement dernier. 

Dans ce tympan, les morts sortent de leur cercueil pour assister au jugement dernier et attendre le terrible verdict. Comme à Bâle, l’enfer est à la gauche du juge et la Bête infernale avale les damnés tandis que les personnages à sa droite sont évidemment plus sereins. Enfin contrairement à Bâle, en ces terres catholiques, le trumeau central est représenté par la Vierge qui soutient l’ensemble. 

Dans un tel contexte et au vu du contenu explicite du message, les sculpteurs ne semblent pas avoir eu le cran de se montrer espiègles et c’est sur d’autres parties du bâtiment notamment dans les hauteurs qu’ils se sont lâchés. Si vous faites tranquillement le tour de la Cathédrale, observez les gargouilles et vous y trouverez nombre de représentations fort éloignées des sérieuses illustrations du tympan donnant raison à Aristote qui estimait que le courage est le juste milieu entre la peur et l’audace

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Fribourg-in-Brigsau - Cathédrale ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #architecture, #Moyen âge, #Religion
Berne - Berner Münster - Tympan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Berne - Berner Münster - Tympan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

(Au « Que philosopher c’est apprendre à mourir » de Montaigne est-il permis d’opposer un  « Que confiner c’est apprendre à rattraper son retard ». Voici donc le rattrapage de neuf mois de silence sur ce blog.)

Rattrapage 3 : juillet 2019 – Berne

Il paraît que Les Animaux malades de la Peste, fable de Jean de La Fontaine est l’un des textes les plus recherchés sur Internet. Cela sonne comme une tentative d’exorcisme. Mais pourquoi dans cette tentative et ne pas aller au bout de la démarche jusqu’à l’au-delà ?  Au milieu des chemins de notre vie, ce pourrait être Dante mais ce sera le portail de l’ex-Cathédrale de Berne ou Berner Münster.

En effet, la capitale fédérale présente un petit bijou de sculptures patrimoniales avec le portail de la collégiale Saint-Vincent de Berne autrement dénommée la Berner Münster qu'il est possible d’analyser pendant plusieurs heures. Cette collégiale construite dans un style gothique à partir de 1421 fut conçue catholique pour devenir centre protestant avec la Réforme qui s’installa dans la ville en 1528.  Chose surprenante, le bâtiment passa du catholicisme au protestantisme sans les excès iconoclastes observés dans d’autres lieux.

Afin de rappeler aux fidèles un certain nombre de règles simples lorsqu’ils entrent ou sortent du bâtiment, l’ensemble est consacré au Jugement dernier tel que décrit dans l’Apocalypse : « Je vis alors un grand trône blanc et celui qui y était assis. La terre et le ciel s'enfuirent loin de lui et l'on ne trouva plus de place pour eux. Je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts. Un autre livre fut aussi ouvert : le livre de vie. Les morts furent jugés conformément à leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. La mer rendit les morts qu'elle contenait, la mort et le séjour des morts rendirent aussi leurs morts, et chacun fut jugé conformément à sa manière d'agir. Puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu. L'étang de feu, c'est la seconde mort. Tous ceux qui ne furent pas trouvés inscrits dans le livre de vie furent jetés dans l'étang de feu. ». Afin que nul – surtout ceux qui ne savaient pas lire l’Apocalypse dans le texte – ne l’ignore, cette description fut sculptée.

C’est le sculpteur Erhart Küng, originaire de Westphalie, qui fut chargé de représenter le Jugement dernier en grès et en 294 figurines. La composition choisie obéissait à un ordre particulier. Dans le tympan central, sous les trompettes des anges, l’archange Michel pèse les âmes en brandissant son épée et sépare le bon grain de l’ivraie, les élus et les damnés. A droite de l’archange, les élus se dirigent vers la porte dorée synonyme de vie éternelle tandis qu’à la gauche de l’archange, les damnés finissent dans les tourments puis dans le feu de l’enfer. Au-dessus dans les premières voussures, les anges portent les instruments de la passion du Christ : couronne d’épines, croix, etc. Ils sont surplombés par les prophètes puis au-dessus d’eux, les douze apôtres et la Vierge aboutissent au sommet au Christ en majesté.

Le protestantisme aurait-il donc laissé intact l’œuvre originelle ? Pas tout à fait. A l’origine, comme dans nombre de compositions de cette époque, le trumeau central portait une statue de la Vierge. La Vierge au centre de la composition ne se révélant pas franchement en conformité avec la nouvelle religion, elle fut avantageusement remplacée dès 1575 par une allégorie de la Justice, œuvre du sculpteur Daniel Heintz accompagnée de deux anges.

Paradis, enfer, la question n’est pas nouvelle et n’est pas encore tranchée. Barbara d’ailleurs ne préférait-elle pas vivre en enfer que de mourir en paradis ?

Berne - Berner Münster - Tympan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBerne - Berner Münster - Tympan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Luzern (Suisse) Kapellbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Luzern (Suisse) Kapellbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

(Au « Que philosopher c’est apprendre à mourir » de Montaigne est-il permis d’opposer un  « Que confiner c’est apprendre à rattraper son retard ». Voici donc le rattrapage de neuf mois de silence sur ce blog.)

Rattrapage 2 : juillet 2019 – Luzern (Lucerne)

Avouez-le depuis que vous avez vibré Sur la Route de Madison en compagnie de Clint Eastwood et de Meryl Streep, l’idée d’aller à la découverte des ponts couverts de l’Ohio vous a traversé l’esprit. Franchement, ce n’est pas le moment d’autant que le Président Trump a fermé ses frontières au vieux continent, un de ses plus fidèles ennemis. Et pourquoi ne pas favoriser la proximité en allant faire un petit tour à Luzern (Lucerne) en Suisse ? D’accord, la Suisse est un peu chère mais l’économie du billet d’avion remplacera avantageusement le coût de l’hôtellerie et de la restauration suisse.

Luzern est célèbre grâce à son pont couvert : le Kapellbrücke ou pont de la Chapelle. Enjambant allégrement la Reuss, il s’étire sur un peu plus de 200 mètres en relie ainsi les deux rives de la vieille ville depuis le XIVème siècle. Il est donc couvert comme les ponts de l’Ohio mais bien plus ancien qu’eux puisque contemporain de la trisaïeule de la trisaïeule de Pocahontas au bas mot. Enfin, il fut plus vieux dans son ensemble jusque dans la nuit du 17 au 18 août 1993 où un incendie le ravagea entièrement (ainsi que les peintures sur bois l’ornant) épargnant seulement la Wasserturm ou tour d’eau.  

 Évidemment, le site est tellement exceptionnel qu’il est envahi par les touristes du monde entier mais comme dans tous les lieux touristiques du monde entier, il suffit de faire quelques pas de côté, en sens inverse des parapluies et de leur horde suiveuse pour vous retrouver au calme à visiter les façades peintes de la vieille ville et découvrir un autre pont : le Spreuerbrücke ou petit pont des moulins de quelques décennies postérieur au premier. Moins spectaculaire, il n’en est pas moins intéressant et il est décoré avec une danse macabre sur bois du XVIIème.

Pardon ? Dans l’Ohio il existe plusieurs ponts couverts ? Aller donc comparer les ponts couverts de Luzern avec le « Holzbrücke Bad Säckingen » (pont couvert de Bad Säckingen) sur le Rhin, entre la ville allemande de Bad Säckingen et la commune de Stein en Suisse puis reprenez Sur la Route de Madison de Clint Eastwood car, finalement, le plus beau pont dans ce film, c’est le pont qui s’est fugacement établi entre deux solitudes.

Luzern (Suisse) Kapellbrücke et Speuerbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLuzern (Suisse) Kapellbrücke et Speuerbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Luzern (Suisse) Kapellbrücke et Speuerbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLuzern (Suisse) Kapellbrücke et Speuerbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Luzern (Suisse) Kapellbrücke et Speuerbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLuzern (Suisse) Kapellbrücke et Speuerbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Luzern (Suisse) Kapellbrücke et Speuerbrücke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amérique du Nord, #utopie, #mort, #Bad boys, #Politique
Festival d'Aix-en-Provence « Grandeur et décadence de la ville de Mahagony » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Festival d'Aix-en-Provence « Grandeur et décadence de la ville de Mahagony » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

(Au « Que philosopher c’est apprendre à mourir » de Montaigne est-il permis d’opposer un  « Que confiner c’est apprendre à rattraper son retard ». Voici donc le rattrapage de neuf mois de silence sur ce blog.)

Rattrapage 1 : juillet 2019 – Aix-en-Provence 

Il fallait être tordu ou fou ou inconscient ou particulièrement courageux pour assister à la représentation de Grandeur et décadence de la ville de Mahagony de Kurt Weill et Berthold Brecht. Non pour des raisons de sécurité… même si les mesures de sécurité du Festival pousseraient plutôt à la fuite mais pour le « dézingage » en règle des critiques de la Première.  « vitriol de surface », « en roue libre sur le chemin de la facilité », « ne laisse aucune place aux chanteurs », « chanteurs en fin de carrière devenus l’ombre d’eux-mêmes », tels étaient les échos accompagnant le spectateur  sur ce qui s’annonçait davantage comme un chemin de croix qu’un spectacle lyrique. 

Est-ce le placement dans la salle, une meilleure synergie, les corrections après la Première ? Esa-Pekka Salonen est bien présent avec toute son énergie et il a laissé cette fois-ci leur chance aux chanteurs. A la tête du Philharmonia Orchestra, il électrise l’ensemble du plateau… des « chanteurs en fin de carrière devenus l’ombre d’eux-mêmes » au chœur Pygmalion parfait de bout en bout.

Il est reproché à Ivo van Hove sa mise en scène facile, brouillonne, ne relevant pas suffisamment le caractère tragique et grotesque de  l’utopie. D’un autre côté, il lui est également reproché l’emploi à outrance des gros plans peu avantageux pour les chanteurs qui deviennent… grotesques. Pourtant l’invasion du cinéma dans la mise en scène avec des équipes de tournage à vue n’a jamais été soulignée. Dans un pays et une époque qui voient le décollage de Las Vegas et d’Hollywood, la réflexion sur le caractère tragique et grotesque de l’utopie était pourtant présente. La présence sur scène des trois ventilateurs géants (comme au cinéma) soufflant le cyclone qui menace la ville-piège où tout est permis semble d’ailleurs résumer l’artificialité de cette utopie que certains ont peu goûtée. 

 

Sur le plateau, Willard White incarne un fabuleux Moïse la Trinité et Karita Mattila campe une Léocadia Begbick vulgaire et odieuse. Annette Dasch (Jenny Hill) réussit son Alabama-Song qu’un critique a jugé la veille peu reconnaissable et s’amuse avec la caméra.  Nikolai Schukoff est solide. Il ne fait cependant aucun doute que les rôles secondaires font mouche comme le Jack de Sean Panikkar ou le Bill de Thomas Oliemans. 

Des seconds rôles qui se remarquent malgré la qualité des premiers plans sur le papier,  des éléments de mise en scène qui tombent à plat (le procès notamment), tout est donc loin d’être parfait dans cette proposition. L’avantage d’écrire longtemps après la production et non sur le vif permet au temps de faire son œuvre. Mais malgré ses défauts, il semble facile de vouer aux gémonies un spectacle qui possède sa logique interne et qui mérite forcément autre chose que cette volée de bois vert… à moins que la Première ne se soit vraiment révélée franchement apocalyptique...  « mahagonnesque ».

Festival d'Aix-en-Provence « Grandeur et décadence de la ville de Mahagony » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival d'Aix-en-Provence « Grandeur et décadence de la ville de Mahagony » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival d'Aix-en-Provence « Grandeur et décadence de la ville de Mahagony » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Musique
19ème Musicales du Trophée – La Turbie ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

19ème Musicales du Trophée – La Turbie ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’ouverture des 19èmes musicales du Trophée à La Turbie, organisées par l’association Ars Viva, est l’occasion pour sa Présidente Silvia Oreglia de parler déjà… des futurs 20 ans à venir et elle a raison car un tel anniversaire s’organise forcément avec une saison d’avance comme dans les grandes maisons. Le rituel est désormais bien huilé : après l’allocution de la Présidente et avant chaque pièce, la musicologue Annick Fiaschi-Dubois propose quelques pistes de lecture de l’œuvre, du compositeur, de l’époque, des instruments voire de tout cela à la fois.

Le propre des Trois Mousquetaire était qu’ils étaient quatre. Ars Viva, relevant le défi, a voulu faire mieux qu’Alexandre Dumas père en invitant le Trio Golberg qui devient septuor. Fichtre ! Passer de trois à sept, quel prodige ! Il se trouve que le Trio Goldberg composé de musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a, parmi ses collègues de l’Orchestre, quelques amis qui sont venus fort heureusement compléter le dispositif : Michel Mugot au basson, Eric Chapelle à la contrebasse, Pascal Agogué à la clarinette et Andrea Cesari au Cor.

Le Trio Goldberg fait toujours impression et sait domestiquer l’acoustique particulière de l’église Saint Michel de la Turbie bien connue pour faire tourner les sons. Habitués à jouer ensemble, les trois artistes maîtrisent parfaitement la puissance ou la retenue à transmettre à leur instrument pour que le son enveloppe le spectateur sans le perturber. Leur interprétation du Trio à cordes en Do mineur opus9 n°3, œuvre en quatre mouvements de Ludwig Van Beethoven, composée entre 1796 et 1798 fait alors merveille.

Le programme s’est poursuivi avecla métamorphose du trio et le Septuor pour cordes et vents en mi bémol majeur opus 20 de Ludwig van Beethoven composé entre 1799 et 1800 avec une dédicace à l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. L’œuvre comporte six mouvements, dans le style de la sérénade ou du divertimento. Ludwig Van Beethoven en a réalisé un arrangement pour trio avec piano. Comme L'Octuor en fa majeur D. 803 de Franz Schubert, il est paradoxalement peu joué sans doute parce qu’il mobilise pour un temps relativement long un nombre assez important de musiciens déjà très occupés qui doivent donc trouver le temps de répéter. Il est d’ailleurs symptomatique que les associations Crescendo et Ars Viva, davantage portées sur la musique de chambre, aient proposé les deux œuvres dans leur saison respective.

C’est pendant que l’imperturbable Annick Fiaschi-Dubois présentait l’œuvre que le septuor s’est installé, l’avant chœur étant finalement relativement exigu. Et c’est dans cette configuration pensée au millimètre qu’ils ont exécuté l’œuvre. Ce fut bien évidemment plus qu’un grand moment, un événement ! Sept solistes de cette qualité qui possèdent des habitudes de travail en commun dans un cadre plus large montrent au public une complicité dans l’exécution qui s’ajoute au bonheur d’entendre une exécution aussi parfaite !

Le trio Golberg et le septuor qui s’est constitué pour la circonstance autour de lui inaugure donc à la perfection une nouvelle saison des Musicales du Trophée et augure bien évidemment d’un vingtième anniversaire que chacun attend même s’il se trouvera un peu plus vieux mais toujours d’attaque !

19ème Musicales du Trophée – La Turbie ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com19ème Musicales du Trophée – La Turbie ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com19ème Musicales du Trophée – La Turbie ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Mythe, #Amour, #fantastique
Opéra de Lyon - "Barbe-Bleue" de Jacques Offenbach ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Lyon - "Barbe-Bleue" de Jacques Offenbach ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Désespérée de ne trouver de rosière à l’irréprochable vertu à Gisors, Madame Husson dans la nouvelle de Guy de Maupassant, Le Rosier de Madame Husson paru en 1887, se rabat sur Isidore, jeune simple d’esprit qui ne s’avérera finalement pas le candidat rêvé. Fût-elle allée voir Barbe Bleue de Jacques Offenbach dans cet antre de perdition qu’était le Paris de 1866, se serait-elle méfiée car déjà dans Barbe-Bleue, le tirage au sort des candidates a avantageusement remplacé le choix d’une candidate à la virginité douteuse.

Barbe-bleue de Jacques offenbach est une œuvre symétrique. D’un côté Barbe-Bleue, personnage tour à tour drôle et cynique, est un veuf récurrent qui « usera » cinq épouses ; de l’autre, le fantasque Roi Bobèche fait disparaître un à un les amants supposés de sa femme. L’œuvre se déroule d’abord à la campagne puis ensuite au Palais et les paysans d’hier sont en fait les princes de demain. Après que les quatre femmes de Barbe-Bleue ont épousé les quatre amants supposés de la Reine, l’œuvre se termine d’ailleurs par là où elle a commencé : Fleurette la paysanne qui comptait épouser le berger Saphir devient la Princesse Hermia qui épouse le Prince Saphir ; Barbe-Bleue qui en a pincé fugacement pour l’infernale Boulotte est contraint de la garder … la boucle est bouclée.

Hormis quelques coupures légères dans le texte opérées par Agathe Melinand, c’est le texte original qui est proposé et il n’a pas pris une ride. L’humour non plus du reste qui fait se gondoler la salle pendant près de deux heures. L’affaire est suffisamment rare à l’opéra, où les morts comme les drames sont plus fréquents, pour être signalé. Laurent Pelly a l’intelligence de ne rien sur-jouer, il utilise habilement le chœur à la fois à la campagne comme au palais, marque franchement l’opposition scénographique entre la bucolique ruralité et les intrigues palatines.  Même ligne de conduite dans la fosse où le jeune chef Michele Spotti dirige l’Orchestre de l’Opéra de Lyon alliant à la fois dynamisme, humour et retenue dans la conduite de l’orchestre. Les deux directions sont sur la même longueur d’onde pour le plus grand bonheur des spectateurs.

Le chœur est donc en grande forme et montre sa facette métamorphique en campant avec le même naturel des paysans à la campagne, des courtisans au Palais voire les amants supposés de la reine ou les femmes prétendument décédées de Barbe-Bleue. Le reste du plateau est à l’identique.  Le ténor Carl Ghazarossian est un Prince Saphir à la voix claire dont on ne sait s’il est candide ou niais ce qui charme Jennifer Courcier (Fleurette) qui est sa réplique féminine. Le tandem composé par le baryton Christophe Gay (Popolani) et Thibault de Damas en Comte Oscar fait mouche. Très en verve, Popolani, dans son antre ou au palais, prend néanmoins le dessus vocalement et scéniquement. La mezzo-soprano Aline Martin est une Reine Clémentine irrésistible qui tranche avec son benêt de mari dont le tour de force est d’avoir fait fondre tous les canons pour sa statue équestre. Celui-ci est interprété par le ténor Christophe Mortagne, qui quelques années après le Roi Carotte, assure le spectacle d’une voix nasillarde amplifiée dans les textes parlés.  Sa première réplique en arrivant devant les courtisans courbés en deux « Mais ils sont moins hauts qu’hier ! » donne le ton du personnage.

Certains ont trouvé Yann Beuron moins en forme. Méconnaissable, barbu, nuque rasée, manteau de cuir noir, réplique d’un clown télévisuel, il en incarne la fausse bonhomie et le vrai danger. Habitué à séduire, à ne pas subir d’opposition, à combler ses frasques, il est doté par ailleurs d’une voix claire et belle et d’une diction parfaite. Pour quelqu’un supposé peu en forme, il est magistral ! Sa charmante épouse n’est autre que la mezzo-soprano Héloïse Mas. Difficile de reconnaître celle qui a campé le rôle de Robin-Luron dans le Roi Carotte de Jacques Offenbach à Lyon ou Siebel dans le Faust de Charles Gounod à Monaco. La costumière a ultra-féminisé ses formes, sa virginité est plus que douteuse tant son attirance pour la gente masculine est visible. Dans le Palais elle campe à merveille l’éléphant dans la cristallerie allant jusqu’à l’esclandre. Face à ce qu’elle sur-joue scéniquement certaines fois pour caractériser son personnage, elle a l’intelligence de la retenue dans son chant mais le public devine la puissance qui se cache derrière.

Après l’inquiétant Barbe-Bleue d’Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas entendu cette saison à Toulouse, après le truculent Roi Carotte d’il y a trois ans, les murs de l’opéra de Lyon ont entendu le public rire aux éclats pour cet opéra réglé au millimètre qui restera sans doute une référence.  Alors, pourquoi bouder son plaisir ?

Opéra de Lyon - "Barbe-Bleue" de Jacques Offenbach ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Lyon - "Barbe-Bleue" de Jacques Offenbach ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opéra de Lyon - "Barbe-Bleue" de Jacques Offenbach ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Lyon - "Barbe-Bleue" de Jacques Offenbach ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Toulouse - Théâtre du Capitole - Werther ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Toulouse - Théâtre du Capitole - Werther ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

En clôture de saison, le Théâtre du Capitole propose de revoir le Werther de Jules Massenet dans la mise en scène de 1997 de  Nicolas Joël reprise aujourd'hui, visiblement sans toilettage, par Frédérique Lombart. Le plateau est entièrement francophone et la direction musicale est assurée par Jean-François Verdier. Que le plateau soit francophone n’est pas forcément signe d’un chauvinisme déplacé mais un premier point positif : la diction claire du français en est un second. En effet, dans Werther de Jules Massent, œuvre paroxystiquement romantique, le texte a encore plus d’importance que dans tout autre opéra. Il faut pouvoir goûter dans Werther le texte, le chant, la musique et bien évidemment l’environnement.

Pour la scénographie, il faut faire abstraction dans cette production des décors intrusifs qui siéraient tout autant à un ces innombrables villages de Noël ou une de ces incalculables fêtes de la bière qui peuplent nos animations folkloriques. C’est la patte de Nicolas Joël de vouloir absolument coller à l’époque mais il y a quelque chose de trop monumental qui ne colle pas avec l’ensemble. Pour ces sentiments qui guident ce long cheminement vers la mélancolie, le désespoir et la mort, il eut mieux valu un écrin plus aérien, moins « Kolossal ». Le coup de feu annonçant la fin de Werther sur l'interlude symphonique derrière le rideau fermé est plus inspiré, plus dans l’esprit de l’œuvre.

L'orchestre dirigé par Jean-François Verdier accompagne et accentue parfaitement les sentiments des protagonistes en général et de Werther en particulier mais pourquoi ces tempi lents de temps à autres notamment dans le célébrissime Pourquoi me réveiller ? au point de mettre en situation délicate le ténor Jean-François Borras ? Compliments en revanche aux enfants de la maîtrise du Capitole qui sont excellents de bout en bout. Leur innocence, la récurrence des Noël, Noël, Noël ! leur jeu d’acteur, tout contribue au succès de l’œuvre.

Francis Dudziak (Johann) et Luca Lombardo (Schmidt) sont aussi enjoués que leur Vivat Bacchus, semper vivat. Leur présence scénique apporte un contrepoint joyeux au drame qui se noue. Après avoir chanté souvent Werther sur les scènes lyriques, Luca Lombardo met désormais son talent avec brio dans d'autres rôles. Le Baryton André Heyboer (Albert) se montre parfait dans son rôle, il est un roc de certitude.  Si Florie Valiquette dans le personnage de Sophie n’arrive pas à détourner Werther de sa mélancolie, elle parvient en revanche après sa brillante prestation à Montpellier à convaincre le public de son immense talent. Karine Deshayes est impériale en Charlotte. Son jeu d’actrice montre toutes les facettes  du personnage et sa voix claire, bien timbrée fait entendre le texte à la perfection. Quant à Jean-François Boras, que dire de plus que ce qu’a dit un jour un critique ? Jean-François Borras est Werther. Sa voix, son phrasé, son élégance vocale et sa compréhension de la psychologie du personnage font qu’il habite le personnage au point de na faire plus qu’un. Les autres candidats au rôle de Werther n’ont qu’à bien ce tenir, le Werther de ce soir sera difficilement détrônable.   

Toulouse - Théâtre du Capitole - Werther ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comToulouse - Théâtre du Capitole - Werther ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comToulouse - Théâtre du Capitole - Werther ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Toulouse - Théâtre du Capitole - Werther ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Toulouse - Archives départementlaes de Haute-Garonne ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Toulouse - Archives départementlaes de Haute-Garonne ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Que faire à Toulouse avec un temps caniculaire au-delà des 40°C en attendant Werther de Jules Massenet le soir au Capitole de Toulouse ? Aller à la recherche de ses ancêtres même si trouver un chirurgien du XVIème siècle s’avère tout aussi compliqué que d’obtenir un rendez-vous avec un chirurgien de nos contemporains. Mais la salle des archives départementales de la Haute-Garonne outre qu’elle offre un havre de quiétude qui sied à la recherche est également un des endroits les plus frais de la ville et l’accueil y est en tout point parfait.

Mais quel est l’objet mystérieux de cette quête ? La famille Lalaisse ou Lalaysse de Toulouse qui donnera naissance au XIXème siècle au peintre et illustrateur français François Hippolyte Delalaisse alias Lalaisse né à Nancy en 1810 et mort à Paris en 1884. La famille originaire de Toulouse est pour une part une lignée de chirurgien et pou une autre part, une lignée de fabricants d’aiguilles à l’époque où la corporation des chirurgiens se sépare de celle des barbiers. Chirurgiens de père et fils ou fabricants d’aiguilles de père en fils, la célèbre famille n’apparaît dans quasiment aucun livre historique de l’histoire toulousaine.

Les pérégrinations hivernales de 2016 entre l’Hôtel Dieu Saint-Jacques, l’église de la Daurade, le cloître des Augustins et autres lieux de vie et de mort des Lalaisse / Lalaysse s’étaient avérées fort décevantes pour le sujet recherché mais fort riches pour les découvertes patrimoniales (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/patrimoine-hotel-dieu-toulouse-rechercher-ses-ancetres-reserve-parfois-de-bonnes-surprises.html). L’heure était donc au retour aux fondamentaux de la science historique avec la recherche des actes dans les registres paroissiaux et dans les actes notariés. Les registres paroissiaux avaient livré quelques secrets, des lignées de Lalaisse / Lalaysse  commençaient à éclore entre la fin du XVIème et le milieu du XVIIIème. Il fallait trouver du liant dans tout cela ; que réservaient les actes notariés ?

Les registres des notaires toulousains sont des objets d’art à eux-seuls. C’est avec un soin infini  que le lecteur s’en empare et c’est avec une précaution inusitée  qu’il commence à en prendre connaissance tournant les pages avec une douceur infinie. Devant lui s’étalent des successions et des partages au moment de l’héritage, des contrats de mariage où tout est compté y compris la somme à verser en cas de renoncement. L’écriture change avec les siècles et le lecteur doit s’habituer à déchiffrer les écritures notariales parfois tarabiscotées.

Et soudain l’abîme ! Les quelques actes notariés péniblement déchiffrés sont des actes notariés repérés dans des tables. Certes ceux-ci sont des indicateurs mais ils sont peu nombreux par rapport à la masse des actes (sans table) qui se multiplient avec la naissance et l’essor de la bourgeoisie urbaine à partir du XVIème siècle. Il va falloir du temps et de la patience pour trouver les actes notariés en général et le contrat de mariage entre François Lalaisse et  Jeanne Marie Bertaud, objet premier de la recherche il y a quelques temps… s’il a existé.

Non décidément ! Prendre rendez-vous avec un chirurgien n’a jamais été chose facile quelle que soit l’époque du praticien.

Toulouse - Archives départementlaes de Haute-Garonne ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comToulouse - Archives départementlaes de Haute-Garonne ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comToulouse - Archives départementlaes de Haute-Garonne ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié dans : #Musique, #Arts plastiques
Monaco - Atelier Mornar - Amis du Printemps des Arts - Trio Goldberg ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Atelier Mornar - Amis du Printemps des Arts - Trio Goldberg ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’association les Amis du Printemps des Arts, rarement à court d’idées, a décidé une mise en abyme artistique en proposant un concert du Trio Goldberg dans l’atelier de création du sculpteur Matéo Mornar. Matéo Mornar est né en Croatie, s’est d’abord installé à Paris puis sur la Côte d’Azur et enfin à Monaco.  S’inspirant du lieu et des pérégrinations de l’artiste, le Trio Goldberg (Liza kerob au violon, Thierry Amadi au violoncelle et Federico Andres Hood à l’alto) a évidemment  décidé de mettre le cap à l’Est et proposé une pérégrination en musique dénommée Miniatures démarrant à Vienne au XVIIIème avec Franz Schubert et allant jusqu’à Moscou au XXème siècle en passant par la Hongrie, la Roumanie ou encore la Tchéquie.

Si les œuvres proposées de Franz Schubert, Joseph Haydn, George Enescu, Zoltán Kodály ou Sergueï Taneïev ont toutes été écrites avant la Première Guerre Mondiale, Tanec de Hans Krása échappe à la règle. Tanec est composée en 1943. En fait, Tanec est une œuvre de déportation. Hans Krása, compositeur tchéco-allemand est né le 30 novembre 1899 à Prague. Le 10 août 1942, Hans Krása est déporté au Camp de concentration de Theresienstadt puis dans la nuit du 16 octobre 1944, il est transporté en chemin de fer vers Auschwitz où il meurt dans la chambre à gaz dès son arrivée. Entretemps, il aura composé Tanec et fait jouer 55 fois Brundibár, son opéra pour enfants.  

Fort heureusement cette œuvre empreinte de la gravité et de la monstruosité des temps est encadrée par deux œuvres plus légères l’Intermezzo pour trio à cordes de Zoltán Kodály et le trio à cordes en Si Mineur de Sergueï Taneïev qui ont suivi des œuvres plus « allègres » comme l’Aubade pour trio à cordes de George Enescu ou les trios à cordes de Franz Schubert ou Joseph Haydn.  Est-ce l’effet de la proximité avec les musiciens ? Quelques applaudissements mal venus se sont glissés entre certains mouvements malgré les efforts désespérés de Federico Andres Hood pour introduire les œuvres auprès du public.

Cependant, écouter le Trio Golberg dans un lieu à la fois insolite et intime comme l’atelier Mornar est un moment magique à plusieurs titres. La géographie du lieu permet d’être enrobé par la musique, la proximité permet de regarder la complicité des musiciens entre eux et la convivialité de l’endroit permet de s’entretenir avec eux après le concert. Que soit donc remerciée Yveline Garnier, secrétaire générale de l’association, qui a permis au Trio de se produire dans l’atelier Mornar.

Pour le bureau de l’association composé également de Michèle Dittlot ou de Michael Lorenzi, Barbara Begelsbacher la vice-présidente a bien entendu pris la parole pour rendre hommage au Trio et à Matéo Mornar. Mais elle a tenu également à rendre hommage à Jean Marc Bosquet, présent dans l’assistance, dont le Magasin La Flûte de Pan venait tout juste de fermer définitivement ses portes quelques heures auparavant. Malgré cet hommage appuyé, le public rendait ensuite hommage autour d’un verre aux trois géants du trio qui nous ont comblés de leur Galerie de Miniatures.

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Monaco - Auditorium Rainier III -  Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Poèmes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Auditorium Rainier III - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Poèmes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le rituel est immuable dans une salle de concert : les spectateurs s’installent, applaudissent après chaque œuvre, attendent que les lumières reviennent, vont deviser ou boire un verre ou les deux durant l’entracte, reviennent dans la salle, écoutent la seconde partie, applaudissent après chaque œuvre, applaudissent après le bis s’il y en a un puis sortent, la lumière revenue, avant d’aller diner ou dormir, c’est selon. Mais il arrive également que cet agencement bien établi ne soit quelque peu troublé de temps à autre.   

Pour son concert intitulé Poèmes, la direction de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a invité le chef d'orchestre américain Leonard Slatkin, directeur honoraire mais toujours aux commandes de l’Orchestre National de Lyon en attendant l’arrivée de Nikolaj Szeps-Znaider, qui prendra ses fonctions en septembre 2020. Mais le plus attendu est évidemment le pianiste coréen Seong-Jin Cho,  jeune Premier Prix du Concours Chopin 2015, qui vient tout juste de passer la barre des 25 ans et à qui toutes les critiques promettent un avenir des plus brillants.  

C’est l’Adagio pour cordes et orchestre de Cindy Mc Tee qui ouvre le concert en présence de la compositrice. C’est une première exécution à Monte-Carlo et les cyniques sont même allés jusqu’à dire que ce serait la dernière ! Œuvre sans grande consistance, marquée par l’ennui du convenu, elle ne doit sans doute son exécution ce soir qu’à la présence du chef d’orchestre lui-même qui n’est autre que le mari de Cindy Mc Tee.

Seong-Jin Cho interprète, quant à lui, le Concerto n°2 pour piano et orchestre en sol mineur opus 16 de Sergueï Prokofiev, concerto en quatre mouvements avec un bref deuxième mouvement, composé en 1912-1913 et réécrit en 1923. Réécrit car la partition, en ces temps troublés de Révolution russe, disparut.  C’est à partir d’une réduction pour piano seul que Sergueï Prokofiev pendant un séjour en Allemagne en fit une nouvelle version en 1923. Bizarrerie de l’histoire musicale, le deuxième concerto deviendra ainsi celui qui a été réécrit après le troisième.  

Seong-Jin Cho a été comparé à Maurizio Pollini, Martha Argerich et Krystian Zimerman, pas moins que cela et ce n’est franchement pas usurpé. Non seulement Seong-Jin Cho possède une technique imparable qui semble pouvoir se jouer de tous les pièges de n’importe quelle partition mais il possède une valeur et une qualité peu communes : un sens de l’expression, un sens de l’interprétation qui prouvent qu’il a réfléchi à l’œuvre, à son contexte et à son sens.  Seong-Jin Cho est véritablement une des révélations de ces dernières années comme en témoigne l’ovation qu’il a reçue.

Après un tel choc, peut-on raisonnablement écouter la Symphonie n°4 opus 98 de Johannes Brahms même jouée à la perfection par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dirigé de main de maître par Leonard Slatkin ? Si la réponse est positive pour une grande partie du public, il est également compréhensible de voir une partie du public quitter la salle afin de garder pour quelques temps encore l’interprétation magique et magistrale qui vient de leur être donnée.

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Monaco - Auditorium Rainier III - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Poèmes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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